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100% des gagnants ont tenté leur chance !

10 juillet 2012 | Par Nicolas Lesaint
“Sachant qu’un viticulteur de Gironde, propriétaire du château de Reignac, cherche à atteindre un très haut niveau de qualité pour son vin, et qu’il demande à son chef de culture de produire 35hl/ha de vin fini. Sachant que pour cela celui-ci doit réguler la charge de ses pieds de vigne qui sont plantés en moyenne à 6600 pieds/ha et qu’il possède trois sortes de cépages rouges, Merlot, Cabernets Sauvignons et Cabernets Francs. Sachant qu’il faut 1.3Kg de raisins pour faire 1 litre de vin et qu’en vidant les cuves de fermentation on ne récupère en vin que 80% du volume de vendange rentrée et sachant que le poids moyen d’une grappe varie d’un cépage à l’autre, d’une parcelle à l’autre et d’un millésime à l’autre, et ce, en fonction du nombre de baies par grappe (et donc des conditions de floraison), calculez le nombre de grappes par pied qu’il faut laisser pour espérer atteindre le rendement visé”.

Vous avez un quart d’heure…

Oui, voilà, c’est à peu près ça chaque année.
Il faut savoir s’adapter au millésime en prenant bien en compte que l’on fait tomber, maintenant, une partie des grappes et qu’un mois de septembre très chaud ou très pluvieux peut changer totalement la donne au moment de la récolte.
A ce petit jeu, 100% des gagnants ont tenté leur chance.
Mais il faut savoir rester modeste lorsque, au final, on tombe exactement sur le rendement visé.
Le premier travail consiste donc à vérifier comment s’est déroulée la floraison. Pour cela, il faut connaître le nombre de baies par grappe que l’on a par rapport à une grappe “normale” (coulure) et l’uniformisation du calibre de ces baies (millerandage).
On connaît le nombre moyen habituel de baies par grappe auquel correspond un poids de grappe moyen. A partir de là, on peut estimer le nombre de grappes à laisser en plus par pied si l’on a eu une coulure de 15, 20 ou 30%.
C’est pourquoi il faut compter…

Cette année, que ce soient les Merlots ou les Cabernets, tout semble s’être passé normalement puisque les premiers comptages nous montrent, en moyenne, 115 à 125 baies par grappes pour les Merlots et 160 à 180 baies par grappe pour les Cabernets Sauvignons.
Si l’on se base donc sur les poids de grappes moyens habituels, on ne devrait par être trop mal :  140g/grappe pour les Merlots contre 120g/grappe pour les Cabernets.
Nous pourrons donc travailler sur une base de 7 à 8 grappes/pieds pour les Merlots et 8 à 9  grappes/pied pour les Cabernets Sauvignons. Cela nous permettra d’être à 1Kg de raisin par pied et donc aux environs de 45hl/ha de vendange. Après vinification, nous devrions nous situer aux alentours de 35hl/ha de vin fini.

L’idée est d’être entre 1Kg et 1.3Kg/pied et donc de raisonner au cep de vigne lui laissant produire l’équivalent d’une bouteille.
Un cep de vigne = une bouteille de Grand Vin.

En fait le plus compliqué cette année sera plutôt de gérer ceci :
C’est-à-dire l’hétérogénéité des stades de grappes au sein d’un même pied. C’est maintenant qu’il faut agir pour faire tomber ces grappes en retard et uniformiser la maturité que l’on choisira aux vendanges.
Une fois que les grappes auront vérées, il sera trop tard. Nous ne pourrons plus voir la différence. Restera alors les trieurs optiques ou les tri-baies par flottaison et là, je ne suis pas encore convaincu totalement par la technique.Travaillons d’abord au vignoble.

Chaque sarment est capable de porter une, deux ou trois grappes. Celles-ci n’étant pas sorties au même moment, elles ne sont pas au même stade phénologique et ne sont pas nourries de la même façon.
Une expérimentation que j’avais pu mener il y a quelque temps avait montré que c’est toujours la grappe du bas, celle dite de premier rang, qui est apparue la première, qui est la plus précoce en maturité, celle qui a les meilleurs équilibres bref, c’est la mieux nourrie.


Dès lors, il apparaît logique de privilégier ces grappes là et de faire tomber préférentiellement les deux autres.
C’est là qu’une fois de plus se justifie le choix de ne pas ébourgeonner l’aste à fruit au moment de la taille quitte à avoir plus de raisins que souhaité et donc de devoir systématiquement passer en faire tomber.
Au moins, je suis toujours capable d’agir sur mon rendement et de choisir ma qualité de raisin. J’uniformise ma maturité. Ainsi je ne suis pas obligé de choisir un compromis de maturité entre mes grappes de premier et de second rang ce qui est le cas lorsque l’on récolte uniquement ce qui est produit sans intervenir.


Je garde la main et c’est ce qui fait la réussite d’un millésime et le maintien de qualité le plus haut possible pour l’année.

Après, ce n’est plus que du transfert d’informations et transformer en actes ce que l’esprit veut faire. Là, ce n’est pas toujours le plus simple…


Mais on y arrive en particulier grâce à la surveillance stricte d’Hassan et de Nathalie.


Nicolas.

Commentaires(2)


  1. très beau travail
    votre mode de calcul de rendement était applique sur une taille guyot simple?


  2. Oui une récolte Guillotine

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