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Cathédrale végétale…

16 mai 2015 | Par Nicolas Lesaint

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Il scrute, il regarde, il contemple.

Il admire, il respire, il s’introduit dans l’univers…

Il compare, il reconnait, il revendique sa part d’immortalité…

Dans ces endroits il s’arrête et reprend son souffle il affronte le ciel et se penche, un peu, sur la gauche pour mieux capter le changement de luminosité. Écorché par l’air, ratatiné par le vent ses cheveux battent ses épaules et caressent avec insolence son regard qui scrute. Il regarde et contemple ce qu’il voit.

Il admire, il respire, il s’introduit dans son paysage à l’écoute des chants et des piaillements de l’air.

What he want’s, what he want’s c’est comprendre c’est réussir à percevoir le tout d’une chose qui le capte et au bout de la course lui fait traverser les années.

Un pas en avant il admire, deux pas à droite il respire, il s’arrête et touche les feuilles…

Couleurs, trames, textures, il enregistre, il compare et assimile l’uniformité des lignes vertes à perte de vue. Il se met au niveau, vise sous la feuille, zoome sur une tige et décortique du regard la manne boutons floraux séparés.

Il admire, il respire, il s’introduit dans l’univers du petit pour voir passer les habitants liliputes, les voyageurs intrépides qui eux ne le voient pas. Un équilibre, un déséquilibre, une cathédrale spatiale végétalement construite par un spécialiste du sujet. Il danse dans sa tête il se balance au rythme du souffle qui monte en puissance. Il lève la tête, la masse informe gris bleu arrive au dessus d’eux et calme d’un seul coup l’ardeur du chercheur de traces. Une puissance, une froidure, un glaçage de l’échine occultant le soleil du tableau.

Il se lève, il sent, il contemple l’avenir d’une saison engagée…

Là bas il y a cette masse sombre, ici ce flux vert et ce balancement des branches qui maintenant résonne dans sa tête comme une salve de guitares librement lâchées. Un rythme, un tatapoum sur ses tempes et des cheveux maintenant cachant le paysage.

Un coup sec, un balancement des épaules, il écoute, il entend, il comprend…

Un corbeau, deux corbeaux trois corbeaux comme des sorcières emportées par leurs jeux passent et repassent sans pouvoir rattraper le vent qui les poussent…

Accélère, accélère le rythme du vent, augmente la spirale de l’air, c’est la montée du souffle qui balaye tout et brasse les branches pas encore levées. Alors il se lève, alors il s’écarte, alors ses yeux s’ouvrent encore un peu plus et voyant les premiers rameaux se briser il sait que rien ne l’aidera plus qu’une prière inconsciente vers des cieux incertains naviguant trop haut, beaucoup trop haut, pour entendre la plainte d’un insecte un peu plus grand que les autres qui implore que l’on protège sa cathédrale verte.

Nicolas.

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