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La saison commence, faites vos jeux…

14 avril 2015 | Par Nicolas Lesaint

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En ce moment ça démarre fort, coup de chaud sur le vignoble avec cet après midi un joli 30°C au compteur qui dénude les épaules et fait ruisseler les front au moindre effort. Bon on va pas tenir compte des données météo qui nous disent que l’on est au-dessus des normales saisonnières, on va les laisser aux miss météo tentant de faire du sensationnel et de nous expliquer que voilà, une fois de plus, le réchauffement climatique est bien là, vous voyez bien les moyennes nous le disent. Ben non garçon dans le mot moyenne, il y a bien moyenne donc un peu au-dessus, puis un peu en-dessous nous donne… la moyenne…

On ne se laisse pas distraire et on continue d’avancer. D’autant plus que le réflexe, qui lui est bien conforme aux normales saisonnières revient bien au goût du jour : quand on se lève on regarde vite fait la température extérieure pour se rassurer et se dire c’est bon, c’est bon ça va le faire…

La vigne débourre.

Elle ne débourre pas en fait, elle explose sur les terroirs précoces et déjà une à deux feuilles étalées sont souvent visibles et ce qui pour certains ravit les yeux et exprime à tout va le renouveau du printemps, représente pour le viticulteur du stress et de la peur. Rassurez-vous, lui aussi est super content de voir les arbres de ses haies fleurir puis devenir verts, il jubile d’entendre un coucou ou de troubler une myriade d’insectes déjà au travail en décavaillonnant, mais au fond de lui, il reste sur la réserve, partagé entre l’envie que tout cela s’accélère et le risque évident de voir son trésor devenir poussière si une chute brutale des températures pointe son nez. Le gel. Le diable blanc. Le premier des rois de mauvaise augure qui accompagne tout agriculteur au cours de sa saison. Sera-t-il là ? Sera-t-il généreux ou au contraire brutal et intolérable ?

Alors on tente de se rassurer, on tond, quand on en a le temps, on travaille les sols, ou pas en fonction des stratégies, on compte sur des systèmes de protections plus ou moins artisanaux pour espérer grappiller le fameux demi degré qui changera tout. Mais au fond de soi, on sait bien que ses cartouches ne sont pas souvent plus efficaces que ces fusées tirées quelques minutes avant le passage d’un orage.

Certains on déjà perdu beaucoup de ce 2015 qui devait les aider à refaire surface après avoir été grêlés en 2014… Narbonne touchée. 2000 hectares atteints à divers degrés.

“La gelée est survenue dans la nuit du dimanche au lundi de Pâques avec un thermomètre indiquant entre – 2 à – 3 °C. La nuit suivante, les températures sont à nouveau passées dans le rouge – entre – 1,5 et – 2,5 °C –, mais avec une humidité ambiante plus importante, occasionnant de nouveaux dommages”.
Nous avons décidément une belle vie, au grand air comme certains disent, de quoi nous plaignons-nous, nous avons du soleil, de l’air dans nos poumons et nous sommes tous les jours au contact de Dame Nature. Que demander de plus ? Peut-être juste un peu de répit dans cet univers de peur. Peut-être est-ce pour cela qu’un agriculteur n’est jamais tout à fait content, jamais vraiment satisfait, toujours conscient de sa place, de sa position de fourmi travaillant tout l’été pour remplir sa fourmilière et espérer tenir quelques millésimes de plus et assez lucide pour ce dire que le gros pouce de la Dame peut à tout moment lui écraser la nuque.
Courage à tous, au travers de ce premier écueil de 2015…
Nicolas.

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