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S’engueuler ou pas telle est la question…

30 juin 2016 | Par Nicolas Lesaint

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2016 ? Mais PDBM 2016 quoi ???

Ça n’arrête pas, à croire que les années en 6 vont devenir les années du Diable, un chiffre satanique qui nous fera trembler dans nos caleçons annonçant des conditions de travail totalement délirantes. Bon OK ça fait quand même quelques jours, qu’enfin, il ne pleut pas et que l’on peut espérer reprendre la main sur une activité qui pour moi n’est pas du tout mais alors pas du tout normale…

Je ne vais pas reparler des conditions météo, ras la casquette de la flotte, de l’humidité dégoulinante du matin équivalant à une pluie contaminante, je ne vais pas non-plus parler des sorties de Mildiou un peu partout dans la région que celui qui dit ne pas avoir vu de Rot brun cette année voit pointer son nez au dessus du sommet du pont Chaban Delmas.

Mais nom d’un chien, c’est panne sur panne à un point que tu n’as pas le temps de sortir la tête de l’eau qu’une nouvelle vague t’arrive dessus. Tantôt c’est un pulvé dont le tracteur vient de perdre l’ensemble de ses bras d’attelage, tantôt c’est ce porteur qui refuse de traiter systématiquement lorsque le créneau météo est bon. Pannes électriques, pannes électroniques, pannes mécaniques, chauffes, et j’en passe, me font rêver désormais toutes les nuits de solutions “Mac Guiveresques” incroyables.

Et vas-y que je te soude, et vas-y que d’un tournevis je te fais repartir un tracteur. Et puis arrive une fois de plus les conflits de voisinages pour assaisonner le tout…

Et oui, c’est l’été, chers voisins, vous êtes dehors, et oui, nous aussi, on est là et on travaille, du moins on essaie au milieu de tout cela de trouver des créneaux intéressants pour tout le monde. On fait attention sur la route, on dit bonjour du coin de la tête même si on ne nous répond pas,  on fait attention à l’ordre de ses parcelles pour ne pas trop déranger votre grasse matinée ou votre sieste avec notre effeuilleuse ou notre pulvé mais que voulez-vous on est là et bien là et on y sera encore longtemps si tout va bien.

Cohabiter au milieu de cet environnement de plus en plus agressif, essayer de zoner ses parcelles à “risque”, définir des plans d’actions ou des procédures pour éviter justement d’être confrontés à l’agressivité de certains de ses voisins c’était justement le thème d’une réunion à laquelle j’ai participé mardi après-midi organisée par Mérithalle. Imaginer des solutions, des indicateurs pour voir l’avancée des contraintes que l’on se met pour être meilleurs sur les phytos, sur l’environnement, sur nos voisins. Se prendre en main sans attendre qu’on nous oblige à le faire voilà bien ce qu’il se passe depuis de nombreuses années sur Bordeaux sans que grand nombre de grincheux en prennent conscience. Mais voilà, on avance, du moins on essaie parce qu’on a cette volonté et cette conviction humaine qu’il faut savoir vivre ensemble.

Alors marre une fois de plus de se faire allumer comme encore aujourd’hui parce que oui on travaillait à 13h dans les vignes. Mais nom d’un chien de nom d’un chien on a le droit de travailler, oubliez la règle du voisin qui tond son jardin ou qui passe son rotofil. Arrêtez de vous inventer des arrêtés préfectoraux qui empêcheraient tout et n’importe quoi, rapprochez-vous de vos mairies et vous les maires de France, faites circuler dans toutes les boites aux lettres de vos administrés les droits et les devoirs des professionnels.

Alors pour ceux qui n’arriveraient pas à aller sur internet ou ne pourraient pas se déplacer jusque dans leur plus belle mairie, voici juste un petit extrait de cet arrêté préfectoral du 22 avril 2016 et lisez, oh oui lisez bien ce qui est écrit pour réglementer les activités professionnelles dans notre belle région Aquitane-Limousin-Poitou-Charente.

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Oui nous pouvons travailler entre midi et deux heures et non ça ne nous fait pas toujours plaisir de manger sur le pousse pour ne pas perdre de temps. Oui nous essayons dans nos tournées de ne pas être proches de maisons lorsque votre rôti du midi est cuit mais que voulez-vous des fois il y a des impondérables, des imprévus, des pannes, des je ne sais quoi d’emmerdement qui vous empêchent de faire exactement ce que vous vouliez faire, la vie quoi !!

Et en 2016 je peux vous assurer que la vie nous fait vieillir un peu plus vite que d’habitude…

Dialogues, dialogues, dialogues ou engueulades, engueulades, engueulades, telle est la question…

On va continuer à travailler à la fraîche dès qu’on peut le faire, on ne va pas arrêter de rouler nos bottes de foins à 19h30, non, on va juste vous demander de penser un peu à nous et de vous dire qu’on ne fait pas forcément ça pour le plaisir. Les journées ne sont jamais assez longues et les mois toujours trop courts surtout lorsque vous travaillez avec une plante dont la pousse demande d’être toujours dans le bon timing si l’on veut faire bon.

Venez juste parlez avec nous, baissez parfois ce beau majeur et arrêtez de brasser l’air avec votre main droite posée sur votre biceps gauche tandis que votre avant bras droit se dresse fièrement vers le ciel…

Je vous le demande, redevenez des êtres humains de dialogue, ce que nous sommes tous.

A partir de là, peut-être retrouverons-nous ensemble un semblant d’équilibre qu’il ne tiendra qu’à nous de faire durer le plus longtemps possible…

Au moins jusqu’à la prochaine année en 6…

Nicolas.

Commentaires(1)


  1. Bravo pour ce message ! Nous partageons cette même sensation de gêner et recevons les mêmes réponses de la part de nos voisins dans le nord est … entre la proximite des Ecole qui oblige (et c’est normal) de passer le soir apres les horaires de travail des habitants voisins qui eux ne comprennent pas que si ca n’est pas pendant les horaires d’école, ni le soir ou le matin tres tôt , c’est jamais . Surtout avec cette pluie …. J’ai l’impression d’être perçu comme l’homme a abatte malgré tous mes efforts successif d’essayer d’éviter les heures de repas ou de sieste. ils oublient trop souvent que partir travailler à des heures impossibles ne nous fait pas plus plaisir qu’à eux … Nous avons aussi des familles, des enfants que nous préférerions voir le matin ou le soir, et pourquoi pas jouer avec eux le week end. Mais comme dit , jamais en année en 6 …

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