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Nous serons un jour tous renvoyés face à nos choix.

5 novembre 2012 | Par Nicolas Lesaint

Imaginez qu’un jour on vous demande de choisir qui vous devez sauver entre deux personnes que vous aimez. Imaginez que votre avenir dépende de la survie ou de la disparition de certaines espèces animales ou végétales et que c’est vous qui devez les choisir. Que feriez-vous ?
Apparemment, nous nous dirigeons vers des choix cornéliens qui vont décider de l’avenir de milliers d’espèces au nom de la survie d’une biodiversité animale et végétale qui permettra à l’homme de continuer à exploiter la planète qu’il habite.

Cela fait quelque temps que je lis de plus en plus d’articles dans la presse scientifique (Sciences et avenir, Ça m’intéresse,…) ainsi que dans l’audiovisuel spécialisé, qui se recroisent et abordent ce thème très à la mode de la Biodiversité et de sa préservation. Malheureusement pour nous, ils vont tous dans le même sens. 

L’homme se rend compte que sauver la Nature coûte cher.
Vouloir la préserver nécessite la mise en place de projets de préservation, c’est ce que font de prestigieuses associations comme le WWF et même de nombreux états en leur nom propre.
Tout ça est très bien et dieu sait que je suis pour la défense de l’ensemble des espèces animales et végétales et que je voudrais pouvoir laisser une planète aussi peuplée que belle de sa diversité propice ou non au développement de l’espèce humaine.
Mais voilà, nous sommes dans un système économique qui veut que tout doit avoir un prix et une rentabilité. Tout s’achète et se vend, le prix variant évidemment en fonction de l’intérêt économique que l’homme peut avoir à intervenir dans la disparition ou non d’un trèfle à cinq feuilles ou une grenouille fluorescente.
Les spécialistes sont formels, nous n’arriverons pas à sauver l’ensemble des espèces en danger de survie. Pire encore, en quinze ans, le nombre d’espèces menacées d’extinction a doublé. Il va donc falloir faire des choix…
Et oui, quel prix pour un panda, une grenouille amazonienne, un ours blanc ou une baleine ? Elle est bien loin l’époque de Noé où toutes les espèces étaient fondamentalement égales.
Alors il y a des critères scientifiques qui seront pris en compte et surtout des critères économiques. A savoir que des effets parapluies interviendront : privilégier une espèce dont l’existence détermine la survie d’autres. Ou bien encore des choix basés sur une “originalité” génétique.

Mais certaines espèces resteront avant tout des portes drapeaux qui même condamnées, ce serait le cas des pandas, permettront de sensibiliser davantage de personnes à ces problèmes de survie et ainsi dégager plus de fonds qui seront utilisables pour financer des programmes plus confidentiels mais économiquement intéressants.
Mais lorsque l’on sait que l’attentisme des gouvernements n’aura pas permis de sauver une grenouille à incubation gastrique d’Amérique du Sud qui devait révolutionner la lutte contre les ulcères gastroduodénaux dont 25 millions de personnes sont victimes rien qu’aux USA. Ou qu’en revanche, c’est en sauvant de l’extinction une petite plante des marais scandinaves, la Ziconotide, qu’on vient de trouver une molécule qui améliore considérablement la réussite des greffes, on comprend aisément que les choix ne sont pas aussi simples qu’un bilan comptable.
Alors des bureaucrates ont trouvé la solution et proposent déjà la mise en place d’une valeur économique pour chaque espèce permettant un tri cartésien de nos priorités d’être humain.
Combien pour un ours ? Combien pour un condor ? Combien pour notre coccinelle ? Et bien 50 dollars aurait été attribués pour le Grizzli, 126 dollars au loup du Cap et entre 54 et 65 dollars pour le rhinocéros namibien.
Pour cela les insectes pollinisateurs sont les mieux notés et on leur affecterait une valeur économique de 153 millions d’euros. Leur disparition affecterait tellement le règne végétal que maintenir à niveau l’agriculture relèverait du casse tête financier. Raisonnement purement comptable.
Comment faire alors ? C’est là qu’intervient la magie de l’informatique puisqu’en fait nous sommes tout simplement en face d’un pur problème de gestion de contraintes que l’intelligence artificielle va résoudre pour nous.
Ainsi, un logiciel vient d’être créé, le PPP, Project Prioritisation Protocol… Il suffit de rentrer tous les critères intéressants (niveau de menace, coût de protection, bénéfices attendus,…) et ce mixer informatique fera le travail pour nous…

Au nom de la rentabilité nous dérapons vers des pentes qui nous amèneront au fond d’abimes insondables.
Ressaisissons-nous et refusons le règne de cette économie maîtresse de tout. Gardons les yeux ouverts et essayons de lutter contre ces dérives bureaucratiques.
Un autre mouvement est actuellement en plein essor aux États Unis, avec des budgets financiers à vous faire pâlir : le transhumanisme où sous des couverts d’amélioration de conditions humaines nous dérivons vers des systèmes totalement déconnectés de la réalité.
J’ai retenu une formule entendue dans la bouche d’un de ses leaders (dans une émission d’Arte) qui formait des futurs cadres dirigeants :
 ” L’ordinateur naturel existe. Il est à votre disposition, là, à vos côtés. Ce sont les végétaux, ce sont les insectes, les animaux. A vous de les reprogrammer pour qu’ils aillent dans le sens que nous souhaitons pour le bien de l’humanité. Et que faire lorsqu’un ordinateur est obsolète ? et bien on le remplace par un autre plus performant…”

Maintenant, vous savez. A vous de juger.

Nicolas.

Commentaires(1)


  1. Une fois de plus …..dans le mille .
    Merci Nicolas , de nous interpeller sur ces sujets .
    A bientot
    Paul-Marie

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