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La leçon du Bambou…

2 janvier 2012 | Par Nicolas Lesaint


“Il était une fois un grand jardin, merveilleux, au milieu d’un royaume. Le Maître aimait à s’y promener quand la chaleur du jour devenait accablante. Il affectionnait tout particulièrement le bambou qui lui semblait l’arbre le plus beau de toutes les plantes de son jardin. Au fil des années, ce bambou grandissait, devenait vigoureux et toujours plus conscient de la faveur du Maître.
Un jour, celui-ci s’approcha de l’arbre et le bambou inclina son faîte respectueusement. Le Maître lui dit :
– Mon cher bambou, j’ai besoin de toi…
Le bambou inclina sa tête doucement et puis lui murmura: 
- Maître, puisque tu ne peux m’utiliser sans me couper, alors je suis prêt arrache-moi !
- Mon cher bambou, il me faudra t’enlever toutes les branches et toutes les feuilles.
- Ah ! non, pas cela, détruis ma beauté, mais laisse-moi mes rameaux de feuilles.
- Si je ne te les enlève pas, je ne peux pas t’utiliser.
Le bambou alors accepta.
Alors le Maître du jardin arracha le bambou, coupa ses rameaux et toutes ses feuilles, le tailla en deux sur toute sa longueur et lui enleva le cœur.
Puis, il le transporta près d’une source d’eau fraîche et scintillante au milieu des champs desséchés. Il déposa le bambou soigneusement sur le sol ; il posa l’une des extrémités du tronc sous la source tandis que l’autre atteignait le sillon d’arrosage dans le champ.
La source chanta sa joie, l’eau claire bondit à travers le corps déchiqueté du bambou jusque dans le canal et se mit aussitôt à abreuver les champs assoiffés. Puis on repiqua le riz et les jours s’écoulèrent. Les pousses grandirent et ce fut bientôt le temps de la moisson. C’est ainsi que le bambou, autrefois si majestueux, devint dans son humble état de débris, une grande bénédiction.
Quand il était encore grand et beau, il ne poussait que pour lui-même et se réjouissait de sa beauté. Mais dans son brisement, il était devenu un canal dont le Maître se servait pour faire fructifier son Royaume. »

Ça c’est de la morale chinoise !!
Comme vous le savez, nous nous sommes lancés depuis le mois d’août dernier dans la mise en place d’une station de traitement des effluents de chai par bambous.
Ce principe est basé sur la capacité qu’ont ces plantes incroyables à assimiler les produits de dégradation des éléments organiques générés tout au long de la vinification et de l’élevage des différents vins produits à Reignac, par une flore microbienne vivant au sein des rhizomes de cette plante (PHYTOREM).
Le bambou se développe, produit des cannes tous les printemps qui sont évacuées en partie chaque année par des coupes franches avant la pousse. Celles ci sont valorisées en granulés pour la combustion dans des chaudières, en marqueterie, en paillage ou en compostage.
Six variétés de bambous ont ainsi été retenues. Ce sera :
-          Phyllostachys ruromaginata (ICI)
-          Phyllostachys heteroclada(ICI)
-          Phyllostachys viridis(ICI)
-          Phyllostachys viridis sulfurea(ICI)
-          Pseudosasa japonica(ICI)
-          Semiarundinaria fastuosa( ICI)
Jolis noms barbares n’est-ce-pas ?
Comme je vous l’avais déjà expliqué pendant les vendanges, nous avons choisi de réaliser cette station en auto-construction. C’est-à-dire que nous sommes conseillés pour la réalisation des différents travaux  mais que nous faisons tout nous-mêmes. Le challenge est pour nous de taille mais au moins les compétences de chacun sont mises en avant et c’est, à vrai dire, très stimulant.
Cette station doit être opérationnelle pour les prochaines vendanges. Timing, timing, …
Nous avançons aussi vite que nous le pouvons et pour le moment : les deux cuves tampons qui recevront les effluents sont en place (deux cuves de 75m3 chacune (il faut pouvoir stocker 80% de la production annuelle en effluent) ça prend de la place ! Nous les avons semi-enterrées pour les paysager au maximum). Le terrain est prêt à recevoir les bambous (il faut compter 1m² de bambou par hl de vin produit; nous avons pris le parti d’augmenter cette surface à 3500m² pour retraiter plus rapidement les effluents produits), et le séparatif des eaux de pluie et de chai a débuté.
Et là, c’est un peu plus compliqué, entre le réseau hydraulique et électrique déjà en place qui sont connus et les découvertes inopinées provoquées par notre mini-pelle… Parfois il faut savoir rester zen et s’adapter… Mais Richard en grand professionnel de la zen attitude sait nous donner de grandes leçons de contrôle de soi.
Bref, c’est parfois un peu Verdun mais on se débrouille. Le chantier avance doucement mais sûrement.
L’idée finale est d’avoir trouver des pistes de retraitement pour l’ensemble des déchets que notre activité génère.
Ainsi nos résidus de traitements phytosanitaires sont récupérés et retraités à l’aide d’un phytobac, nos déchets d’atelier sont triés et recyclés par l’intermédiaire d’une association dont nous sommes membres  : CEPAGE (aérosols, produits imprégnés, ferraille, huiles usagées, papier, carton, verre, bidons souillés), les emballages de produits phytosanitaires sont recyclés par la profession grâce à l’association ADIVALOR et bientôt nos effluents de chai seront entièrement valorisés par cette station. Bref nous voulons minimiser le plus possible notre empreinte sur l’environnement.
Il y a encore certainement de nombreuses pistes d’amélioration et des solutions pour être plus « propre » et là, je compte bien sur le SME et ses différents membres pour nous faire avancer dans la bonne direction. Pour cela, première réunion des différentes propriétés le 6 janvier.
Aujourd’hui, reprise pour tout le monde, enfin presque… Certains jouent les prolongations. L’habituel état des stocks de fin d’année et le relancement de la machine après une semaine d’arrêt.
On est reparti, le moral est bon.
2012 nous voilà !

Nicolas.

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