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Grand Duduche cogite sous la lune

4 juin 2015 | Par Nicolas Lesaint

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La journée on court partout, la nuit on réfléchit on cogite, on se rappelle, on vie des aventures mélangeant la réalité, le vécu, l’imaginaire parfois désopilant et le possible. On règle ses comptes aussi parfois c’est un monde dans lequel nos super pouvoirs nous permettent d’un claquement de doigts d’avoir une magnifique autorité ou un talent de surfeur d’argent qui vous permet de vous envoler pour atteindre une parcelle trop éloignée où d’une poussée du bras droit vous soulevez un outil en panne ou vous arrivez, rien que par la pensée, à relever un hectare en une seconde chrono… Du vécu, je vous le dis, la nuit tout est possible.

Moitié grand Duduche, moitié Pierre Richard ou Bruce Willis, ça dépend des nuits, je fais ce que je veux de mon univers nocturne. Bon des fois j’avoue que ce sont plutôt des cauchemars qui me font sauter des couvertures ou commencer à m’habiller à deux heures du mat si ce n’est réaliser des vendanges vertes à trois centimètres du nez de ma femme qui terrorisée n’ose pas vraiment bouger de peur de perdre une oreille…

Toujours est-il que ça cogite sous la lune, ça turbine et bien souvent quand le réveil sonne, ça y est j’ai trouvé c’est l’idée lumineuse qui jaillit d’une rencontre improbable avec un super héros tolkenien…

Alors, fier de moi, je saute dans mon pantalon, je bois mon café et je pars à la conquête des pièces miraculeuses qui, c’est certain, vont révolutionner notre quotidien. Bon souvent ça s’arrête là parce que c’est pas possible, c’est pas disponible mon pauvre monsieur, faut attendre la morte saison ou encore tout simplement ça n’existe pas, je sais bien ça serait pratique mais non ça n’existe pas je suis désolé, il n’y a pas assez de débouchée dans la viticulture pour que la technologie de la grande culture se penche sur votre berceau de viticulteur… Il faut dire que bien souvent c’est dans ce sens que se font nos améliorations techniques.

Et puis, des fois, un magasinier vous dit que ça n’existe pas ou que, si, c’est possible, mais il faut prendre cette pièce là à 300 euros et puis commencer par la couper là, puis là ou encore là avant de pouvoir espérer faire les essais dont vous rêvez. Trois quarts de la matière de départ à balancer pour un résultat aléatoire, des fois, ça décourage… Et puis derrière vous dans la file d’attente il y a un collègue vigneron qui vous entend et qui ose lancer un “ben si ça existe en plus vous faites la marque…”

Regard perdu du magasinier…

Alors cherche à droite, cherche à gauche tapote sur le clavier appelle la maison mère qui confirme que oui ça existe et puis à ben tiens, en fait, j’ai la pièce en stock à moitié prix de celle qu’il fallait sculpter, c’est ballot…

Alors tu prends ta pièce, enfin tes pièces parce qu’il t’en faut deux, et là tu es super fier de toi, ça y est le rêve de Legolas va devenir réalité et chevauchant ton fier destrier tu arrives au château.

“Ola vilain ! Pourrais-tu m’indiquer le chemin des forges, j’aurais grand besoin de discutailler avec le forgeron de la place !!!”

“Qu’est ce qu’il t’arrive t’as un problème ? Richard ? Il est parti faire une course alors tu l’attends !”

Bon ok, je range mon Combo et je pars faire un tour dans les vignes en attendant.

Puis le gaillard arrive, me voit de loin ,pièces mécaniques en mains et déjà le sourcil se fronce, l’œil devient noir et je peux lire dans ses pensées: “p…. qu’est ce qu’il va encore me sortir comme idée…”

Alors bim bam boum j’explique, je montre, je questionne, en y mettant les formes, convaincu de la réussite de mon entreprise et tentant de convaincre mon auditoire du bien fondé de ma pensé. Progressivement je vois l’homme s’intéresser, proposer et finalement lâcher un : “ben oui c’est pas difficile, oui, je te fais ça quand tu veux”

“Ben maintenant, maintenant, maintenant !!” répond le garnement à qui on fait miroiter qu’il va réussir à avoir le jouet qu’il à croisé la nuit dernière dans le monde magnifique des Bisounours viticulteurs !

Et là ça coupe, ça soude, ça calcule savamment sur l’établi, ça pointe, ça modifie le schéma de départ, forcément ça l’améliore, ça le rend encore plus beau que dans vos rêves les plus fous…

Et quand pour la première fois on vous montre l’avancée des travaux vous vous dites que si Richard n’était pas un vrai mâle avançant dans le nombre des printemps vécus, ben vous seriez prêt à lui rouler un palot de contentement…

Bon mais là non, je n’irai pas jusque là on va en rester aux onomatopées de joie…

Avoir une idée c’est super, pouvoir la réaliser c’est autre chose et pour cela le fait d’avoir à sa disposition un ancien chaudronnier professionnel c’est de l’or en barre. Vous imaginez un truc et on vous le fait en interne. Je n’ai jamais compris les propriétés qui ayant la possibilité d’avoir leur propre mécano finissent par décider pour des raisons soi-disant économiques de fermer le poste pour externaliser le dépannage. Et le quotidien tu en fais quoi ? Et l’avantage d’avoir un soudeur sur site ? Un électricien même basique et en plus quand il est mieux que basique ? C’est de la gestion de bureau à vue, à court terme peut-être, en tout cas certainement pas un moyen d’améliorer le quotidien de ceux qui passent leurs journées la mains dans l’huile hydraulique les boulons de treize et les roulements à sortir à l’arrache… Et je sais de quoi je parle moi qui vois toujours arriver d’un mauvais œil la panne mécanique de 11h45 ou de 17h…

Toujours est-il que voilà “a dream is coming true !”…

Pouvoir travailler sous les rangs tout en tondant ! ne plus avoir à faire un passage spécifique, valoriser ce temps un peu perdu à couper de l’herbe et continuer à entretenir ce que l’on a gagné chèrement : un cavaillon propre.

Alors oui, c’est un billet purement égoïste parce que pour celui qui boit du vin ça n’est pas grand chose mais pour nous et pour tous ceux qui galèrent toute l’année ça peut vouloir dire beaucoup.

Voici la merveille en cours de réalisation et bientôt, oui bientôt, les essais grandeur nature !!!

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Un petit je ne sais quoi de magique, un instant de plaisir à la Mad-Max de celui qui aime customiser les engins, un nouveau gyro, un nouvel outil et peut-être une nouvelle possibilité d’aller là où on a décidé d’aller.

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Merci noble Richard toute la place forte te remercie et te nomme désormais Sir Richard de l’intercep tondeur ;-)

Nicolas.

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