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Sous le soleil exactement…

29 octobre 2012 | Par Nicolas Lesaint

Le fonctionnement du vivant est certainement la chose la plus complexe qui puisse exister et vouloir le comprendre entièrement m’apparaît comme une douce utopie.  Cependant, même à notre niveau de viticulteur, certaines pièces de ce puzzle extrêmement complexe peuvent parfois apparaître et nous montrer des liens avec un environnement que notre civilisation n’a malheureusement plus besoin de prendre en compte dans son quotidien. Jusqu’au jour où, directement concernée par les conséquences d’un évènement naturel planétaire, la Nature se rappelle à vous.

Ce qu’il faut d’abord bien comprendre, c’est que nous sommes avant tout chimiques et que notre fonctionnement biologique et physiologique est dépendant de cette chimie moléculaire et nucléaire. Nous sommes constitués de 80 à 90% d’eau, le reste étant des éléments minéraux, des vitamines, des protéines etc…Il en est de même pour tous les végétaux ou les animaux, toute proportion gardée de ces différents éléments les uns par rapport aux autres en fonction des espèces. Mais les bases sont bien sur les mêmes.
Pour une plante, l’environnement, ce sont le sol et l’atmosphère qui l’entourent avec des chimies bien différentes en fonction des terroirs : pédologie, exposition, historique d’activités agricoles, etc.
Dans ces sols, on va rencontrer différents éléments nutritifs, de la matière organique, des éléments plus ou moins grossiers (graviers, limons, argiles) et un ensemble de micro-organismes (champignons, bactéries) qui participent plus qu’activement à la vie du sol et à un ensemble de phénomènes chimiques permettant à celui-ci d’être exploitable ou pas par les végétaux.
Ce sont des simplifications rapides et je sens déjà certains sous-entendre que tout n’est pas si simple, mais, en tout cas c’est la vision que j’en ai et elle me permet de mieux visualiser les choses.
Pour ceux qui se rappellent un peu de leurs cours de chimie, je dirais que la vie est “oxydo-réduction”. Mais si, vous savez bien, les échanges d’électrons d’un côté et de protons de l’autre…
Si l’on s’intéresse un peu à cela, on se rend compte que les voies physiologiques capitales pour une plante sont toutes des réactions de réduction : le cycle de Krebs (la respiration), la photosynthèse, les différentes synthèses protéiques,  les synthèses lipidiques, la fixation de l’azote, etc. Bref, les conditions réductrices dans les sols et au niveau intracellulaire pour une plante semblent plus que favorables au développement du végétal.

En revanche, des études récentes ont montré que les conditions oxydantes sont défavorables au vivant. Vous savez bien, vous avez vu ces pubs faites pour vous pousser à consommer toujours davantage d’Omega3 et ou on vous a expliqué l’effet négatif sur votre santé des acides gras poly-insaturés. Et bien pour un végétal, il semblerait que le développement agronomique soit plus propice dans des sols en situation réductrice qu’oxydante (en simplifiant beaucoup parce que c’est quand même très complexe).
C’est la rhizosphère (extrémités des racines) qui est capable, par toute une série d’exsudats de modifier localement le milieu pour le rendre exploitable.
En revanche, bon nombre de bactéries et de champignons pathogènes se développent, eux, préférentiellement dans des milieux oxydants (aérés).
De la même manière, les micro-organismes des sols bénéfiques à une bonne minéralisation des éléments nutritifs et à la stabilisation de la matière organique des sols ont besoin d’oxygène. Voilà pourquoi, à notre niveau de viticulteurs, on s’adapte et on cherche à aérer les sols à l’automne, pour oxygéner ces quarante centimètres de terre arable et ainsi dynamiser leur vie microbienne.


En revanche, en saison estivale, pour moi, l’aération n’a pas d’intérêt agronomique, risquant alors de favoriser certains pathogènes comme le court noué.

Pour la partie aérienne, l’action est malheureusement moins simple. Comment favoriser une situation intracellulaire réductrice pour que la physiologie fonctionne bien et que les pathogènes ne s’installent pas facilement ? Personnellement, je n’ai pas la réponse.
J’entends certains biodynamistes parler de l’utilisation de la silice comme d’un élément solaire permettant de renforcer cette résistance. Peut-être est-ce sur ce principe réducteur, je ne sais pas, mais l’explication qui en est donnée ne me convainc pas trop. Quoique…
Voici le rôle qu’ils lui donnent : 
“La silice corne s’adresse plus particulièrement à la partie aérienne des plantes. La pulvérisation de silice de corne agit comme un surplus de lumière solaire pour la plante. Elle freine une trop grande luxuriance et favorise la structure des plantes qui deviennent plus résistante aux maladies particulièrement aux maladies cryptogamiques”.

Je dis, quoique…, parce que cela pourrait rejoindre ce que je disais plus haut sur le terrain favorable chimiquement (niveau d’oxydation) pour un pathogène. Maintenant est-ce que cette forme précise de silice est la plus appropriée ou existe-il des formes de silice organique qui, elles, pénétreraient dans le végétal et seraient plus efficaces, comme on me l’a laissé entendre…

D’où l’intérêt d’échanger nos connaissances pour comprendre et agir.

Ce que je sais, c’est que ce millésime 2012 aura été un peu partout en France très compliqué pour ce qui est de la lutte contre les ravageurs. La pluviométrie est une chose mais de façon surprenante certaines personnes avec lesquelles j’échange, me parlent aussi d’explosions de mildiou même en conditions sèches, choses difficiles à comprendre. Et si l’explication venait d’ailleurs. Et si pour une fois nous nous rappelions que nous sommes sur une planète elle même placée dans un espace lui-même dans un système solaire, etc.
Si l’on fait cela et que l’on se documente un peu, on peut se rappeler que cette année, un évènement solaire rare a eu lieu, annoncé comme catastrophique pour notre modernisme électronique et qui finalement n’a eu pour conséquence directe que de dérouter certains vols loin de nos pôles : début mars 2012 puis en juillet, d’importantes éruptions solaires ont générées des tempêtes géomagnétiques qui ont touché la terre.
Ces éruptions solaires seraient connues, lorsqu’on écoute les scientifiques, pour avoir des effets oxydants sur notre physiologie. Dès lors on peut imaginer que ces phénomènes ont eu un effet sur le niveau d’oxydation du milieu aérien du végétal le rendant plus sensible aux champignons pathogènes tels que le Mildiou. L’ensemble, cumulé à de fortes pluviométries à des moments de haute sensibilité de la vigne aura provoqué des situations explosives dans certaines régions. Parfois même quand la pluviométrie n’était pas excessive.

( “Eruption solaire du 26 juillet 2012 enregistrée par le Solar Dynamics Observatory. Une des caractéristiques les plus spectaculaires est l’ondulation de la surface du Soleil, conséquence de la puissance de l’éruption. Les ondes se sont propagées sur toute la surface du soleil avec des vitesses de 450 km/s ” ).
Le problème est qu’apparemment ceci n’est que le début d’une période très perturbée du point de vue des éruptions solaires puisque la fréquence et l’ampleur de ces phénomènes sont amenés à croître à l’approche d’un prochain pic d’activité solaire aux alentours de 2013.
Les astronomes nous disent qu’après une période d’activité solaire relativement calme, un pic devrait se produire aux alentours de cette période avec des incidences directes sur l’environnement…

Chers viticulteurs, préparez donc dès à présent vos pulvés, faites vos stocks de Silice et autres produits dont vous pensez qu’ils pourront vous servir, je ne suis ni le capitaine Flam ni Actarus, mais je sens que ce n’est pas en 2013 que l’on va pouvoir se relâcher… ;o)

Ou alors, traitez au Perrier…



Nicolas.

Commentaires(1)


  1. beau travail des sols . bravo a hassan . je peux donc me reposer plus longtemps. a bientot tout le monde et je reste en contact pour voir les avances des differents travaux .

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