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Il était une fois les droits de plantation…

30 mars 2012 | Par Nicolas Lesaint

Savez-vous planter la vigne, à la mode, à la mode, savez-vous planter la vigne à la mode de l’Europe ?

Moi non !

Cela fait 80 ans que les droits de plantation existent en France et en Espagne.
Actuellement, au sein de l’Europe, il n’est possible de planter une vigne à raisin de cuve qu’à condition de disposer d’un droit de plantation.
Les viticulteurs peuvent disposer de deux types de droits de plantation :
- les droits qui leur ont été octroyés à la suite d’un arrachage de vigne que l’on appelle “droits de replantation”.
- les droits ne provenant pas de l’arrachage d’une superficie équivalente de vigne, ce sont des “droits de plantation nouvelle”.

La commission européenne a décidé en 2008 de faire disparaître ce système de réglementation au nom de la libéralisation des marchés agricoles et ainsi permettre aux viticulteurs de planter ce qu’ils désirent quand ils le désirent…
Si rien n’est changé, ce plan d’action rentrera en vigueur en 2016.


Heureusement, outre le coq français et sa tendance a toujours être contre tout changement, 14 pays dont : l’Italie, le Portugal et l’Espagne, réclament l’annulation de cette réforme et font bloc face à ce rouleau compresseur.
Il faut bien comprendre, qu’une fois ce système effacé, la libre plantation de vigne entraînerait irrémédiablement une augmentation catastrophique de la surface en vigne. Certains parlent d’environ 30% et forcément il y aurait augmentation de la production de vin et baisse de la qualité.
Pas la peine de parler des revenus de la plupart des viticulteurs qui s’écrouleraient avec sa cohorte de drames humains.


Ce système déjà en place en Australie a montré ses limites dans un pays qui a beaucoup de mal à écouler ses excédents de production.

Que cherche la communauté européenne en prônant ce libéralisme à tout va ?
Certes, ce système n’est peut-être pas parfait mais il a au moins le mérite d’exister et de permettre de freiner bon nombre d’entrepreneurs qui voyant la faille et préférant miser leur progression sur des produits à durée de vie limitée, plongeraient vers un productivisme effréné bien éloigné de la qualité vers laquelle il faut tendre si l’on veut rester concurrentiel vis-à-vis des autres pays producteurs.

Alors oui, je connais bien cette comptine que je chantais petit, et non je refuse de l’adapter à la vigne pour valider un système qui mènera la viticulture française à sa perte.
De plus en plus de personnes se mobilisent. Nos politiques semblent avoir entendu notre appel et s’impliquent pour bloquer cette décision. Espérons que leurs messages seront entendus. Ils ont souvent plus de voix que nous pauvres agriculteurs, et qu’ils feront pencher une balance bien trop inclinée vers la noirceur d’investisseurs dont on a déjà bien trop entendu parler même dans un pays comme le nôtre où les réglementations sont légions.

Nicolas.


Commentaires(4)


  1. faut pas non plus que nos politiques tombent dans l’excès en brandissant l’étendart de la peur en citant dans un rapport l’existence de l’association du renouveau des vins bretons à laquelle association on lui prêtent une ambition abracadendesque de planter des hectares de vignes en Bretagne !

  2. Nicolas Lesaint


    C’est certain. Je pense que les excès ne viendraient pas de cette région. A quand plus de diffusion pour ces vins bretons ? On veut les goûter ;o)


  3. les vins bretons ne sont pas commercialisables mais à déguster au domaine seulement, si vous avez l’honneur de passer à Quimper je suis à votre disposition ,mais nous sommes encore au stade du foetus ( 3 années seulement de vendanges )

  4. Nicolas Lesaint


    Avec grand plaisir, l’aventure est tellement intéressante et la Bretagne si belle. Peut-être cet été.

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