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Le ridicule ne tue pas ou ce qui ne me tue pas me rend plus fort !

13 novembre 2012 | Par Nicolas Lesaint

On a beau avoir de l’expérience dans son métier, la vérité première restera toujours que l’on apprend tous les jours quelque chose de nouveau et que, quoi qu’il arrive, la modestie doit rester de rigueur si l’on veut avancer dans la vie. J’en ai encore eu un bel exemple aujourd’hui…

Cette semaine s’annonçait très belle, ensoleillée et avec quelques gelées matinales annonciatrices d’une parfaite chute des feuilles qui permettraient de débuter la taille la semaine prochaine.
Bref, que du bonheur puisque le travail des sols pouvait reprendre avec maintenant le plaisir de se dire que la quasi totalité de ce que j’avais prévu allait être réalisé.
Mes chauffeurs officiels et expérimentés étant occupés à effectuer les premières réparations de carrassonnage de l’hiver, c’est à Hassan, débutant dans le “pilotage” des tracteurs agricoles, qu’incombait la lourde tâche de disquer nos sols.
Ce beau mardi permettait enfin la reprise de ce chantier avec au programme la fin des Cabernets francs et la zone des Basques. Zone graveleuse par excellence qui permet donc de rouler assez rapidement après un épisode pluvieux.
Depuis que je suis arrivé à Reignac, on me parle dans ces zones, de mouillères fantômes (poches d’humidité) qui, ma foi, ne m’ont jamais posé problème, mais qui semble-t-il, inquiètent régulièrement les tractoristes de la propriété. Personnellement je n’ai jamais aperçu l’ombre du commencement de l’une d’entre elles.
Au milieu de la matinée, je reçois un coup de téléphone :
- Euh, Nicolas, c’est Hassan, il semblerait que j’ai trouvé la fameuse mouillère… Vous pourriez venir m’aider à m’en sortir parce que là, je penche un peu !
- Pas de problème, je prends ce qu’il faut et j’arrive !
Tel Lancelot enfourchant son fier destrier, sûr de mon fait, j’attrape mon superbe New-Holland T4030, que Philippe venait de laver entièrement de haut en bas de bas en haut et dans tous les recoins, et je fonce vers le lieu de la traîtresse attaque.
Arrivée sur place, notre vieux 374 était en effet sérieusement déstabilisé quant à son adhérence au terrain…
Qu’à cela ne tienne, ni une ni deux je fais le tour de la parcelle pour rentrer dans le rang face à ce tracteur et ainsi le tirer avec une sangle.
Je rentre dans le rang et au bout de quelques mètres, une idée me vient à l’esprit : “Nicolas, peut-être devrais tu être prudent et enclencher dès à présent ton pont avant et ton blocage de différentiel !”.
Alors, voyons, c’est où, ah oui, ce bouton puis ce bouton…

A peine avais-je eu le temps de redémarrer et de faire, au bas mot, quatre vingt centimètres, qu’une traîtresse attaque sur mon flanc gauche fit basculer mon fier destrier dans une posture plus que fâcheuse… J’avais trouvé la petite sœur de la première mouillère.


Je dois vous avouer que c’est la première fois que je me fais surprendre à ce point par un terrain instable. On m’avait déjà évoqué cette sensation de tomber dans un sable mouvant, mais là, là…
J’ai donc juste eu le temps de couper le contact et d’appeler la cavalerie à la rescousse… 

Faites ce que je dis mais ne faites pas ce que je fais !

Bon, alors là, représentez-vous la scène : imaginez deux tracteurs dans le même rang, se faisant face à trente mètres de distance et penchant sérieusement du même côté…

Deux heures de travail, une mini-pelle et plusieurs bras nous auront été nécessaires pour retenir le tracteur, l’empêcher de chavirer et le sortir hors de son trou… Top rentabilité !

Certes mon amour propre en a pris un coup mais que voulez-vous, à tout âge on apprend. Même si dans ce cas précis la surprise fut totale et difficilement prévisible.

Mais, qu’entends-je ? Une vague phrase me revient aux oreilles. Philippe, Cyril et Jean-Michel ne me parlaient-ils pas de mouillères dans ce secteur ? Ne m’avaient-ils pas déjà raconté des histoires de tracteurs ou d’enjambeurs de prestataires trop prétentieux qu’il avait fallu sortir à grand coup d’élingues et de sangles ?

La leçon du jour, même si je la connaissais déjà et que je fais toujours en sorte de l’appliquer, aura été :
“Toujours écouter les anciens et les plus compétents que soit si l’on veut progresser, s’améliorer et ne rien regretter”.
Sinon, parfois, arrivent certains évènements fâcheux comme celui que l’on m’a transmis pendant ces vendanges, et qui s’est déroulé, quelque part, dans un certain anonymat de l’Entre-deux-Mers :


Notre métier est rempli de moments de plaisirs mais il ne faut jamais oublier qu’il peut-être dangereux et que l’appréciation humaine reste un facteur difficilement quantifiable.

Nicolas.



Commentaires(1)


  1. désolée mais trop drôle….

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