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J’ai quelques picotements au bout des doigts…

15 octobre 2012 | Par Nicolas Lesaint

Ce matin, en sortant pour prendre la route qui me mène désormais vers un lieu que mon Batcombo connait parcoeur, je me rends vite compte que les conditions météorologiques ne correspondent pas, une fois de plus, à celles qu’avait prévues Météo-France.
Déjà, c’est vrai, j’aurais dû m’en douter, mes chats ne se sont pas jetés contre ma porte fenêtre pendant toute la durée de mon déjeuner, c’est donc qu’ils sont au chaud, quelque part, et qu’ils attendent d’être certains d’avoir une ouverture pour se risquer hors de leur cachette…
Vous devriez essayer, ce sont de très bons thermomètres extérieurs…

Grand ciel étoilé, petite buée aux lèvres et petits frissons face à une transition toujours un peu brutale vers l’extérieur. Et oui, ce matin à cinq heure trente, il fait 3°C. Ça veut dire que tout à l’heure, au levé du soleil, la température va plonger et que le bout des doigts de ma main droite vont certainement me picoter… Je parle déjà comme un vieux !

A vrai dire, je crois que je n’ai jamais achevé une campagne de vendange sans avoir à affronter deux ou trois jours de gelées. Ça aidera peut-être à adoucir la dureté des tanins de certains Cabernets situés dans des bas de côtes et toujours un peu longs à atteindre la finesse tannique souhaitée.
Il y a en particulier une parcelle que nous appelons ici Noyer 3, qui en général est la dernière à être récoltée justement pour cette raison. Que ce soit en 2009, 2010 ou 2011, nous l’avons toujours vendangée un matin de gelée et le fait est, mais c’est peut-être purement psychologique, qu’on l’a toujours trouvée moins “accrocheuse” après la gelée que la veille ou l’avant veille. Alors pourquoi pas chercher à le faire aussi cette année.

Finalement, le mercure ne s’est effondré que jusqu’à 2°C et il semblerait que le temps se recouvre dès ce soir, ce qui veut donc dire que les températures resteront largement positives dans les jours à venir. Pas de cryoextraction naturelle cette année sur Noyer3 dont c’est le chant du cygne puisqu’elle sera arrachée cet hiver.

Le chai, quant à lui, est en pleine montée en puissance entre les cuves en fermentations qui sont maintenant nombreuses, la réception des Cabernets sauvignons, les remontages, le deuxième lot de Balthus que l’on entonne demain, les rotations des barriques des vinifications intégrales et la fatigue qui arrive, pas le temps de s’arrêter, ou si, juste le temps d’un casse-croûte accompagné ce matin d’un excellentissime Côte Rotie de Cuilleron, La Madinière 2008, apporté par Tristan.


La troupe est là, gantée, “bonnetée” avec écharpes et gants pour certains, sauf ceux qui, naïvement, n’avaient pas anticipé cette chute des températures. Les doigts sont très vite gourds et j’entends bien souvent quelques beaux jurons envers ce temps qui malgré ce qu’on en dit, est de saison.
Mais le ramassage avance bien, du moins au même rythme que les autres jours et le raisin arrive régulièrement jusqu’à la table de tri où ce matin j’avoue que je n’aimerais pas être à la place des trieuses parce qu’il n’y a aucun échappatoire possible, les doigts sont plus que jamais exposés.

Et là, je suis certain que si elles ont lu mon dernier billet, elles doivent se dire que parfois, la technique peut quand même avoir de bons côtés
Nicolas.

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