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My Suzukii is not fantastic !

12 juillet 2012 | Par Nicolas Lesaint
Attention, vous êtes observés…
Charmante bestiole qu’il va vous falloir connaître et bien observer car elle arrive en force. Non, ce n’est pas une mouche classique du type de la belle verte qui survole vos poubelles. Ce n’est pas non plus tout à fait cette petite Drosophile très attachante que vous avalez sur votre tracteur sans cabine pendant les vendanges, mais on s’en rapproche.
Cette charmante  bêbête est en train de faire ce qu’a fait avant elle le Phylloxera en 1863 ou la cicadelle (Scaphoideus titanus) vectrice de la Flavescence dorée ou encore de la Cicadelle pruineuse (Metcalfa pruinosa) en 1985 ou enfin le fameux frelon asiatique. C’est-à-dire envahir une zone géographique qui n’est pas la sienne et trouver sa place au détriment de ses hôtes.
Nous avons à faire à une Drosophile japonaise : Drosophila suzukii.
C’est une fois de plus une introduction accidentelle qui est à l’origine de son développement dans nos régions. Vive la mondialisation des échanges !!

Ce Diptère est capable de produire jusqu’à 13 générations par an et trois générations de femelles peuvent donner 27 000 000 d’individus… Ça en fait des asticots pour aller à la pêche !

(Drosophila suzukii)
De par son comportement, c’est une véritable menace pour de nombreuses cultures fruitières dont le raisin. Contrairement à la majorité des autres Drosophiles qui s’attaquent à des fruits très mûrs, pourris ou tombés au sol, celle-ci est capable de s’attaquer à des fruits intacts en cours de mûrissement.

En Aquitaine, en Dordogne et dans le Lot et Garonne, en 2011, 440 tonnes de fraises ont ainsi été perdues à cause de cet insecte.
Drosophila suzukii est donc tout à fait capable de s’étendre sur les territoires viticoles. Elle a été observée dans le vignoble suisse et en Italie. Elle serait suspectée d’être en plus vectrice de nombreux germes favorisant la pourriture du raisin (champignons, levures).
C’est pourquoi une grande campagne vient d’être lancée afin de l’étudier de plus près et ce sur l’ensemble des vignobles européens.

A priori, l’utilisation d’insecticides ne suffira pas pour maîtriser ce nouveau ravageur car il semblerait que l’on puisse s’attendre à ce que Drosophila suzukii développe rapidement des résistances. Sans compter que ces traitements seraient effectués pendant les récoltes puisque les attaques surviennent peu avant. Il faudra développer de multiples stratégies à long terme pour assurer une maîtrise durable et efficace.
La couverture du vignoble par des filets (maille 0.8mm) serait très efficace, mais bonjour la mise en oeuvre…

Le plus efficace resterait le piégeage de masse mais il faut poser un piège tous les deux à dix mètres… D’abord autour de la pièce puis au sein même de celle-ci (ils sont au vinaigre de pomme).
Donc, rien de très simple, mais en tout cas on nous annonce de gros soucis en perspective. Une fois de plus on méditera l’impact de l’homme sur les équilibres fragiles des prédateurs et  de leurs proies.

A quand la solution “écologique” d’introduction du prédateur de ce Diptère ? Solution qui je l’espère se fera à l’aide d’une espèce endémique à nos régions européennes.
S’il vous plait, ne renouvelez pas l’erreur de la coccinelle asiatique…
D’avance merci.

Nicolas.

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