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A quoi carburez-vous ?

8 avril 2012 | Par Nicolas Lesaint

Le travail des sols c’est bien !

Le désherbage sous les rangs c’est pas bien !
Dépenser des sous pour acheter des désherbants c’est mal ! Pouah !
Utiliser son argent à tort et à travers pour racheter les pièces d’usure de ses outils de travail des sols c’est mieux…

En tout cas ça peut être aussi très coûteux. Que l’on ait des herses rotatives, des rotavators, des charrues, des lames ou tout autre outil, la question est toujours la même pour nous viticulteurs. Quel est le coût d’entretien des pièces d’usure de l’outil ?
Bon nombre d’entre nous ont trouvé leurs propres combines pour les faire durer le plus longtemps possible en commençant par une bonne organisation du travail et en respectant un ordre de passage des outils qui assure un minimum d’usure.

Mais parfois la solution peut venir d’ailleurs lorsque l’on a des Graves comme terroir et qu’alors l’usure très prématurée des pièces en contact avec le sol est inévitable.

Pour de nombreux outils, il existe ce que l’on appelle des protections au carbure. Le carbure de tungstène est un matériau inorganique extrêmement résistant dont on peut recouvrir ces fameuses pièces d’usure pour doubler, tripler voire même quadrupler leur durée de vie. Malheureusement elles n’existent que pour peu d’outils en tant que pièces d’origine. Et oui, cela serait trop beau et nous pauvres viticulteurs nous n’achèterions plus assez de pièces détachées, ça serait ballot pour les fabricants de matériel…

Donc cet hiver, je me suis mis en quête de forgerons capables de faire ce travail sur nos lames BRAUN (qui bien sûr n’existent pas dans ce matériau). L’an dernier pour 14 ha nous avons utilisé trois jeux complets de deux lames à 130 euros pièce et encore en les refaisant très très régulièrement… Richard s’en souvient encore… C’est vrai qu’il est quand même patient… ;o)

A vrai dire, ces forgerons ne sont pas légion et c’est dans le 86 à Moussac que nous avons trouvé notre sauveur.
Nous avons reçu notre premier jeu de lames au printemps et il est utilisé depuis le début de cette année.

Pour moi, c’est un peu Mad Max



Il a déjà “parcouru” 6 à 7 ha. Et là, miracle, toujours aucune usure apparente. C’est assez incroyable lorsque l’on sait la capacité de nos sols à réduire à néant le moindre carrelet de charrue. 

Il est vrai que l’opération a presque doublé le prix de la pièce mais si elle est utilisable toute la campagne, on rentrera largement dans nos frais.


En attendant, le “gratouillage” continue et nous alternons déchaussage aux lames et légers buttages à l’aide de nos disques trancheurs pour commencer à calmer une herbe qui ne cherche qu’une seule chose : s’étendre.



Donc, affaire à suivre et de près. Et si l’adage qui dit : “Avec le carbure, y a pas d’usure !” est vrai, alors nous aurons ainsi pu trouver une nouvelle piste d’amélioration dans les objectifs que nous nous sommes fixés. Et c’est bien là l’essentiel.

Nicolas.

Commentaires(2)


  1. superbe video ou on peut decouvrir un bon pilote. il n’est pas facile de piloter cet engin avec deux outils, dans des rangs travailles et pas toujours bien plats bien que nous avons beaucoup travaillé pour les applanir.encore la rogneuse n’est pas attelée !!! oui richard est formidable car il accompli enormement de boulot. ah petit detail : oui il y a des poches dans les pieces ou nous ne desherbons plus mais ces dernieres ne servent pas qu’a proteger les plants des produits desherbants mais des bons viticulteurs doivent bien le savoir !!!!!!!!!!! merci nicolas de faire vivre notre travail au dela du chateau.


  2. Il est vrai que leur présence a été relevée par certains qui ont su me le dire au cours de ces primeurs… Si nos racottages de l’année ont été pochés bien qu’ils se trouvent dans les 16ha que nous faisons sans désherbage, c’est parce qu’elles ont un effet stimulant sur le démarrage de ces plants pour lesquels la concurrence est plus que grande lorsqu’on les installe dans une parcelle âgée. Ellee les protègent aussi des buttages que l’on fait pour qu’ils ne soient pas recouverts. Mais je reconnais aussi que je ne découvre le non désherbage que depuis trois ans et donc je débute. Si jamais j’étais dépassé, je souhaite pour le moment avoir une porte de sortie qui ne mettra pas en péril l’avenir de ces jeunes pieds. Nous ne sommes pas encore bio pour l’entretien des sols sous le rang mais c’est notre objectif pour le travail des sols.

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