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JDM…

7 juillet 2012 | Par Nicolas Lesaint

La mécanique et moi, ça fait deux.
J’ai toujours su que je n’aurai jamais la dextérité technique et intellectuelle d’un bon mécano agricole face à une panne. Alors, la moindre petite réussite m’apparaît à chaque fois comme un succès prodigieux.

Chaque année, on a droit au moins à deux ou trois journées où tout va mal et où on se dit qu’on aurait mieux fait de rester couché. C’est comme ça, il faut savoir l’accepter et rester un peu fataliste. Ça, c’est toujours facile à dire.
Pour moi, c’était le 06 juillet.
En ce moment, tout est plutôt tendu et le moindre grain de sable peut provoquer des enchaînements parfois calamiteux.
Après avoir enfin trouvé un créneau météo pour renouveler le secteur de la propriété qui le méritait, je commençais à me dire que nous tenions le bon bout. Le relâchement mental, c’est toujours fatal. Vous savez, un mélange de la “loi de l’emm… maximum” et de la méthode Coué qui vous pousse à ne jamais dire que tout va bien ou à toucher du bois quand vos paroles ont dépassé vos pensées.
Bref, enfin un peu de répit. Et là, premier appel de Philippe, qui effeuille mécaniquement depuis trois jours : “j’ai un problème, viens me voir…” Je saute dans mon super Combo Batmobile, arrivée frein à main sur la parcelle de Duma 8… et là, oui en effet, problème technique avec retour au stand obligatoire.
A peine arrivé, déjà un autre tracteur au stand avec Richard au téléphone, grise mine, et un froncement du front symptomatique. Si si, on commence à le connaître.
Bilan, une grosse panne avec obligation de couper en deux le tracteur pour aller remettre en place une vis “machin” qui, ayant lâché, ne permet plus au tracteur d’avoir de marche arrière.  Deux semaines d’indisponibilité. C’est ballot… C’est pas comme si c’était le tracteur qui assurait le rognage. Et j’entends dans ma tête : “Zen, soyons zen…”
Et allez, on dételle et on adapte le montage à un autre tracteur. Tout en cherchant déjà comment trouver le gentil commercial qui va bien vouloir me prêter un tracteur vigneron.  Quelques coups de fils et on va trouver une solution.
Pendant ce temps, démontage du fameux vérin électro-mécanique (j’en connais des mots techniques…) de l’effeuilleuse. Après 30mn de bataille acharnée, diagnostic : aller sur Libourne pour trouver le kit qui va bien. Re-Combo, 25mn aller et 25mn retour.
50mn plus tard, donc, remontage de la pièce défectueuse et adaptation électrique finale qui rend la rogneuse fonctionnelle. Jean-Michel repart. Yes, première victoire.
Puis, la Pellenc repart enfin. Yes, deuxième victoire.
Mais 15mn plus tard, coup de téléphone : “Tu vas pas me croire, j’ai crevé roue arrière…”. Avantage partie adverse…
Et là, il est 12h30… Après négociation avec le dépanneur et un passe-droit bien négocié, il arrive à 14h30 et nouveau départ à 15h30. Re yes, retour gagnant c’est reparti.
Pendant ce temps, le pulvé tourne, la météo tient… Non, non, je ne pense à rien c’est promis…
La journée s’avance, les machines s’enchaînent, il est 20h on tient le bon bout d’autant que Météo France annonce 10 à 20mm de pluie entre la fin de soirée et cette nuit.
20h10, la Pellenc arrive au château contre toute attente (????). Ça sent pas bon, c’est pas prévu… Et oui, l’autre vérin a lâché lui aussi. Un vendredi soir, les pièces, vous pensez bien que…  Et là, on se dit : JDM.
Plus de Richard, donc, free style entre Philippe et moi. On retrouve un vieux vérin cassé, et là, l’idée géniale : on va en faire un avec deux… (la naïveté des débutants parfois…). Après, 30 coups de marteau sur les doigts, une projection de limaille que m’entaille la joue et quelques belles injures, on y arrive, les deux vérins sont démontés. Sauf une petite pièce filetée que l’on s’empresse de défaire, et là, on entend “bing, bing, bing, bing…” et l’on voit passer quatre ou cinq petites billes… Silence. On se regarde… et l’on sait que nous venons de nous faire rattraper par notre côté débutant…
Plus moyen de faire autrement que de se débrouiller demain matin pour trouver des pièces. 22h30 : fin de la journée. Romain finit sa machine avec les phares. Plus que 0.5ha à faire demain matin si la météo se trompe. On croise les doigts. Allez, au dodo.
Lendemain matin, levé tôt et coups de téléphone partout qui me permettent de trouver enfin la pièce dans le seul atelier agricole ouvert dans la région. Et bien sûr, ce n’est pas une grosse structure… Vive le petit épicier du coin… Merci Fabien Clabé ;-)
Arrivée à Reignac à 8h30. Philippe est là. En 15mn tout est remonté, on est trop forts. Et en plus ça marche. Et là, là, je vous promets, on a un réel sentiment de satisfaction qui vous fait presque croire que l’on peux refaire soit même l’embrayage du Massey arrêté la veille… Quoi que, peut-être pas quand même…
Philippe repart. Il a plu cette nuit, 3mm, suffisamment pour nous empêcher de traiter. Après concertation, on redémarre à 14h30 pour la dernière machine.
15h, le Bobard repart, “put…. ça se couvre de nouveau !”
18h, ça va tomber, c’est sûr…
19h30, ça y est il pleut… “Pfuff,  on est passés !” (13mm en 10mn…)


Mais bon, c’est décidé, Richard, non seulement les vacances à Lacanau, c’est fini, mais en plus pour la retraite, n’y pense même pas on a trop besoin de toi… ;o)




Nicolas.

Commentaires(2)


  1. c’est la vie de chateau …… ah si tout allait bien ca ne serait pas marrant ……c’est la vie comme me dis souvent …..comment il s’appelle deja le monsieur avec une queue de cheval tres sympathique ?
    allez felicitation, on est une bonne equipe et on va y arrivé.


  2. C’est certain, mais en tout cas, ce n’est pas la vie de châtelain…

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