Le blog

de REIGNAC

Shares

Dura lex…

13 juin 2015 | Par Nicolas Lesaint

10338260_481040548714994_4812533596634702389_n

“L’article L. 112-16 du code de la construction et de l’habitation dispose que le voisin qui se plaint de nuisances dues à des activités agricoles ne peut obtenir réparation dès lors qu’il s’est installé alors que l’exploitation agricole existait déjà et que les activités agricoles s’exercent en conformité avec la législation.”

Voilà, je crois que là tout est dit, tout est écrit…

Je suis toujours incroyablement surpris de voir sortir des mini résidences tels de magnifiques champignons au milieu d’espaces agricoles exploités depuis des dizaines et des dizaines d’années et j’imagine déjà les futurs locataires ou propriétaires en situation…

Un retour au vert, un chemin vers la campagne, mais une campagne que l’on contrôle quand même un peu avec un joli parking collectif bien bitumé et des garages répétés à perte de vue alignés comme si l’on était entouré de miroirs vous reflétant la même image à perte de vue. Mais voilà, l’agriculteur qui lui a son champ ou sa vigne juste à côté n’a pas demandé, lui, à ce que le PLU change grignotant progressivement les surfaces exploitables. Lui sa vigne il doit continuer à la cultiver dans les règles de l’art en fonction des conditions climatiques qu’il croise et suivant une règlementation de plus en plus stricte qui l’oblige à réviser son matériel, à lever le doigt en l’air pour mesurer la vitesse du vent et à cloisonner ses créneaux de travail en fonction des nuisances sonores qu’il peut faire. Des règles il en faut, c’est la base de tout.

Mais voilà un coq qui chante c’est gênant, ça réveille tôt le matin et le petit poulailler bucolique à côté du lotissement le premier jour devient vite un sujet de bataille rangée… Mais est-ce qu’un chant de coq s’exerce bien en conformité avec la législation ?…

Le français l’a bien compris, là où il arrive, là son pouvoir et sa liberté doivent s’exercer. Ne faut-il pas être un peu plus humble lorsque l’on arrive sur une commune et perdre ce regard péremptoire que certains affichent sur leurs visages lorsqu’ils voient arriver un tracteur près de chez eux et que sur son allée de vigne on voit circuler, s’arrêter, regarder puis repartir une joli voiture bleue illuminée d’un magnifique gyrophare ?…

Exercer sa profession dans le respect de la règlementation voilà bien la règle de base que chacun doit garder en tête tout en gardant une porte ouverte au dialogue et à l’explication technique. Tout n’est que dialogue et compréhension mais le rêve campagnard l’emporte souvent sur l’écoute de l’autre.

Qui n’a pas subi de plaintes, qui n’a pas été confronté à ces voisins grincheux qui ne veulent rien entendre ou qui vous disent que déjà ils ont bien essayé de porter plaintes contre vous mais que voilà tu as en effet bien le droit de démarrer ton tracteur à sept heure du mat pour rogner tes vignes. Alors vendanger le soir alors que la météo vous pousse à sauver votre récolte…

“Antériorité d’exploitation” dans la campagne… Et un monde tout entier à justifier…

Tout n’est que tolérance, bienveillance et respect de l’autre, mais un grignotage progressif et une évolution de ces fameuses “conditions d’exploitation dans le respect de la législation” devrait nous amener à encore plus de conflits avec un voisinage toujours au fait de cette règlementation. Mais n’oublions quand même jamais que sans agriculteurs, le paysage campagnard serait gravement bouleversé.

Nicolas

Commentaires(2)


  1. Cher Nicolas ton blog pour moi est comme un miroir, tout ce que tu écris, que tu vis, je le vis chaque jour ; c’est vrai que j’exerce le même métier- passion; par ta plume bien plus agile que la mienne tu exprimes, nos joies, nos angoisses et aussi notre agacement comme aujourd’hui. Je suis confronté aux mêmes problèmes de voisinage le vignoble se situant au sein du village : au sud une cité HLM à l’est la rue principale, puis une maison de retraite (les deux sur d’anciennes parcelles de vigne) en face de laquelle se construit deux logements locatif tout ceci à moins de 10 m de l’allée de vigne , à l’ouest un personnage fort grincheux plus motivé par son aversion du bourgeois investisseur ou le bobo qui balance sur face-book votre tracteur entrain de poudrer sans autre proces ; tout ceci je le ressens comme une vrai injustice alors que nous avons fait l’effort de passer en bio et bio-dynamie.
    L’amour du métier de la vigne et du vin l’emporte et nous avancerons en dépit de tous les grincheux, même si parfois c’est un peu lourd à porter mais je vois que je ne suis pas seul, merci

    • Nicolas Lesaint


      Merci à toi Bernard pour tous ces compliments, je reste persuadé que notre envie de faire mieux et de surmonter toutes les difficultés de notre quotidien feront qu’un jour tous ces grincheux arrêteront de noircir nos efforts. Nous ne sommes pas seuls, nous sommes tellement nombreux à chercher à nous améliorer et le nombre de propriétés affectées par une pression mildiou impressionnante cette année en est bien la preuve, à trop vouloir être meilleur, on prend des risques à se bruler les ailes. De nos erreurs nous tirons nos enseignements et nous nous améliorons et si de temps en temps ma voix peut permettre de mieux nous faire comprendre alors j’aurai fait ma part. Au plaisir de te croiser très bientôt.

Un commentaire ?

Vous avez aimé ce blog, vous aimerez sans doute ceux-là :