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Ne rien sous-estimer pour ne pas être renversé.

21 juin 2016 | Par Nicolas Lesaint

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Une journée de plus écoulée depuis lundi, en fait ça n’en fait que deux, comme quoi lorsque l’on court partout on peut avoir la capacité de transformer chaque journée en son double.

Le soleil arrive, il est là et bien là, il faut s’en service, il faut l’utiliser à bon escient, donc ça traite, ça traite, ça traite, un peu de chimie, certes parce qu’en ce moment ça rigole pas et aussi des choses plus “soft” pour toujours associer le blanc au noir et tenter d’intervenir le plus intelligemment possible. Donc c’est aussi le temps des essences d’agrumes pour brûler ce Mildiou et aussi le temps du soufre fleur parce que justement les températures montant elles vont nous aider à être plus efficaces avec ce genre de produits. A la fraîche on démarre, parce qu’on a droit à la chaleur mais qu’après l’application et faut pas quand même que ça atteigne des sommets sinon c’est là aussi la casse assurée, mais faut quand même en avoir parce que sinon ça marche pas aussi bien…

J’vous jure des fois…

Mais pour faire cela il faut que les pulvés tournent et notre vieille 8370 et sa pulvé de dix huit ans fait des siennes, alors on sait quand on la remplit mais jamais trop quand elle sera vide: problème de chauffe moteur, problème de connectique, problème de carte électronique, problème de problème, problème de rien, problème de tout…

On jongle entre les diverses structures capables de dépanner ce genre d’engin, on passe de l’un à l’autre pour voir qui réussira à être là le premier. Problèmes d’effectifs, problèmes d’embauches définies la veille avec des chefs d’atelier joignables toujours bien après le début de journée des divers mécanos qui dès-lors ont fait leur embauche sur le terrain. “On fait au mieux, j’ai personne, ça démarre trop fort aujourd’hui, alors pas avant fin de matinée début d’après midi…” Donc on appel l’autre “Et vous vous avez quoi comme délais ? Bon allez c’est bon vous pouvez venir !”

Quoi que j’en dise, eux aussi se donnent à fond et sont présents, merci à eux, c’est déjà ça, on n’est pas complètement livrés à nous même dans ce marathon viticole.

Ce soir c’est le vieux TL70 qui est en rade, hier c’était un vigneron avec un capteur à la c… qui nous empêchait de démarrer, puis une cuve du captage qui fuit, ou encore un conflit entre deux salariés. Et entre temps il faut garder en tête le plan de levage, celui de tonte et de traitement, aux délais de ré-entrées, penser au recrutements de saisonniers pour que le 4 juillet on débute en équipes les premiers effeuillages et arrêter d’avoir peur de cette sonnerie de téléphone que je vais devoir changer tellement elle me fait sursauter lorsque je l’entends parce que je sais qu’elle m’avertit, forcément, d’un nouveau problème à résoudre…

Si seulement ce beau temps pouvait durer, si seulement… Car maintenant et dans les mois à venir vont se jouer non seulement le volume de production et la capacité que chacun aura de réguler ou non ses rendements mais aussi la qualité du millésime. On se trouve au moment où tout est possible, mais alors tout… C’est d’ailleurs ce qui rend aussi la chose excitante, surtout lorsque l’avenir nous montre qu’on a eu raison de s’accrocher à tout ce qu’on avait sous la main aux moments où c’était difficile.

Voilà, ce soir j’attends la rentrée de la 8370 alors que les autres ont déjà fini depuis longtemps. J’attends aussi le bilan de Morgan qui tous les dix jours environ vient me faire un petit contrôle d’étape histoire d’avoir un œil extérieur sur le vignoble et pas toujours les nôtres bien enfoncés dans le guidon. Un peu d’appréhension même si je sais déjà quels reproches et quels écarts elle va pouvoir lever.

Des voisins m’appellent pour me parler de leurs vignes, me demander conseils et me raconter leurs inquiétudes du millésime, c’est la première fois et cela me montre bien la particularité de l’année.

Tous dans le même panier, tous dans la même galère alors hier justement on est aller en sortir un de voisin, enfin son vigneron, planté jusqu’au châssis, parce que oui faut passer, même en force parfois.

J’annule toutes les formations, toutes les visites, toutes les sorties programmées de longue date, non, désolé, je me referme sur moi pour ne gérer que le quotidien, l’indispensable besoin d’être le plus réactif possible pour être certain d’avoir à chaque fois fait le maximum de ce que l’on pouvait faire. Ne rien lâcher pour ne rien regretter, ne rien sous-estimer pour ne pas être renversé, voilà bien la devise du moment.

Et ce mal de tête qui me taraude dès que 10h arrive et qui ne me lâche qu’à coup de cocktails détonnant…

Bon, le côté positif c’est que 19h approche et que mon téléphone ne sonne plus, notre vieille pellenc devrait arriver au bout de son secteur… C’est déjà ça, demain matin je compte sur elle pour redémarrer, une autre journée de travail l’attend…

“Faut ce qu’il faut mon bon monsieur Plasmopara viticola n’attendra pas…”

Nicolas.

Commentaires(2)


  1. Eh bien, c’est presque “rassurant” de savoir qu’on n’est pas les seuls dans le jus… Bon courage!


  2. pareil ! Le mauvais temps en moins … bon courage

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