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Ça me plait et j’en redemande

6 avril 2016 | Par Nicolas Lesaint

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Il y a des journées comme celles-là où l’on se sent vivre, où le quotidien n’apparaît plus comme un long chemin s’étirant à l’infini mais au contraire comme une succession de petits sentiers dont chaque détour vous assure une animation inattendue. En ce moment à Reignac c’est un peu cela… Vous pouvez prendre chaque secteur de l’entreprise, je confirme, c’est ça…

Bon peut-être que pour la partie petites façons, ça sent quand même un peu la pause qui arrive parce que de ce côté on est à jour. Encore quelques racottages à installer, quelques mandrons à caler et des poches de protection à changer mais voilà il y aura certainement une petite pause avant les ébourgeonnages de printemps dans quelques semaines.

Pour les bureaux… Je pense que pour cela je devrais réaliser une interview de Mona ou de Marion qui vous peindraient un magnifique tableau de ce qu’elles vivent en ce moment… On appelle ça peut-être la rançon du succès je ne sais pas, en tout cas, ça  nous oblige à changer complètement notre manière de travailler, à nous adapter, à nous remettre en question, bref en un mot à nous améliorer. Une administration 2.0 en gestation…

Le vignoble mécanique et ses tractoristes spécialisés lui en revanche se trouve en pleine effervescence et c’est pas peu dire après ce retard pris à cause de cette pluviométrie folle de fin d’hiver. Décavaillonnages à fond à fond que même pour le 14 de la semaine prochaine je n’aurais peut-être plus de parcelle à travailler pour cette démo retour d’expérience organisée à Reignac pour notre groupe SME…

Mais non Florent ne panique pas je te garde quand même quelques hectares en attente.

Donc on retourne la terre, on terrasse des allées qu’on aurait dû faire après vendange mais désolé j’ai procrastiné. On installe des palissages de plantes, on décompacte et puis comme aujourd’hui, on traite…

Bah, oui, on ose encore le faire même si 50% des personnes interrogées pensent encore qu’il est possible de produire du vin sans réaliser le moindre traitement… C’est beau de vendre du rêve.

Donc on prend malgré tout en compte l’excoriose et surtout le Black sur le Merlots aujourd’hui.

Alors ce matin, les pulvés sont révisés, hier ils marchaient tous et donc ce matin… Le premier est en panne… Un gros vérin qui nous lâche et empêche tout réglage de hauteur de rampes et donc docteur Pellenc accours vite… Résultat ça ne démarre qu’à 14h… Ouaih ouaih ouaih!!! Déjà que la météo nous dit que le créneau n’est pas si grand que ça…

Pour l’autre Pellenc? Pas de problème monsieur elle démarre nickel, on lui fait le plein et déjà avant de partir montrer certaines parcelles à la société qui pendant ce temps nous fait des épandages organiques, j’aperçois une électrovanne qui débloque alors escabeau, tournevis, clef allen et en grand scientifique, hop hop hop, ça marche, NicoMajax reprend du service!!

Et c’est parti sur la parcelle pour se régler…

Et paf vas-y que le premier jet est arraché, et vlan l’électrovanne qui marche plus… Retour aux stands, arrache, perce, répare, démonte, visse, dévisse et sourire aux lèvres cette fois-ci c’est la bonne !!!

Bon, une heure après le pulvé est arrêté en bout des rangs, le porteur ne veut plus démarrer… Alors tu grattouilles dans ta mémoire, tu inventories les pannes que tu connais déjà, tu essayes d’appeler le chef d’atelier que tu connais mais comme il est 12h30 il mange, alors tu te mets à trifouille dans les fusibles histoire de faire celui qui ne se désespère pas et aussi pour t’assurer une certaine contenance et soudain, l’idée de génie, le fusible caché derrière le boitier noir au fin fond du moteur, celui-là même qui l’an dernier t’a fait perdre tant de temps quand il fallait pas…

Tu l’arraches, tu le frottes, tu le remets, tu tournes la clef et ça repart !!!

Un moment simple, un instant fugace où l’on se sent à sa place :-)

Ok, quinze minutes plus tard, repas oblige, j’apprends que le porteur est bien rentré au stand et qu’il ne veut plus démarrer… Alors tu manges quand même ton riz et ta boite de maquereaux en pensant aux jolis buffets en ce moment sur Saint Emilion et autres villages exotiques du coin. Mais c’est pas grave, tu mâches bien dix fois la même bouchée parce que tu sais que tu manges trop vite d’habitude et que ça va pas le faire si aujourd’hui tu ne fais pas attention.

Un café Nico? Oh non, aujourd’hui pas besoin je suis affûté comme un premier jour de traitement…

Alors c’est reparti tu cherches, tu démontes, tu secoues (en fait ma mécanique se résume beaucoup à du secouage mais on est souvent très surpris de voir que ça marche souvent), tu appelles mais non, c’est pas avant 14h… Donc on fait ça en famille, chacun son idée, chacun son secteur à secouer pour finalement démonter la batterie et trouver la panne du débutant, les cosses oxydées !!! Alors celui qui inventera des cosses qui ne s’oxydent plus nous enlèvera une bonne source de solutions techniques.

Démontage, remontage après lustrage et voilààààà, on peut enfin repartir surtout que maintenant le deuxième pulvé est opérationnel.

Et depuis, je touche du bois, tout se passe bien. Bon on a du retard, on fera pas toute la surface prévue aujourd’hui, mais c’est pas grave on a traversé notre première journée de traitement. Un peu comme la première des vendanges où toutes les pannes liées à une remise en service des outils vous tombent dessus.

Donc, comme on dit, ça c’est fait, on peut passer à autre chose comme poursuivre le traitement demain matin si le temps nous le permet.

Des journées comme celle là on les voit pas passer. On cours partout parce que tout ça n’est juste que le décors principal d’un tableau plein de recoins, mais malgré tout on est content. Oui on est content parce qu’on se dit qu’on est vivant et que l’on gagne des petites batailles contre l’emmerdement maximum qui trop souvent nous suit les côtes comme un rémora affamé.

Tout s’enchaîne, vous prévoyez un programme que jamais vous ne suivez, mais c’est pas grave, vous vivez dans l’urgence, vous pensez efficacité et démerde ça cogite, ça fume, ça réfléchit, ça rigole parce que vous trouvez et ça finit par avancer comme vous le voulez. Oui parce que quand même il faut avoir ce petit succès pour réussir à en redemander, avancer là où vous souhaitez aller…

Oui en fait on est un peu maso je crois, on aime cette adrénaline, ce besoin de réactivité, cette étincelle que vous ressentez quand vous avez le flash de la solution. Certes il nous faut des périodes un peu plus calmes parce que sinon on exploserait en vol mais voilà, le plaisir de l’effort lorsqu’il est couronné par autre chose qu’une note donnée par un dégustateur une semaine particulière dans l’année (En plus il parait que le principe des notes c’est fini ;-) ), un instant fugace où oui on est à sa place au milieu d’une équipe qui avance dans le même sens.

Ça, ça me plait et j’en redemande.

Ça tombe bien garçon, la saison commence…

Nicolas.

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