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Désinformer, c’est toujours informer ?

4 septembre 2012 | Par Nicolas Lesaint


Comme chaque matin, en faisant les vingt minutes de route qui me séparent de Reignac, j’écoutais la radio.
Tout en somnolant encore de la nuit passée et en finalisant dans ma tête mon embauche du matin mon esprit vagabondait et je pensais à ma Lilou en train de faire sa rentrée en CM1. Déjà.
Même si actuellement l’organisation n’est pas très compliquée, j’aime bien ce moment, juste avant l’embauche, ou tout est possible et ou je peux décider de bien des choses qui auront un impact direct sur l’avancement des différents travaux.
Après deux pages de pub pour Carglass et MMA, j’entendais alors Bruce Toussaint et toute l’équipe d’Europe1 m’expliquer les affres de la politique française et de ses petites rivalités intestines qui ont fait que le français se passionne actuellement de moins en moins pour cette “incroyable” succession à la tête de l’UMP…
Bref, après une présentation du septième candidat à ce poste, voilà t’y pas qu’on décide de nous parler des vendanges. Mon esprit s’illumina au son de ces quelques mots et j’attendais avec impatience de savoir quelle allait être la région mise en avant.
C’est alors, que très professionnellement, une voix féminine très sensuelle nous dit : 


” Et bien oui, Bruce, cette année les vendanges ont déjà débuté dans de nombreuses régions de France et en raison des conditions climatiques rencontrées cette année, la récolte sera mauvaise (!!!!!!!), mais le recrutement des saisonniers est quand même en cours…….. blablablabla !!! “

Quand est-ce-que ces gens là arrêteront de faire du sensationnel ? Arrêtez de caricaturer un millésime qui n’est pas encore rentré.
Que ces journalistes prennent un peu plus de temps et qu’ils enfilent leurs bottes et leur plus beau chapeau pour parcourir des vignes qu’ils ne voient que du bout de la route lorsqu’ils font le trajet dans leur joli break 308 Peugeot entre leur station-repère et le vigneron qu’ils ont choisi d’interviewer.

” Dis moi Martine, il me faudrait un billet sur les vendanges 2012, hein? Mais du croustillant, du sensationnel, du bien juteux pour faire parler dans les chaumières. Tu peux me faire ça pour ce soir, c’est pour faire 1mn au bulletin de 20h …”
”  Mais j’y connais rien moi, j’ai jamais vu un pied de vigne “
” T’inquiète pas, ça se verra pas, demande à Raymond de t’accompagner, ses grands parents cultivaient la patate, il t’expliquera… “

Qu’on arrête de casser un millésime qui n’est pas encore achevé et qui pour de très nombreux viticulteurs sera un bon millésime.
Comme le dit Paul-Marie, nous nous en sortons très bien, août aura été incroyable et septembre se présente comme une magnifique dernière ligne droite.
Pourquoi faudrait-il se battre pour être le premier à donner le résultat d’un travail d’une année  avant que celui-ci ne soit achevé. Malheureusement, nous sommes dans le règne de l’info rapide, du twitt ravageur quel que soit son contenu.
Oui, info rapide, pré-digérée où les plus grandes généralités sont les meilleures. Quand on voit ce que l’on dit de notre métier, que l’on connait, que l’on pratique tous les jours et que l’on comprend parfaitement, on est en droit de s’interroger sur la qualité des infos dans des domaines que l’on connait peu ou pas du tout.
Où se trouve la limite entre la désinformation, l’orientation éditoriale et la volonté de tout noircir ?
Désolé c’est la Crise. Vous savez la Crise… Celle qui vous plombe votre quotidien et qui vous condamne à des millénaires de morosité. Le monde s’écroule, le climat s’effondre il n’y pas d’avenir pour vos enfants, prenez vos anxiolytiques et allez vous couchez, ça vaudra mieux ! Mais rendez-vous à la même heure pour notre prochain journal où nous vous expliquerons pourquoi, quoi que vous fassiez, ça ne marchera pas…

Alors Messieurs les journalistes parisiens qui pouvez utiliser des réseaux de communication qui nous sont totalement inaccessibles, ménagez vos effets de manches et venez plutôt dans nos vignobles goûter nos raisins et déguster nos cuves et vous verrez que 2012 fera parler de lui et certainement pas comme un vin misérable et dénué de tout intérêt.

Ne confondez pas 2012 et Deuxmillediouze… ;o)

Voyez ces quelques photos prises ce matin. Moi, désolé, j’ai vraiment envie de goûter les jus que donneront ces raisins.


Le raisin est beau, la vigne est belle et le soleil est là. Attendons d’avoir rentrés les premiers jus à la maturité que l’on aura recherchée pour parler des vins de l’année.

Que demander de plus si ce n’est un peu plus d’humilité et d’acceptation du fait qu’on ne peut pas toujours prédire l’avenir le premier, surtout en 1 minute et après avoir découvert l’univers de la vigne et du vin 24h avant d’avoir fait son article…

En revanche, ils ont pu confirmer l’observation que je vous avais faite il y a quelque temps, 15000 espagnols sont attendus en France comme saisonniers pour ces magnifiques vendanges à venir… Cette année, il est possible que nos vins aient un goût de Tempranillo… J’en suis certain, je suis un visionnaire !

Nicolas.

Commentaires(2)


  1. Ça me fait penser à une rencontre avec des vignerons de Léoville-Poyferré. C’était à la fin du mois de septembre 2008. Nous avons passé une bonne heure à papoter. C’était dans le secteur dit de Moulin Riche.
    Et à un certain moment, ils me font part de leur amertume face aux premières impressions du millésime 2008. Forcément, le jugement n’était pas tendre : les journalistes l’avaient déjà enterré alors même que les raisins n’avaient pas été coupés…


  2. C’est un peu comme 2011 aussi où avant de le goûter, certains disaient de lui qu’il ne présentait aucune espèce d’intérêt…

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