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Une Biodiversité à appréhender

23 février 2012 | Par Nicolas Lesaint
Ah, la Biodiversité au vignoble !
Beau et vaste sujet très à la mode depuis quelques années et qui bien souvent n’est utilisé que pour communiquer. Combien de prairies fleuries en bordures de routes sont apparues ces dernières années avec des mélanges de fleurs très à la mode dans lesquels l’aspect esthétique était bien souvent privilégié à l’intérêt écologique.
Comment favoriser cette Biodiversité ? Comment la mesurer pour savoir si on l’a réellement favorisée ? Quelles espèces sont les plus importantes à observer si l’on cherche à développer spécifiquement la Biodiversité du vignoble ?
Et là, l’état actuel des connaissances est tel que les outils scientifiques n’existent pas vraiment. Au final, lorsque l’on regarde les différentes études réalisées sur la Biodiversité de différentes parcelles de vignes, on se rend compte que la plupart du temps, cela se résume à une énumération par classes d’insectes pour établir à un temps T une image qui dès lors veut que plus il y a d’individus et de classes d’insectes différentes et plus on estime que cette Biodiversité est importante.
Mais ne faudrait-il pas mieux regarder les espèces réellement présentes dans un vignoble en équilibre ? Pour cela, faudrait-il encore connaitre parfaitement les espèces les plus intéressantes.
Certaines sont étudiées depuis longtemps et présentent un réel intérêt : les Typhlodromes (acariens prédateurs d’autres acariens nuisibles de la vigne), de nombreuses araignées, les Chrysopses, les Forficules ou encore certains Hyménoptères.
Savoir qu’un bois possède une richesse plus grande qu’un parc et que plus l’on s’éloigne d’une haie et plus cette richesse chute, merci on s’en doutait un peu. Savoir qu’un parc entretenu renferme beaucoup moins d’espèces d’insectes qu’un parc laissé plus ou moins à l’abandon est certes très intéressant, mais je pense là aussi que toute personne attentive aux charmes de la nature l’avait déjà noté. Mais c’est certain, il est bien de savoir le quantifier.
En revanche, pouvoir mesurer l’impact d’un mode de culture sur la Biodiversité des sols reste encore extrêmement difficile. Les outils commencent juste à apparaître par des mesures d’ATPmétrie et de PCR. Mais là encore, elles sont très coûteuses et elles ne nous donnent accès qu’à des valeurs globales.
A mon avis, en regardant ce que font d’ailleurs les exploitants forestiers, il faut certes regarder les espèces présentes, mais il faut certainement davantage observer les habitats qui déterminent la possible Biodiversité d’un lieu. Ainsi, à Reignac, dans nos 35 ha de bois, les chablis et les arbres à terre non dégagés sont aussi importants que la présentation générale de la propriété.
Les abords de notre étang de 7 ha sont défrichés sur certaines zones et laissés sauvages dans la grande majorité. Ainsi, on ne compte plus les oiseaux sauvages venant nicher ou passant se reposer régulièrement à sa surface.
Nous conservons le maximum de haies sauvages et de friches d’espèces pionnières.
L’enherbement est naturel partout, sauf le parc bien sûr. Les engrais organiques sont privilégiés et les fauchages sont raisonnés en fonction des zones et de la floraison des espèces sauvages. Même si le côté technique prend parfois le dessus.
Dans le vignoble, tout passe par une réactivation des sols par des décompactages, des aérations, l’utilisation d’engrais verts dans les inter-rangs (Lin, Navets fourragers, Moutarde, Légumineuses micorrhizées) et l’élimination progressive des désherbages du cavaillon.
Mais cela ne suffit pas et stimuler une Biodiversité générale doit obligatoirement être une première étape vers une étude poussée des “bonnes” espèces indicatrices d’un vignoble équilibré puisque c’est lui notre outil de travail.
A nous d’imaginer les solutions et de trouver les bons interlocuteurs qui malheureusement ne sont pas légion pour l’instant.
Avoir 5 km de haies sur une propriété, c’est bien. Mais si l’on utilise des modes de culture impactant négativement les auxiliaires qui s’y trouvent, cela ne sert à rien.
L’ensemble des process culturaux doit dès lors être intégré dans cette réflexion et il faut pouvoir mesurer l’impact des orientations que l’on prend. L’estimation personnelle par une simple observation du milieu ne suffit pas. Il faut des outils, des indicateurs permettant de se fixer des objectifs qui ne supporteront pas l’approximation de l’affectif.
A nous de trouver les outils et faites-nous confiance, nous y travaillons ardemment depuis quelques années.
“même un chemin de mille lieues commence par un pas…”
Nicolas.

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