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2016, La grêle verte ?

21 avril 2016 | Par Nicolas Lesaint

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2016 année bizarre, année strange, l’impression encore de se répéter et de toujours dire la même chose, une fois de plus, on n’a jamais vu ça. Un mois de mars le plus chaud dans le monde depuis, Houla, beaucoup beaucoup de temps, 135 ans je crois bien ma p’tite dame. De la pluie comme jamais depuis le début d’année, ça y est on est à deux doigts des 600 mm, et forcément pour travailler ça vous bouscule un peu les repères.

Le premier vrai créneau de traitement, on l’a trouvé, ça a été sans mal, mais on l’a trouvé en passant sur trois jours l’ensemble de la propriété. Avec dix hectares très particuliers qu’on allait voir tous les jours craignant que la pluie nous double avec toujours de moins en moins de bouillie dans le pulvé et tentant un passage sans tout défoncer.

Au final on aura réussi, mais pas sans perdre quelques kilos… Déjà que la boutique n’est pas trop approvisionnée de ce point de vue…

Et déjà la semaine à venir nous annonce un retour dans l’automne avec des températures dignes d’un mois de novembre avec des giboulées et autres passages pluvieux. Déjà qu’on est passé par deux matinées avec des gelées, il fallait bien cela pour calmer une végétation galopante… A ben non, justement, elle ne l’est pas encore… Ben ça va pas arranger les choses alors… Ben non.

Et puis on regarde ses vignes, et puis on cherche à voir comment se passe la sortie des bourgeons malgré tout et là en ce moment pour certains, on se fait peur… Hiver doux, humidité importante et Paf, nouveau cocktail détonnant, explosion de noctuelles et d’escargots… Ce sera l’un ou l’autre, ou l’un et l’autre tout dépend du tableau que vous avez choisi. Certains n’ont rien, d’autres sont dévastés et pour cette seconde catégorie j’entends des choses catastrophiques. Du jamais vu, une grêle verte silencieuse qui ne pardonne pas.

On ne voit pas les acteurs de ce carnage ou pas toujours et en quelques jours la boucherie silencieuse est possible. Celle-ci étant favorisée par une pousse lente, alors imaginez ceux qui, déjà touchés, comprennent que les sept jours à venir ne vont pas les aider…

Les escargots sont certainement les plus embêtants parce qu’ils ont une capacité de destruction beaucoup plus longue que les noctuelles. Eux vous les voyez, ils sont là, partout dans les poches de protection, sur les marquants, contre les piquets ou encore tout simplement à la base du bourgeon qu’ils ont choisi attendant le bon stade pour se régaler. Un chasseur cueilleur en quelque sorte positionné à l’affût de sa proie.

Pour nous ce serait plutôt les noctuelles qui se sont éclatées, ce n’est pas la catastrophe, cela se cantonne à certaines zones avec des effets terroirs ou paysage indéniable sans que pour autant un mode cultural plus qu’un autre ne soit mis en avant comme favorisant les bestioles. On me dit travail des sols réguliers pour les défavoriser, c’est pourtant le cas pour les coins concernés et lorsque ça ne touche que les dix premiers rangs d’une parcelle, on peut se demander si la proximité d’un bâtiment ou d’une lisière ne serait pas plus important pour les favoriser. Alors pour ceux qui ne savent pas ce qu’est une Noctuelle, profitons-en pour quelques rappels :

“Les noctuelles sont une immense famille de papillons qui compte plus de 25 000 espèces. La plupart sont des papillons nocturnes à dominante gris brun, mais nombre d’entre eux présentent sur leurs ailes d’intéressants motifs déco­ratifs et produisent même de superbes chenilles, du plus bel effet… Certaines sont inféodées à un végétal particulier, mais beaucoup sont polyphages. Les principales espèces nuisibles se regroupent en deux familles :

• les noctuelles terricoles, dont les chenilles se maintiennent sur et dans le sol. Elles n’en sont pas moins voraces, comme on vient de le voir ;
• les noctuelles défoliatrices, dont les chenilles dévorent le feuillage de nombreuses cultures légumières (par exemple la noctuelle du chou). Certaines, comme la noctuelle de la tomate, s’attaquent également aux fruits (tomate, poivron, aubergine).

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Les jeunes chenilles consomment les premières feuilles ou cisaillent l’extrémité de la plante ; les plus grosses s’attaquent surtout au collet. L’activité de ces deux espèces est essentiellement nocturne et les chenilles restent cachées dans le sol pendant le jour.”

Voilà ce qu’on nous en dit. Comment s’en débarrasser? ça c’est plus compliqué, huile de coude et petit panier ou traitement à base de pyrèthres il parait… Insecticide naturel me direz vous, c’est Bio, c’est bon alors… Ben neurotoxique le produit quand même, mais vous tuez Bio, vous tuez tout mais en étant biologiquement responsable… Donc non on ne traite pas un point c’est tout puisque pour nous ça va mais des fois quand même on se demande. Pourtant nous les Madmax des traitements on devrait en profiter pour tout napalmer comme certains pensent ! Et ben non, comme quoi certains ayant le haut parleur branché bien fort devraient peut-être venir un peu plus sur le terrain pour constater le niveau de contrainte que l’on sait se mettre naturellement.

Alors si à tout ça vous rajoutez un peu de grêle et quelques passages de chevreuils en soif d’ivresse, je dois bien avouer que la grise mine est quand même un peu d’actualité…

Voici donc bien un des premiers faits marquants de ce millésime, un démarrage laborieux et la démonstration que des ravageurs trop souvent anodins peuvent prendre des proportions colossales certaines années dans nos vignobles. Parce que oui, vous verrez, on en reparlera de ces dégâts, ils sont bien là dans certaines propriétés alors que d’habitude on s’interdit de les prendre en compte les considérant comme des aléas dérisoires et peu impactants. Cette année pour avoir juste échangé avec une poignée de vignerons d’Entre-deux-Mers, de Fronsac et du Libournais la réalité est bien là et malheureusement les dégâts aussi.

Est ce que les doubles sortiront ? Faut-il considérer déjà tout cela comme pertes et profits ? Et les plantes à installer ?

Réchauffements climatiques, émergence de nouveaux ravageurs jusque là discrets et tolérables, nous vivons aujourd’hui les prémices de grands bouleversements, c’est certains, les traiter par le déni serait une erreur.

A bon entendeur, cette année, va y avoir du sport…

Nicolas.

 

Commentaires(1)


  1. Merci de me transmettre vos courriels, j’ai goûté votre vin, j’étais supris et impressionné, je vais être surment un nouveau client.
    Cordialement,
    David Oziel

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