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Les Vieux ont toujours raison…

12 juin 2012 | Par Nicolas Lesaint

Vieil adage toujours vrai que nous ne cessons de redécouvrir, étonnés, au fil des millésimes. Les densités de plantations en sont un bon exemple. Nos prédécesseurs les choisissaient déjà élevées pour faire bon. Avec des implantations en quinconce pour optimiser la prospection des sols. Avec des chaussages d’automne et des travaux des sols pensés de façon à mieux gérer son enherbement. Avec l’utilisation, bien souvent empirique mais régulière, de purins ou de tisanes comme soutiens foliaires.

Nous n’avons rien inventé, nous ne faisons que redécouvrir ce que d’autres ont déjà défriché et amélioré pour nous. Il suffit bien souvent juste de savoir observer ses plantations les plus anciennes ou pouvoir recueillir, quand c’est encore possible, les témoignages en voie de disparition des acteurs de ces époques qui nous ont façonnées.

C’est vrai que bien souvent cela m’énerve d’entendre le refrain habituel “c’était mieux avant”, quand, partagé entre nostalgie et attentisme, nous ne sommes pas capables d’évoluer.
Se remettre en question devrait être la base d’une garantie d’amélioration. Trop souvent aveuglés par nos habitudes, nous en oublions de douter de nos techniques culturales. Mais il est certain que tendre vers des “recettes” peut parfois être confortable.
Même si l’on se défend d’aller vers ces simplifications de notre travail, bien souvent, en saison, la tête dans le guidon nous empêche de prendre le temps de lever la tête et de se poser les bonnes questions. “Attends, attends, attends. Qu’est-ce que je suis en train de faire? Est-ce que ce que l’on fait maintenant sur cette plante correspond réellement à ce dont elle a besoin ? Est-ce la bonne voie pour ce vers quoi on la destine ? “

Combien de fois ai-je discuté avec des viticulteurs à propos de techniques particulières pour savoir le pourquoi d’un tel choix par rapport à un autre, sans que je n’obtienne d’autre réponse qu’un “Ben, j’ai toujours fait comme ça…”


Certes, d’avoir toujours fait comme cela permet de redécouvrir des techniques dont on a oublié l’origine mais trop souvent la simplicité et la facilité d’action est à l’origine de tel ou tel choix plutôt que l’aboutissement d’une logique qualitative.
Il ne faut pas non plus tomber systématiquement dans le “pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué”,  mais il est vrai qu’il faut savoir se méfier des premières évidences.


Toujours est-il, qu’une fois de plus, je me rends compte que les vieux ont raison… Le sujet du jour dans lequel ils ne se sont pas trompés est le palissage. Outre la hauteur du palissage, le nombre de fils ou de leveuses à mettre en place, il y a aussi la grande question existentielle du “où dois-je planter le piquet qui va tenir mon palissage ?”. Je suis d’ailleurs certain que c’est une question qui vous tracasse l’esprit le soir avant de vous endormir alors rassurez-vous, je vais vous donner la solution.
Cela fait trois ans que nous découvrons ou plutôt redécouvrons les joies du travail des sols sous le rang et bien évidemment ce n’est pas aussi simple que de désherber.
Trouver les bons outils est compliqué mais quoi qu’il arrive il restera deux zones très difficiles d’accès obligeant à sortir l’huile de coude et son tire-cavaillon : les entrées de rangs et les espaces entre les ceps et ces fameux piquets de palissage.

Vous voyez ce que je veux dire…



Et bien les anciens avaient trouvé la solution. Pourquoi s’embêter à tirer la terre que l’on ne peut pas atteindre avec une lame ou une charrue quand on peut faire en sorte que cette zone du cavaillon n’existe pas. Et oui,  tout simplement en installant son palissage contre les pieds de vigne, quitte à chaque fois à sacrifier une aste à fruit du fameux pied.

Et en plus on l’avait sous les yeux depuis longtemps mais on n’arrêtait pas de dire que c’était n’importe quoi et que ça gênait la taille… Ce qu’on peut être bête parfois…


Alors, c’est décidé, coup de frein et retour en arrière, cet hiver les deux plantations réalisées cette année seront installées de cette manière.
Et là c’est certain, j’en connais qui seront content de remiser leurs bêches un peu plus souvent. reste à imaginer une solution pour les piquets de bout, mais là, il va falloir encore réfléchir un peu ou bêcher.


Ils sont trop forts ces Anciens !


En attendant, la vigne galope, galope et les Merlots arrivent maintenant au stade nouaison avec ma foi une bonne régularité de fructification. Pas trop de coulure ni de millerandage pour les cépages sur Graves. On verra bien s’il en sera de même pour les Argiles, toujours un peu plus tardives, qui se trouvent actuellement en pleine floraison alors que la pluie est au rendez-vous…

C’est ça l’avantage à Reignac, on a toujours un Terroir qui sort son épingle du jeu…


PS : Allez voir le site de ce peintre dont vous avez le lien sous la photo du début il est vraiment trop fort.


Nicolas.





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