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Une part de ton temps…

5 mai 2015 | Par Nicolas Lesaint

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J’ai trop souvent l’impression de passer à côté de mes journées, un peu comme quelqu’un qui courrait partout sans jamais réussir à atteindre le but qu’il s’est fixé. Pourtant j’en ai fait des choses aujourd’hui, pourtant des chemins j’en ai parcourus à crapahuter derrière la pendule, à répondre au téléphone et à solutionner des problèmes hautement appliqués…

Où je vais ? Qu’est-ce que je fais ? Est-ce que t’es certain que je fais ceci ? Et j’ai cassé ça, et il me faudrait ceci pour continuer à travailler et je fais quoi pendant ce temps ? Et pour jeudi on a ce qu’il faut pour traiter ? D’ailleurs est-ce qu’on traite, t’as vu la météo ? Et les deux TESA qui sont pas venus ce matin t’as des nouvelles ? Et l’organisme financeur qui ne transmet pas les contrats de leasing s’en est où ? Et, et, et, et… Pourtant, j’ai couru, pourtant je me suis démené mais si je n’ai pas rencontré de réel obstacle, je ne peux pas dire non-plus que j’ai réussi à franchir des murs. Jambes lourdes, tête basse la journée s’est passée voilà tout.

Est ce que je me souviendrai de celle-là ? Probablement pas ou alors peut-être un peu de ces choses simples qui ont éclairé ma journée, une visite, un engagement à venir, une image d’équilibre végétal mais aussi une pensée permanente, celle de Bruno…

Bruno en fait je ne le connaissais pas dans l’intimité, non c’était pas ça, plutôt quelqu’un que l’on croise dans son métier et qui vous attire un sourire, un plaisir simple, une envie systématique de discuter parce que vous savez qu’il vous écoutera, qu’il vous comprendra. Mais voilà, de sourire il n’y aura plus, de discussion encore moins, il y aura juste une image dont on regrette la trop grande fugacité, une de celles qu’on aurait aimé stopper un instant pour prendre le temps de l’immortaliser. Un sourire, toujours un sourire, un bras levé bien haut en signe d’adieu puis plus rien, parce que voilà, ce jeudi-là j’étais pressé, encore une fois à courir derrière le temps, derrière une autre satanée journée qui me glissait entre les doigts. Alors vite vite vite je suis passé, certes j’ai pris le temps de renvoyer à Bruno son signe d’affection pour lui faire comprendre que oui j’étais content de le voir à Reignac une fois de plus comme souvent depuis quelques années mais je suis passé en courant… Si j’avais su, si j’avais compris que ce serait ma dernière image de lui…

Et puis voilà, hier soir on m’apprend, hier soir on me dit… Comment tout cela peut-il être aussi violent, aussi brutal et aussi irrévocable alors que l’on est persuadé que demain on reparlera de vins et d’actualité vinicole avec lui ?

Et cours après tes journées et construis ton histoire derrière ton quotidien qui te bouffe…

Alors arrête toi un peu, freine des quatre fers et regarde autour de toi, profite de tout, de tes sensations, de ceux qui gravitent dans ta sphère plus ou moins loin de toi, accompagne les parce que demain ils peuvent disparaître et te laisser assis-là dans ton jardin à te demander ce que tu as fais de ta journée. C’est toujours dans des moments comme ça que l’on relève la tête pour se regarder de haut en bas et se dire qu’au fond du fond on n’est pas mieux que les autres et que malgré nos grands principes de vie on subit plus qu’on ne devance.

Et que restera-t-il de tout cela ? Pourquoi y a-t-il tant de nos journées au bout du compte qui n’imprimeront rien dans les méandres de notre histoire si ce n’est une sensation de perte et de raté ? Pourquoi faut-il que ce ronronnement quotidien qui veut que l’on se projette en permanence dans un avenir incertain nous bouffe le peu d’espace à vivre qu’il reste devant nous ?

Mais voilà, un battement, deux battements, trois battements,… Puis plus rien.

Juste une image, un sourire, un bras levé bien haut comme une invitation à se rappeler de lui. T’inquiète Bruno, tu es là et bien là, Reignac restera une part de ton temps, un espace de ta vie, nous pensons à toi et à tous tes proches qui comme nous doivent maudire ce temps qui est passé trop vite.

Nicolas.

Commentaires(2)


  1. Sincères condoléances aux proches de Bruno, même si je ne le connaissais pas.
    Félicitations pour votre beau texte qui replace l’humain au centre de la vie.
    Que votre journée soit belle malgré les événements.
    Bien le bonjour à toute votre équipe.

    Robert ROUELLE

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