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2012 se précise…

19 juillet 2012 | Par Nicolas Lesaint
Ce lundi 16 juillet, nous avons eu une nouvelle visite de JP Cousinié afin de réaliser le deuxième état des lieux nutritionnel de la saison. Nous nous situons aujourd’hui aux environs du stade Fermeture de grappes et certaines baies commencent à devenir transparentes. C’est bon signe, le début de la véraison se précise.
Des prélèvements de limbes ont été effectués sur les parcelles que nous suivons très spécifiquement et qui nous permettent de définir des îlots de travail grâce auxquels nous  extrapolerons nos traitements foliaires.
Donc observation de près des parcelles de Pêcher et Plateau puis programmation des prélèvements de baies qui s’effectueront à mi-véraison.
Nous pourrons alors voir si la tendance actuelle du millésime se confirme : petite déficience  en azote, à corriger si besoin est.


Ceci peut paraître paradoxal mais après des accumulations d’azote ammoniacal au printemps par manque de température élevée et donc de pousse, ce serait maintenant un manque d’azote par excès de pousse. On appelle cela “la fièvre de printemps”.
En revanche, s’il y a eu des à-coups de pousses à de nombreuses reprises, les vignes n’ont absolument par souffert dans la période la plus critique : le grossissement des baies. C’est un stade où l’an dernier la sécheresse avait été à son paroxysme. A ce moment-clef du développement de la baie se jouent beaucoup de choses.
Ainsi, une baie qui aura subit des restrictions strictes dans cette phase verra, entre autre, sa taille rester inférieure à ce qu’elle aurait dû être. On peut alors avoir des équilibres parfois médiocres et surtout des volumes finaux de jus très inférieurs à ce qu’ils sont d’habitude.
Cette taille de baie est un paramètre difficile à prendre en compte mais il est pourtant capital dans la détermination de la charge par pied à laisser pour atteindre le rendement souhaité.
Pour cette année, nous avons bien négocié cette phase de croissance des baies. C’est déjà un bon point.
J’espère donc que certains professionnels voudront bien cesser de critiquer un millésime qui n’en est qu’à ses débuts.
Tout reste à faire et les bases de l’édifice ne sont pas si mal que ça.


Certes, 2012 aura été soumis à une forte pression sanitaire par des conditions climatiques très favorables au Mildiou et à l’Oïdium, mais agronomiquement parlant, une fois de plus, les vignes équilibrées n’ayant pas subit d’à-coup culturaux (stimulation par des engrais en particulier ou destruction totale des couverts végétaux), s’en sortent très bien. Et comme on dit,“c’est août qui fait le moût”.


Pour Reignac, pas de coulure ni de millerandage à déplorer et les surfaces foliaires sont très bonnes. Donc pas de raison de s’inquiéter pour l’instant.
Conserver une régularité de production sans effet yo-yo est essentiel.


Plus le temps passe et plus je me rends compte que l’observation du vignoble est capitale. Il faut  surtout savoir adapter ses modes culturaux en jouant sur quelques façons culturales : travail des fonds un sur deux ou en totalité, hauteur de rognage, décompaction ou pas, engrais verts ou pas,… Et surtout, je le redis, savoir observer.
L’effet millésime est tellement important pour le végétal que la modification de présentation d’une parcelle ne doit pas forcément justifier une intervention nutritionnelle. Les carences induites sont tellement nombreuses que vouloir corriger systématiquement certains faciès de feuillages par des engrais organiques ou minéraux peut s’avérer risqué et provoquer des réactions du végétal en dents de scie difficiles à contrecarrer et très préjudiciables à la qualité.
L’exemple de cette année sur la vigueur des vignes en est le meilleur justificatif.
Dépêchons-nous donc de ne rien faire si l’analyse ne nous le justifie pas mais ne nous voilons pas la face pour autant, s’il faut agir, nous le ferons.
Une fois de plus, un après midi passionnant et des échanges plus qu’intéressants avec un JP Cousinié qui sait avoir l’oeil sur des situations bien particulières qui étaient passées inaperçues.
Les vignes lui ont plu, et lui aussi a une vision positive de ce millésime qui reste apparemment atypique dans bon nombre des régions qu’il suit : Narbonne, Perpignan, Champagne…


Pendant ce temps, le soleil revient enfin. Les échardages intérieurs sont achevés et les vendanges vertes vont pouvoir débuter la semaine prochaine.
Bon d’accord, on en est à la huitième crevaison en huit jours et trois tracteurs sont en panne… Mais, zen soyons zen…
Demain est un autre jour. Voyons le côté positif des choses, restons soudés, le millésime le vaut bien.
C’est la dernière ligne droite avant la grande attente de la maturité juste…

Nicolas.

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