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2013 the Return ?…

22 mai 2015 | Par Nicolas Lesaint

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Comment vous dire ?

Ce démarrage reste quelque peu chaotique pour la vigne et plutôt violent pour ce qui est de la pression parasitaire qu’elle subit… Les températures sont tantôt basses, tantôt élevées, un coup il pleut, puis il fait chaud, un peu de vent pour ventiler tout ça et puis hop, ça repart au froid… Avant-hier matin, 4°C à 7 heures, hier c’était 6°C, ce matin 7°C… Vous me direz ça monte, ça monte, c’est certain il faut toujours positiver dans la vie ça ne sert à rien de broyer du noir, mais quand même, les choses ne sont pas simples. Surtout lorsque la journée on atteint péniblement les 20°C.

Du coup, comme j’en avais déjà parlé un peu plus tôt, c’est l’explosion du Black sur la Gironde et en particulier sur le Libournais. Maintenant apparaît aussi une grosse sortie de Mildiou. Pas encore de Mildiou encore chez nous, je touche du bois, le premier de ces lascars me suffit amplement…

Une telle pression en Black aussi précocement c’est du jamais vu et on sent bien que l’inconnu d’une telle situation fait peur à beaucoup de monde, moi le premier… L’efficacité de tout ce que l’on nous raconte depuis des années sur les modes de luttes possibles pour ce champignon vont ainsi subir un réel banc d’essai grandeur nature et à mon avis des fossés vont se creuser pour ce qui est des résultats sur la récolte à venir.

Parallèlement à tout cela la vigne continue malgré tout à pousser, un peu tendrement, un peu jaunissante par endroit et l’on sent bien qu’elle n’est pas dans les conditions qui lui sont les plus favorables. Mais forcément, à un moment donné, ces conditions vont s’améliorer et revenir à des tendances de saison et tout comme en 2013 nous serons alors autour, voire même, dans la fleur…

Pousse sur la fleur…

Accoups de température…

Tout ce qu’il faut pour que les assimilations minérales et les différentes fonctions physiologiques se fassent mal. Et qui dit déséquilibres de ce point de vue dit forcément impacts sur la qualité de cette floraison… 2013 rôde déjà parmi nous… 2013 reloaded ?

On ne panique pas pour autant et on fait les petites analyses foliaires qui permettent de nous dire exactement ce qui se passe dans ces usines vertes que sont les feuilles. Résultats aujourd’hui et ce qui était à craindre devient une réalité…

Sur les trois quarts des parcelles prélevées nous sommes sur des déficiences importantes de Calcium et de Bore et des Azotes faibles. Et d’un point de vue général la masse minérale est faible. Ce qui veut dire quoi ?

Tout simplement que les conditions climatiques mettent nos vignes en difficulté et qu’elles n’ont pas les conditions météorologiques leur permettant d’assimiler correctement ce qui va leur assurer une bonne floraison ainsi qu’une bonne tenue lors du grossissement des baies. Elles risquent donc d’avoir une sensibilité plus forte au Botrytis lors des futures vendanges.  En fait la vigne serait plutôt dans une phase de protéolyse, détruisant une partie de ses synthèses pour continuer à se développer, plutôt qu’en protéosynthèse comme une plante en plein développement où son bilan synthétique d’assimilation serait positif. Elle puise dans ses réserves et ce, dès que l’on se trouve en dehors d’une fourchette de températures comprise entre 20°C et 35°C ce qui est le cas en ce moment avec des températures très basses ce matin et un petit 21°C l’après midi.

En plus il paraît qu’à partir de fin août nous rentrons dans un espace temps solaire oxydatif, …, que je vous dis que ça !  Favorable à tous les champignons et autres maladies… Super, il y a aura des cèpes pour les vendanges !!… Mais certainement pas que…

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Lorsque l’on compare les bilans foliaires de 2015 par rapport à ceux de 2014 on se trouve dans certains cas à 30% en moins du capital Calcium de l’an dernier et très proche de ceux de 2013 pour le Calcium et le Bore. Donc la coulure nous guette, celle au moment de la fleur mais aussi celle au moment du grossissement des baies. Nous allons fortement dépendre des conditions météo qu’il y aura d’ici quinze jours trois semaines si l’on ne fait rien.

Pour ma part je vais donc intervenir, en aidant le début de la floraison, cela avait été plus que positif en 2013, on verra bien pour 2015 puisque là aussi, forcément, il y a aura des témoins non-traités histoire de conserver cette part d’objectivité dans l’efficacité de certaines applications. Applications qui ne seront pas simplement basées sur l’apport de ces éléments en déficit mais plutôt un complexe de divers éléments. La machine n’est malgré tout pas déséquilibrée, elle est juste sur un régime moteur en-dessous de ce qu’elle devrait être pour que tout se passe bien sans caler à la première petite côte. Apporter ces éléments seuls c’est décaler la carburation, on déstructure un peu plus l’échafaudage qui est en train de se monter au risque de le voir là aussi pencher dans le mauvais sens. C’est tout le travail de JPP et le conseil du vieux sage qui rentrera en jeu… Rendez-vous pour cela à  la fermeture de grappe pour faire le point et mesurer l’efficacité de tout cela…

On m’avait dit: “ Tu verras, les années en 5 ce sont des années plutôt cool qui en plus font de bons vins “. Pour les bons vins je ne sais pas encore, pour la cool attitude je suis un peu plus septique…

J’ai toujours entendu dire qu’il fallait apprendre à regarder sa vigne de plus près pour mieux la comprendre, être à son écoute, mais l’œil humain ou le palais du mangeur de feuilles ne suffisent pas toujours. La loupe doit parfois être un peu performante et la chimie, cette satanée chimie de laboratoire qui fait se dresser les cheveux de bon nombre de personnes, va certainement une fois de plus nous permettre d’essayer de garder la main sur le millésime encore quelques temps et de le traverser sans encombre.

Pouvoir continuer à travailler au corps ce millésime et réussir à en tirer le meilleur tout en ne restant pas dupe sur le fait que de toute manière c’est bien lui qui marquera nos vins de son empreinte, et ça c’est tant mieux. A condition que l’on ait bien au moment des vendanges encore quelques raisins à vinifier…

Nicolas.

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