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“Soufrez” que je vous utilise !

30 avril 2012 | Par Nicolas Lesaint
(Photo Vincent Dancer)

L’histoire du vin, on le sait, commence 5000 ans avant JC en Mésopotamie. Conservé dans des amphores, celui-ci n’était pas sulfité, ce sont des résines et des infusions de plantes qui servaient de conservateurs.
Le passage de l’amphore au tonneau a marqué une très forte révolution dans l’histoire du vin. Les échanges vin / oxygène étant plus importants, il bien fallu trouver un nouveau produit de conservation, ce fut l’avènement d’un produit que l’on n’ a toujours pas su remplacer : le Soufre.

Ce Soufre existe sous différentes formes : liquide, gaz ou solide et possède de très nombreuses qualités que tentent de remettre en question les faiseurs de vins “Nature”. Protection de l’oxydation, effet antiseptique, protection des arômes des vins, etc.
C’est un des nombreux produits oenologiques utilisables dans un chai et à ce titre, comme le vin est considéré comme un produit agroalimentaire, sa traçabilité est obligatoire lorsqu’on l’utilise.
Connaître ses quantités utilisées, son origine, les numéros de lot des pastilles ou des solutions liquides, ça intéresse le législateur et à juste titre je pense.
Sur le plan législatif, le Soufre est le seul produit oenologique possédant une toxicité possible relative. Cependant, même les cahiers des charges bio l’autorisent à des doses assez élevées. En effet, le tout nouveau label “vin bio” autorise des sulfitages presque aussi élevés qu’en vinification conventionnelle.

Etant un produit ajouté au vin il m’apparaît normal de tracer son utilisation. Aussi qu’elle a été ma surprise cette semaine de recevoir le dernier bulletin des Bordeaux et Bordeaux Supérieurs dans lequel on nous annonce que ” suite à la mobilisation des Etats Membres dont la France fait partie, la Commission avait accepté de revenir sur cette obligation d’enregistrement par souci de réduction des charges administratives, et étant donné que les sulfites sont ajoutés à différentes étapes de la production et de la manutention du vin et que la teneur finale ne correspond pas à la somme des sulfites indiqués. Aussi, cette obligation d’enregistrement de l’addition de sulfites a été supprimée par le règlement n°314-2012 du 12 avril 2012 “.

Je ne suis pas un grand défenseur des gratte-papiers et il est certain que la première réaction est de penser ” Yes, un registre de moins ! “.
Mais, si l’on réfléchit un peu plus loin, de par sa classification, s’il y a bien un produit à suivre dans notre travail, c’est celui-ci plutôt que les colles, les copeaux ou les produits d’hygiène.

Alors, comme ce nouveau registre était apparu il y a tout juste quatre an, que les choses peuvent encore changer et que ça n’est pas sa disparition qui changera la face de notre charge administrative, mais au contraire nous oblige à une rigueur qui ne peut que mieux encadrer notre travail, nous, nous continuerons à surveiller son utilisation et à tracer ses origines et son devenir.

Ou alors, la solution d’avenir serait peut-être de se lancer dans la joyeuse aventure des Vins “Nature” qui font tant parler en ce moment.


Que voulez vous, c’est à la mode de ne plus intervenir. Mais il faudrait pour cela lancer de vastes fouilles archéologiques pour retrouver les traces écrites des décoctions romaines utilisées il y a si longtemps. 

Sans cela, nous risquerions de faire “soufrir” ceux qui accepteraient de nous goûter… ;o)

Nicolas.

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