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18/12/2011 Noeuds lunaires et autres méditations

21 décembre 2011 | Par Nicolas Lesaint
Dieu sait que je suis quelqu’un de cartésien et que j’ai du mal parfois à sortir d’un carcan scientifique construit par huit années d’études universitaires en œnologie, botanique, biochimie, et agronomie. Mais étant tout à fait conscient des limites des systèmes culturaux conventionnels actuels, je cherche toujours à m’ouvrir à toutes ces formes de réflexions alternatives visant à réduire notre impact et notre empreinte écologique.


L’hiver est pour moi une période plus propice à la réflexion, aux rencontres et à la lecture d’articles d’expérimentations ou de blog de professionnels convaincus par des itinéraires culturaux pour moi totalement révolutionnaires ou du moins inattendus dans leurs approches.
Forcément la Biodynamie m’intéresse. Qui peut ne pas s’intéresser à un mode de culture et de lutte aussi respectueux de l’environnement puisque toutes les molécules utilisées pour lutter contre les ravageurs ou pour stimuler le végétal sont d’origine naturelle, trouvables à proximité du lieu de culture, en général, et totalement biodégradables sans la moindre conséquence écologique ; sauf peut-être une razzia complète des pieds d’Ortie, de Consoude ou de Prêle de la région où l’on se trouve… 
Le problème pour moi est plutôt de l’ordre de la compréhension du « décisionnaire d’intervention ». La notion de jour fruit, racine ou fleur m’a toujours surpris puisqu’en tant que jardinier amateur, l’absence complète de relation entre mes semis et ces dates précises m’est chaque année démontrée.
Les notions d’énergie du vivant, de dynamisation des molécules utilisées, d’effet homéopathique sont autant de sujets que j’aimerais pouvoir appréhender par une compréhension de ces phénomènes. Je sais que nous ne sommes que vibrations au niveau moléculaire, au niveau lumineux et que certains appellent notre environnement un monde vibratoire. Mais lorsque je tombe sur internet sur des explications de Nicolas Joly pour ce qui est de la Bio cristallisation pour savoir si un produit est bon ou pas (Bio cristallisation) ou du choix des fumiers en Biodynamie, je me fais peur. Je reviens à l’époque où les médecins des rois soignaient nos têtes couronnées sur le principe des humeurs !
« Dans un lieu un peu froid ou sombre, donc  un peu trop terrestre, le fond d’une vallée par exemple ou une pente orientée Nord, ou une AOC un peu nordique,   on va renforcer l’utilisation par exemple de fumier de cheval (un des meilleurs fumiers pour le goût du vin). Le cheval par son lien presque excessif à la chaleur – il nous le montre quand on le contrarie – à la capacité de se dresser sur ses pattes arrière en se délivrant un peu des forces terrestres et de sa gravité. Une vache, très liée au monde des liquides, en serait bien sur incapable. Par contre, elle  pourra donner un fumier très appréciable là ou la sécheresse domine. Il  renforcera une vie microbienne particulière qui retiendra plus l’humidité (on ne se trompe jamais en mettant un fumier de vache sur une vigne).
Sur des sols, durs, arides, pauvres, – c’est dans ces sols que la vigne s’exprime le mieux –  au moment de la plantation le fumier de cochon fera merveille. Cet animal, qui à l’état sauvage se nourrit surtout de racines, nous montre – dans sa physionomie aussi – son lien particulier à la gravité. Son fumier aidera les racines à descendre, à pénétrer les plus petites failles pour s’installer en profondeur. Mais après 2 ou 3 ans d’utilisation, il faudra probablement l’arrêter, car il éloigne indirectement des forces nobles de chaleur génératrice  de goûts plus subtils. »
Lorsque je regarde les calendriers de conseils culturaux, très souvent ces viticulteurs se retrouvent avec des programmes similaires quel que soit la région où ils se trouvent avec des interventions calées sur des stades phénologiques ou des moments définis par des évènements planétaires. C’est comme si l’on avait dix patients différents dans une salle d’attente d’un médecin et qu’on leur donne la même ordonnance médicale… Certes sur tous ces blogs, chaque viticulteur précise que ce qui marche chez lui n’est pas applicable en l’état ailleurs et qu’il faut une parfaite connaissance de son terroir. Mais pour ce que je vois pratiqué, il y a quand même une très forte base de travail qui est commune à tous.
Pourquoi refuser, comme je le vois souvent, les analyses foliaires, pétiolaires, de baies alors que l’on sait parfaitement quels sont les ratios de travail qu’il faut surveiller si l’on veut être sur des vignes et des raisins naturellement plus résistants aux divers ravageurs ? Peut-être parce qu’il y a une incapacité à s’adapter aux besoins constatés du pied de vigne puisqu’il y a absence de produit, de purin ou de tisane pour corriger spécifiquement ces carences.
Je suis tout à fait pour le retour du cheval dans les vignes, techniquement et agronomiquement parlant il est très intéressant. Mais comment fait-on pour des propriétés de notre taille ou pour les autres plus grosses que nous ?
Comment fait-on pour être réactif face à nos conditions climatiques océaniques bordelaises lorsque l’on a 70ha de vigne à traiter avec des produits de contact, à faible rémanence et sans pouvoir éradiquant réel ?
Et comment fait-on avec le Black Rot pour qui aucun produit de lutte Bio n’existe ?
Autant de questions pour lesquelles le « lâcher prise » est obligatoire et où la réponse est que la réussite passe par un ré-équilibrage naturel du vignoble et par cette politique « d’écoute des astres et du terroir ».
Le « lâcher prise » j’y travaille mais désolé je n’y arrive pas encore pour tout !
Mais il est vrai que j’ai eu la chance de gouter des vins faits en Biodynamie extraordinaires de finesse et de droiture, surtout des blancs en climat continental (en particulier ceux de Marie-Thérèse CHAPPAZ (hein Paul !)), qui donnent envie d’y croire et d’essayer certaines pistes d’amélioration.
De toutes les manières, il faut échanger, il faut confronter ses points de vue pour les voir peut être se faire démonter et repartir sur des nouveaux principes de travail qui demain seront tellement évidents qu’ils seront acceptés de tous.
Quoi qu’il arrive, que l’on soit conventionnel, Bio, Biodynamiste ou tout autre courant viticole, tout cela nous renforce dans cette prise de conscience de l’importance de la remise en question quotidienne de tout ce que l’on fait pour nous améliorer, améliorer nos vins et accéder à un niveau de respect toujours grandissant de notre environnement. Alors je dis quand même merci à des gens comme M. Joly pour les débats qu’il me permet d’ouvrir autour de moi au fils de mes rencontres professionnelles et j’espère que de son côté lui aussi ou ses adeptes restent ouverts aux nouvelles technologies et à ces nouvelles approches qui s’offrent à nous.
Dernière minute : vous devriez aller voir ce qui se dit sur notre Balthus ou plutôt nos Balthus sur ce lien du Grand Jury Européen…  ICI

Nicolas.

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