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ERDF fait-elle désormais partie du Terroir ?

25 octobre 2012 | Par Nicolas Lesaint

Le ciel attendait donc bien sagement que nous ayons achevé de rentrer notre vendange pour se lâcher et libérer sur nous quelques 60 mm de pluie en trois jours… J’ai même entendu parler de 100 mm sur le Libournais. Apparemment quelques viticulteurs espérant aller encore plus loin dans leurs maturités ce sont fait surprendre et commençaient leurs ramassages juste avant hier… A mon avis le sommeil du maître de chai doit être difficile en ce moment et je ne suis pas certain que le calcul aura été gagnant.
Mais, chacun doit faire ses choix et les assumer jusqu’au bout, c’est bien là l’essentiel. Je remarque que bien souvent des erreurs de ce type, puisque pour moi c’est une erreur d’avoir essayer de sauter ce week-end catastrophique, viennent d’un cloisonnement trop important des responsabilités et des secteurs techniques d’une entreprise. A trop vouloir prendre d’avis à droite ou à gauche ou de conseils éclairés, on se retrouve dans la situation où tous les avis sont en présence et où personne n’est prêt à assumer ses décisions en renvoyant vers l’autre les conséquences d’un avis trop vite entériné.
Trop d’avis tue l’avis c’est bien connu. L’oenologue, le régisseur, le chef de culture, le maître de chai et le propriétaire sont autant de personnes qui n’ont pas les mêmes attentes et les mêmes visions techniques concrètes du terrain qui font que malheureusement lorsque la décision est prise de tout rentrer, cela ne peut pas forcément se faire en deux jours et un claquement de doigt…
L’humain, la technique et surtout l’éternelle loi de l’emmerdement maximum font toujours régner une part d’incertitude quant au respect des délais autorisés par le raisin et son terroir. Quand ce n’est pas ERDF qui, pour des besoins de travaux sur votre ligne, vous programme une coupure, oh, de quatre heures max, et qu’elle dure en fait toute la journée alors que vous avez besoin de chauffer, de refroidir ou de faire des remontages… Suivez mon regard, ce fut ça hier à Reignac… Et qu’on vous dit :” mais non monsieur, relisez votre contrat, nous avons obligation de vous prévenir mais pas d’adapter nos chantiers à vos besoins ni de vous fournir des groupes pour compenser vos besoins techniques, et ce, à partir du moment où la coupure n’excède pas quatre heures. Au revoir monsieur…” Pour moi, messieurs, quatre heure de coupure, ce ne sont pas huit heures !!! Ou alors peut-être en comptant en bureaucrate…
Mais hier après midi, bien évidemment personne n’était joignable et tous les responsables avaient des réunions de secteur très très importantes… 
Et là, vous vous dites heureusement que je ne suis plus en train de rentrer du raisin !
ERDF peut désormais être une nouvelle composante du terroir, c’est certain… Je l’ai compris hier… ;o)

Mais heureusement pour nous, l’info circule bien à tous les niveaux et l’écoute de chacun, entre la vision que Mikaël a du millésime, ma connaissance du terroir, des parcelles et de leur historique, le contrôle d’Olivier pour la logistique de réception et d’encuvage et la confiance de M. Vatelot face à nos décisions de démarrer, d’arrêter ou d’accélérer, fait qu’une fois de plus nous ne nous sommes pas fait surprendre cette année. Et c’est tant mieux.

Aussi, la typicité du millésime se précise. Maintenant que cinq ou six lots sont secs et que nous sommes en pleine macération post-fermentaire on commence à y voir plus clair.
Ce sera très certainement un millésime de rondeur et de structure tannique à la fois charnue, charmeuse équilibrée sans accroche ni tanins collants. Cette bonne acidité nous garantira un millésime de garde c’est certain pour les cuvées de Reignac et de Balthus, qui certes, n’atteindront pas 2009 ou 2010, mais devraient s’approcher d’un 2008 bien réussi à Reignac.
Nous sommes certainement face à un peu plus d’hétérogénéité qu’en 2011 à Reignac, mais ce dernier avait nécessité des macérations post-fermentaires plus poussées que ce que l’on fera très certainement cette année, pour acquérir le gras nécessaire à une masse tannique très rapidement extraite.
Pour ma part je commence à bien voir ce 2012 entre 2008 et 2011, plus charmeur qu’un 2011 mais peut-être un peu moins puissant qu’un 2008.
Mais bon, cinq lots sur vingt trois ne peuvent donner qu’une tendance et le visionnaire que je suis a quand même besoin de laver ses lunettes et d’attendre un peu que le temps fasse son oeuvre pour être aussi affirmatif que ce que je viens d’expliquer.


Pendant ce temps, la vie reprend au vignoble et depuis hier nous pouvons rouler dans certains secteurs pour travailler les sols et buter les dessous de rangs travaillés mécaniquement toute l’année. Ce butage que je veux absolument respectueux de l’enherbement naturel des fonds se fait à l’aide de nos fameux disques trancheurs adaptés à du chaussage.

Tant pis pour les engrais verts, il faut se faire une raison, c’est cuit pour cette année mais au moins les Graves pourront être travaillées dans l’idée permanente de faire plonger le système racinaire qui rendra la vigne beaucoup moins sensible à la pluviométrie d’avant vendange et plus résistante au stress estival.


Demain c’est notre repas de fin de vendange. Cela marquera définitivement l’achèvement de cette récolte 2012. Nous seront quarante huit personnes et peu de saisonniers se sont désistés.
C’est bon signe, l’ambiance fut bonne pendant toute la récolte et je ne doute pas qu’elle le sera demain quand arriveront les premiers plats et les premiers vins… ;o)

Nicolas.

Commentaires(1)


  1. merci pour ce repas très convivial et de plus excellent comme toujours

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