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Café bouillu, café foutu !

29 juillet 2012 | Par Nicolas Lesaint
On ne pourra pas dire cette fois-ci que Météo-France s’était trompée, les prévisions correspondaient exactement à celles que l’on a eues.
Imaginez-vous, tranquillement installé au frais, à l’ombre d’un feuillage qui vous renvoie une lumière tamisée et qui adoucit votre sieste estivale. Vous avez les pieds au frais, impeccable, tout va bien. Puis subitement, on vous réveille et on vous plaque un sèche cheveux réglé sur sa puissance maximale à quelques centimètres de votre peau. Malgré vos protestations, rien n’y fait et la situation perdure pendant de longues et interminables heures…
Et bien, que croyez-vous qu’il se passe ? Vous vous en sortez avec de belles grosses cloques qu’il va vous falloir cicatriser bien vite. Et bien, c’est exactement ce qu’ont dû ressentir certaines des baies de Cabernets Francs installés sur des Graves bien sèches.


Heureusement, plus de peur que de mal et peu de grappes sont touchées, mais on a bien cru se retrouver un an en arrière avec les chaleurs persistantes du mois de juillet 2011.
C’est dans un moment comme celui-ci qu’on se rend compte de l’importance de la qualité d’échardage et du respect des consignes de ne surtout pas toucher aux feuilles situées côté soleil couchant. Les faces des grappes touchées sont toutes de ce côté des rangs. Le fait d’effeuiller du côté à l’ombre l’après-midi ne provoque jamais de coups de chaud sur les grappes.

Les baies de Cabernets Francs ont, me semble-t-il, toujours été plus sensibles à ces coups de chaud. De par leur nature et la texture de leur pellicules certainement. C’est un cépage de toutes les manières qui ne supporte pas le moindre stress hydrique. Il lui faut plutôt des terroirs argileux avec des régimes en eau réguliers tout au long de la saison et surtout en juillet et en août sur le grossissement des baies et la maturation.

Si l’on se trouve sur des terroirs un peu plus tendus de ce point de vue, l’effet millésime sera inévitablement plus marqué. C’est ce qui se passe sur cette vieille petite pièce du “Truch”. En 2010 elle avait subi de plein fouet l’été en partie à cause d’une perte de vigueur généralisée et d’un enherbement trop concurrentiel. En 2011 malgré le millésime, une bonne préparation au stress hydrique attendu avait permis de n’avoir aucun blocage et au final une magnifique petite cuve lors de la vinification.

Pour cette année, je dois avouer que je me suis laissé surprendre malgré les avertissements de Météo-France que l’on a pris l’habitude de tempérer avec leurs alertes oranges ou rouges régulières qui débouchent bien souvent sur… pas grand chose.
Ah, le joli principe de précaution !
La leçon est retenue. J’ai entendu le chant des baies de raisins qui me demandent de les aider et de les préparer plus efficacement à une éventuelle prochaine vague de chaleur.
Alors, c’est parti, on y va, on va sortir l’écran total…


Et bon petit café… mais pas bouillu !


Nicolas.

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