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Allo maman bobo,…

22 juin 2012 | Par Nicolas Lesaint

Il y a peut-être trois semaines environ, j’avais pu assister chez un de nos fournisseurs à un coup de téléphone qui déjà m’avait surpris et dont j’ai pu avoir la suite pas plus tard qu’hier. Ce viticulteur appelait son conseiller viticole pour lui reprocher vertement de l’avoir poussé à traiter plus tôt que prévu au vu de la météo qui était très pessimiste.
En effet, météo France s’étant trompée, la perturbation prévue n’était pas passée et ce viticulteur, selon lui, s’était précipité pour rien.
Déjà, en ce moment, tout bon viticulteur devrait passer ses journées à consulter les nombreux sites mis à sa disposition sur le net. Ensuite, j’estime que l’on est assez grand pour savoir s’organiser sur ses propres cadences de traitements, et trouver ses fenêtres météo.
Mais bon…
Le fait est, qu’hier, repassant chez ce fournisseur, comme de par hasard, coup de fil de ce même viticulteur paniqué expliquant qu’il était face à une explosion de Mildiou…

Quand est-ce que certains viticulteurs seront capables de se prendre par la main et arrêteront de reprocher à autrui leurs erreurs techniques ? Je me le demande.
On connaît nos produits, on sait leurs limites. On peut comprendre aisément qu’il faille réduire ses cadences de traitements en situation à risque et nous y sommes depuis plus d’un mois et demi.

Que penser alors de cet autre viticulteur basant son programme sur l’utilisation de différentes formes de cuivre (sulfate, hydroxyde,…) et qui préfère attendre le passage de la perturbation pour rentrer dans ses vignes, entièrement travaillées, pour renouveler sa protection. La méconnaissance des produits m’affole parfois.
Le cuivre en l’état est un produit inerte pour le Mildiou. C’est la présence d’humidité qui va l’activer et le rendre efficace. Ceci se reproduira à chaque humectation jusqu’à son lessivage. Passer après la pluie ne sert donc strictement à rien si l’on était pas protégé avant.
Ou si, peut-être à se trouver derrière le Mildiou et à l’observer nous grignoter toute la saison en attendant que les conditions estivales rendent sa progression impossible. Jusqu’à l’arrivée du mosaïque.

Toujours est-il que cela fait deux bonnes semaines que l’on entend parler des premières sorties de Mildiou de la saison et que depuis lundi, la guerre est officiellement déclarée en Gironde. Au jour d’aujourd’hui, ceux qui étaient déjà concernés par ces premières sorties de taches sont vraiment en train de s’arracher les cheveux, les autres adaptent leurs traitements et raccourcissent leurs cadences de passages.
Le tout est de prendre conscience de la situation, de descendre dans ses vignes et de savoir écarter quelques branches et soulever quelques feuilles pour bien comprendre ce qui se passe.

La localisation des épisodes pluvieux, les conditions de culture, la qualité de la pulvérisation et le sérieux du viticulteur toujours à la recherche, et je peux le comprendre, d’une réduction de ses coûts, rendent extrêmement difficile le travail du conseiller viticole qui bien souvent a donné le bon conseil au bon moment, mais malheureusement se trouve être appelé en tant que pompier…

Pour ce qui est de Reignac, les sorties sont là.
Nous sommes viticulteurs, nous avons des vignes et nous sommes en Gironde, c’était donc prévisible.
En revanche, ce qui est rassurant, c’est que cette présence reste bel et bien une présence avec une fréquence de taches très faible.
Ayant bien retenu la leçon de 2007, qui fut très formatrice pour bon nombre d’entre nous, je ne sous-estime pas l’ennemi. Certes, en réduisant les doses en début de saison, en choisissant des produits plus respectueux pour l’environnement ou homologués en culture biologique on sait que désormais il faut savoir travailler en présence de ce champignon et tolérer qu’il soit là à fréquence faible sur nos feuilles de Merlot.
En revanche, il est hors de question d’avoir du Rot gris ou de voir vérer la vigne fin juin…

La tension est donc bien montée d’un cran. Ce n’est certainement pas le moment de se relâcher mais il vaut toujours mieux savoir attendre que la rosée du matin soit partie, que le relevage ou le rognage de la parcelle à traitée soit achevés pour démarrer un traitement.
On ne le dira jamais assez, de la qualité de l’application dépend la réussite de sa protection.
Mais en période de pleine pousse comme maintenant, c’est toujours délicat de ré freiner ses ardeurs.


Et si vous ne me croyez toujours pas, pour ce qui est des conditions climatiques très particulières, j’ai une dernière preuve irréfutable à vous présenter : nos Merlots mycorhyzés au mycélium de cèpes commencent enfin à produire… ;o)


En attendant, bon courage à tous et en particulier à Paul-Marie et à Hervé.

Nicolas.

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