Le blog

de REIGNAC

Shares

La gratouille du caillou…

26 juillet 2012 | Par Nicolas Lesaint
Le travail des sols sous le rang, c’est pas si simple!
C’est vraiment enfoncer des portes ouvertes que de le dire mais c’est bien aussi de le faire, et d’en parler pour que tout le monde se rende bien compte que si le désherbage chimique a pris tant d’ampleur, ce n’est pas uniquement par fainéantise du viticulteur ou simplement par souci de baisser ses coûts de production. Mais peut-être parce que ce n’est pas si facile que ça de travailler les sols !
On le sait : plus l’exploitation devient importante en taille et plus la question devient évidente de savoir s’il faut se situer dans un itinéraire technique refusant à 100% le moindre produit de synthèse qu’il ait une vie courte ou pas. Ou si la raison économique va faire que ce type d’ambition ne pourra être visée que lorsque cette même exploitation aura pris suffisamment d’ampleur pour supporter de telles contraintes humaines et techniques.

Quoi qu’il en soit, cela ne m’a jamais paru une hérésie que de travailler de différentes manières sur une même propriété à condition que ce soit pour préparer un basculement complet, un jour, lorsqu’enfin, la conjoncture le permettra. Si c’est juste pour faire un produit marketing et dire moi je sais faire du Bio mais uniquement sur 10% de ma propriété, désolé mais ça ne m’intéresse pas, ou juste pour une expérimentation et encore.

C’est dans cette optique que je vois les choses et que, petit à petit, nous perfectionnons notre technique de travail en l’adaptant à la taille de l’exploitation.
Il faut toujours chercher à imaginer un mode de travail qui soit adaptable à une grande superficie en bousculant le moins possible les impondérables que sont : le nombre de chauffeurs et le nombre d’outils à avoir pour atteindre la réactivité indispensable au succès.
L’idée est, dans un premier temps, de passer au travail mécanique sous le rang pour les terroirs qui s’y prêtent le mieux pour nous : les Graves.
Même si ce sont des sols très usants mécaniquement, ils ont l’avantage de se re-salir moyennement vite, contrairement aux Argiles.
Cela fait deux ans que nous expérimentons un outil à lames, le Braun, en frontal sur un tracteur  vigneron. Ainsi qu’un jeu de disques buteurs.
L’outil marche bien mais il connaît ses limites pour ce qui est de l’éradication autour des pieds et au niveau des piquets. Et puis un seul type d’outil ne suffit  pas. Une année, ce sont les lames qui seront idéales, l’année qui suit ce sera… autre chose.


Pour ce qui est de l’usure, la solution est trouvée par l’intermédiaire de cette fameuse modification au carbure… J’estime qu’une paire de lames et un chauffeur permettent de maintenir en état 16ha de vignes à 1.50m. Nous en avons 70. Faites le calcul vous-mêmes…
Si l’on ne retient que les “vraies” Graves, cela ne fait plus que 40ha environ. Il nous faut donc imaginer d’autres outils.


C’est pourquoi, vendredi dernier, petite démo sur la propriété, d’outils qui pour moi sont l’avenir du travail sous le rang puisqu’ils sont efficaces mais en plus rapides : entre 4 et 7km/h en vitesse d’avancement. D’où l’aspect réactivité…
Quand on sait que lorsque l’on pratique les quatre façons (très prisées dans le Libournais), les vitesses d’avancement sont très lentes : 1.5 à 2km/h, vous comprenez que c’est in-envisageable de les adapter à Reignac et à ses 70 hectares. Ou alors sur une dizaine d’hectares en sachant qu’il faudra trouver autre chose pour aller plus loin.
Non, une fois de plus, raisonnons à grande échelle puisque nous sommes à grande échelle.


Les deux outils testés sont commercialisés par la société Naturagriff et sont sur le principe classique de la herse rotative inter-ceps, mais à base de lames de rotavator, pour les connaisseurs, donc, les pièces d’usures ne coûtent rien.
Le deuxième outil est plus original et permet de travailler à de hautes vitesses tout en nettoyant très proche des pieds sans les blesser : une brosse métallique à grands brins.



Donc, petite démonstration de gratouille, ici sur des Argiles, puisque l’outil n’était malheureusement dimensionné que pour des vignes plantées à 1.80m. Comme il nous en reste encore une ou deux, voici ce que ça donne :

La rotative inter-ceps

La brosse inter-ceps

Et le combiné lames Braun et brosses inter-ceps
(pour faire plaisir à Jean Michel, et c’est vrai que c’est pas mal du tout !)


Moi, ça me laisse… rêveur…
Avec plein de petites idées du style d’adapter cet ensemble sur notre Bobard qui ne fait que du traitement. Et ainsi faire deux rangs complets à chaque passage…
Que voulez-vous, à chacun ses plaisirs !


“Je gratouille, tu gratouilles, il gratouille, nous gratouillons,…”


Nicolas.

Un commentaire ?

Vous avez aimé ce blog, vous aimerez sans doute ceux-là :


  • Contact
  • Boutique
  • Vidéos
  • Blog
  • Facebook
  • Twitter
  • Google+
  • Youtube
  • Instagram
  • Tripadvisor