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D’un caddie à l’autre…

25 novembre 2012 | Par Nicolas Lesaint
Hier après midi, courses obligatoires…
Oh, pas des achats énormes, ce n’est pas le moment de la semaine le plus propice à cela si l’on souhaite être tranquille et faire ses choix sereinement. En plus, de retour dans mon pays d’origine, j’étais dans l’un des plus grands supermarchés locaux, vous savez, celui avec un grand M que l’on peut voir à des kilomètres à la ronde pour mieux attirer le parfait consommateur que je suis. Et là, à trois heures de l’après-midi, c’était le grand rush, un véritable Tsunami de la consommation…
Moi, avec juste mon paquet de pain de mie pour préparer le pic-nic de ma fille qui a une sortie scolaire lundi, j’ai bien cru être retourné plusieurs fois par une vague roulante et trébuchante de caddies débordants de victuailles délicieusement emballées et suremballées de plastiques, de cartons et autres polymères dont la toxicité sera certainement à revoir dans quelques années…
Après quelques chocs sur mon arrière train et quelques esquives acrobatiques pour empêcher une mamie “très souriante” de me rouler sur les pieds parce que j’avais osé m’approcher des produits laitiers sans crier gare, je me suis retrouvé à imaginer mes achats quotidiens en refusant l’utilisation de ces suremballages plastiques… Essayez, vous comprendrez…
On nous dit avoir du poids sur certaines tendances économiques, mais avons-nous la moindre influence sur cet aspect-là de nos habitudes de production et de consommation en dehors de notre propre activité professionnelle ?
Prenez les produits laitiers par exemple, trouvez-moi un yaourt sans platique… Vous n’y arriverez pas car même ceux en pot de verre avec leur magnifique capsule en aluminium doré en ont. Mais si, à l’intérieur, sur la face de l’opercule en contact avec votre produit laitier. Donc, fini les produits laitiers ? Les conserves, c’est pareil. La paroie interne est recouverte de plastique. Pour les fruits et légumes frais, vous pouvez refuser la fameuse poche plastique que l’on retrouve au fin fond des océans, ça c’est encore possible, à condition que vous ne preniez pas des noisettes ou des cerises parce qu’une étiquette par unité, ça va vous occuper un moment… Une seule solution s’offre alors à vous, apporter vos propres contenants, mais là je ne suis pas certain que ce soit encore accepté partout et certainement pas là où je me trouvais samedi après midi.
Il existe des supermarchés hors de ces grandes firmes qui proposent du vrac et ainsi nous permettent de solutionner en partie ce problème mais malheureusement cela ne concerne, à ma connaissance, que les produits frais.
Essayez de trouver un dentifrice sans emballage plastique ou n’importe quelle fourniture scolaire indemne de produits non valorisables en déchets…
Alors, que faut-il faire ? Comment inverser la machine et faire prendre conscience que nous allons dans le mur ?
Mettez-vous à une de ces caisses un samedi après midi, regardez ce que les gens achètent et voyez-y la proportion de déchets générés en sachant que 80% ne seront pas valorisés mais, même s’ils sont triés, seront brulés et partiront à l’enfouissement pour des milliers d’années…
Alors, dépité et incapable de visualiser une solution à cette fuite en avant à laquelle je participe magré moi, je me suis retrouvé dans le gigantesque rayon vin de l’endroit. Et là, surprise, un calme relatif y régnait. Un havre de paix occupé par trois autres personnes, qui, chariots presque vides prenaient le temps de se pauser pour choisir le vin qui accompagnera leur prochaine réunion de famille. L’amateur de vin serait-il plus serein ?
Le temps de reprendre mes esprits et de voyager d’une région de France à l’autre en me remémorant mon étouffement précédent j’ai pu me poser dans le royaume des Madirans ou un Château d’Aydie m’attendait.
Ma bouteille sous le bras et mon pain de mie à la main, la retraversée de cette marée humaine obnubilée par le choix de la bonne caisse (celle qui ne s’arrête pas quand vous commencez à faire la queue) fut exécutée en peu de temps. Là quelques minutes d’une nouvelle pause et j’ai tenté de me vider la tête des constatations faites sur notre avenir commun.
De retour sur le parking titanesque, ma voiture m’attendait. Une fois assis, un souvenir de lecture me revint alors.
Et si l’individu pouvait changer la destinée de chacun par une prise de conscience individuelle et si un effet boule de neige pouvait se mettre en place capable d’influencer nos dirigeants qui seraient d’accord pour renoncer à leur luttes intestines. Et si la théorie du PIB que l’on connait pouvait être remplacée par celle du Plaisir Intérieur Brut, celle qui valoriserait la réflexion personnelle et le bien-être général…
En démarrant mon moteur thermique, j’ai bien compris qu’un long chemin restait à faire et que bien que fondée, cette idée risquait d’être utopique encore quelques années, à moins, à moins, qu’un effet boule de neige ne se mette en place et que nos enfants nous apprennent à enfin devenir des adultes responsables.
Nicolas.

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