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Ce qu’il y a de bien avec les week-end, c’est qu’on peut se reposer…

14 octobre 2012 | Par Nicolas Lesaint
On se repose peut-être, mais pas sur nos lauriers en tout cas parce que ce week-end, ce fut plutôt ” Poussez-vous, je passe, mon raisin est mûr ! “.
Et tant pis pour les adeptes de la grasse matinée.
Une récompense quand même, j’ai pu assister samedi matin à ce superbe levé de brume sur notre étang et au décollage d’une bonne trentaine de canards sauvages qui s’y reposaient. Magnifique… Les fans d’Anatidés comprendront… ;o)

Donc, certes nous avons poursuivi la rentrée de nos Merlots, mais Olivier et moi, nous sommes accordés une petite pause technique en répondant au doux chant des sirènes des commerciaux qui nous avaient proposé d’aller assister à une démonstration de deux nouveaux outils vinicoles. Un nouveau système d’égrappage créé par la société SOCMA déjà très imaginative dans le domaine et surtout une nouvelle trieuse optique de chez DEFRANCESCHI. Cette dernière, dont on nous avait déjà parlée cet hiver, est, parait-il , révolutionnaire.
Mais, il parait que l’I-phone5 est, lui aussi, une révolution, alors…
L’important étant, comme disent les Guignols de l’info, que si eux ce sont les pommes, nous ne sommes pas forcément des poires… ;o)

L’an dernier nous étions allés voir la trieuse optique de chez PELLENC et honnêtement je n’avais pas du tout été convaincu par l’engin et encore moins par son prix.
La première visite que nous avons pu faire nous a permis de voir le premier outil.

Ce nouveau système semble en fait être un compromis entre les différents systèmes d’égreneurs actuellement disponibles. C’est un mixte entre celui monté sur les machines à vendanger BRAUD et celui existant sur les machines PELLENC.
Les grappes étaient ici récoltées à la main, mais au final, avec ce système d’éraflage, on se retrouve à faire au chai ce que les machines à vendanger font au vignoble. La différence étant que les pieds ne sont pas secoués et que cet éraflage est réalisé le plus proche possible de l’encuvage.


C’est un système qui parait robuste, simple de réglage et d’utilisation et qui assure un bon débit de rentrée de vendange.
Je pense sincèrement que si je devais refaire une réception de raisins, c’est plutôt vers ce genre de système que je regarderais plutôt que vers les érafloirs classiques. Mais j’avoue que l’égreneur PELLENC fonctionne aussi très bien.

La deuxième visite est celle que l’on attendait quand même avec un peu plus d’impatience. Là, c’était une vendange mécanisée sur des Cabernets Sauvignons qui devait donc être triés optiquement par cette machine superbe, incroyable, révolutionnaire, que si vous en achetez deux vous en avez une gratuite… Elle est belle, elle est belle ma machine ! Elle est surtout bien grosse…


Il est vrai que le mode d’identification des baies moins mûres est différent de ce qui existe actuellement sur le marché. Directement issue de l’agroalimentaire, où trier des fraises des framboises ou des petits pois n’est plus un problème, la sélection ne se fait plus par une reconnaissance de formes prédéfinies mais par une mesure au micro-poil de la teneur en chlorophylle de la baie… Les baies sont amenées sous la forme d’une lame mono-couche par un tapis tournant très rapidement devant deux caméras qui sous un éclairage infra rouge mesurent leurs taux en chlorophylle. L’information est alors envoyée à toute une série de buses qui expulsent, par des jets de pression, les baies que l’on estime pas assez mûres. Là, on peut régler comme on veut.
Ceci fait, nos baies mûres encore mélangées avec divers débris, continuent leur bonhomme de chemin vers la dernière caméra, qui elle, identifie par reconnaissance de formes ces fameux débris qui sont alors évacués de la même manière que précédemment.
Bon, là c’est la théorie qui voudrait qu’en plus tout ceci puisse se faire à 8 tonnes de raisins traités par heure ( je sais que ça parlera aux professionnels qui liront ).
Voici maintenant la réalité :


Je dois avouer qu’on a été bluffés. Honnêtement, je pense avoir vu là la première véritable trieuse efficace sur le marché. En plus, pas d’alimentation en eau en continu, pas d’arrêt intempestif au milieu de la journée pour tout nettoyer mais une machine au final qui demande quand même 40 minutes de lavage le soir ( Tout ceci expliqué par le maître de chai ).

(Avant)
                                                                         (Après)
(Les déchets évacués)

Reste le prix.

” Approchez, approchez ! Et oui, mesdames et messieurs, pour la modique somme de ——  euros vous pourrez faire l’acquisition de ce petit bijou de technologie. Ce superbe concentré d’électronique que nos techniciens, en personne, viendront chaque année réviser et programmer pour vous afin de n’avoir aucun souci en cours de campagne. Certes elle ne marchera que quinze jours maximum dans l’année et vous mettrez un peu de temps à l’amortir mais à coup sûr elle saura faire votre bonheur… “

Alors, Olivier et moi sommes rentrés à Reignac, plein d’idées dans la tête. Mais rassurez-vous, nous n’avons pas acheté le magasin qui pourtant avait l’air d’avoir plein de choses fortement intéressantes.
Nous avons retrouvé notre chai à la même place.
Les Merlots rentraient toujours dans nos cuves à un rythme honorable et nos quatre trieuses professionnelles assuraient toujours la transformation magique du raisin en caviar…

Sauf que elles, elles le faisaient en chantant… ;o)

Nicolas.

Commentaires(2)


  1. et oui nous faisons cela dans la joie et la bonne humeur…

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