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Votre climat change ? Nous avons des solutions à votre problème !

16 novembre 2012 | Par Nicolas Lesaint

Vous êtes viticulteur et le climat de votre région change ?
Vous avez peur que vos ceps de vigne gèlent en hiver ou qu’au contraire le surcroît de chaleur estivale arrive à bout de leurs dernières résistances ?
Pas de problème des solutions existent pour assurer votre production et maintenir coûte que coûte le cap que vous vous êtes fixé…

Bon, certains changements dans vos habitudes vont devoir être mis en place et certainement que vos voisins au début vont vous regarder d’un œil bizarre, mais les trois techniques suivantes vont peut-être devenir courantes dans le bordelais d’ici quelques années…

Le climat se réchauffe ? Qu’à cela ne tienne, deux possibilités s’offrent à vous :
- Vous pouvez acquérir rapidement les bases de la taille santorine dite du petit panier fleuri ou plus sérieusement du “kouloura”. Il s’agit d’une technique venant du fond des âges qui a été perfectionnée au fil du temps à tel point qu’elle permet même de valoriser les pieds de vigne en panier pour plagistes écolo en mal de retour aux sources… ;o)


Les vignerons entrelacent les sarments de vignes pour former une grande couronne qui repose sur le sol volcanique de l’île.  Ainsi, les raisins sont protégés contre des conditions climatiques difficiles comme des vents très forts, des températures excessives ou un manque d’eau qui accompagnera forcément le réchauffement climatique qui nous attend.
Bon certes, il va falloir se lancer dans la vannerie, mais c’est un système qui a fait ses preuves puisque à Santorin la vigne y est cultivée depuis 8000 ans. Et comme les vieux ont toujours raison…

- Si vous n’êtes pas joueur et que la vannerie ne vous tente pas, aucun problème, les scientifiques travaillent pour vous et sont en train de mettre au point un nouveau mode de culture aux petits oignons pour vos zones chaudes : le forçage programmé.
“What’s that ?” me direz-vous. Non non, ce n’est pas une extension du nouveau Windows 8 dont tout le monde parle en ce moment ni la fameuse nouvelle révolution de l’Iphone15 d’Apple, mais plutôt un ensemble de nouvelles façons culturales pour votre vignoble.
Sanliang Gu, professeur de viticulture à l’université de Fresno en Californie, s’est penché sur le problème. Ainsi, dans les régions chaudes concernées, le raisin a l’habitude de mûrir entre juillet et août. Or au cours de ces périodes peuvent avoir lieu de très forts pics de températures  (supérieurs à 40°C) générant des blocages, des brûlures des pertes de récoltes et une diminution des acidités et des potentiels aromatiques. En revanche, en général, les températures redeviennent plus favorables en octobre. L’idée est alors de décaler la physiologie de la vigne pour la faire produire dans cette période-là. Comment ? Tout simplement en attendant que celle-ci ait suffisamment poussé, en juin, on rabat alors les pousses à six nœuds et on supprime l’ensemble des feuilles et des grappes formées. La vigne démarre alors un nouveau cycle de production.  La maturation ainsi que les vendanges seraient donc décalées dans le temps et se dérouleraient d’octobre à novembre.
Les raisins issus de ces ceps sont alors plus petits, avec un pH plus bas et des taux de composés phénoliques et d’Anthocyanes plus élevés que les vignes conduites classiquement. Les volumes récoltés sont quant à eux plus faibles. Ce système aurait déjà fait ses preuves à Fresno en Californie sur le Cabernet sauvignon. Le Sauvignon blanc, le Chardonnay et le Zinfandel seraient des sujets propices à cette technique…

Et si au contraire les hivers devenaient terribles avec la réapparition du mammouth certains mois de l’année ? Là aussi, demandez-nous, on vous expliquera comment faire. Ou demander plutôt aux chinois et aux arméniens, ils sont habitués à ce genre de problèmes.
Comment éviter l’éclatement des ceps par une “petite” chute des températures vers -30°C ? Comment s’assurer que nos petits Merlots ne soient transformés en bois de chauffage à chaque printemps ?
Tout simplement en les enterrant… Qui parlait de petite mort en hiver ?
La technique courante consiste après chaque vendange à défaire tous les pieds de leur palissage, à les coucher dans un grand sillon réalisé mécaniquement par avance et à recouvrir l’ensemble de terre en croisant les doigts pour que le froid ne détruise pas tout. Et ça marche. En végétation cela donne ça :


Désolé, je n’ai pas de photo en hiver.
En revanche, on ne parle pas de l’espérance de vie des pieds lorsque ceux-ci ont subi cette opération plusieurs années d’affilée… J’aimerais vraiment pouvoir assister un jour à cette opération qui doit être plutôt spectaculaire, si quelqu’un a une vidéo ou des photos, je suis preneur.

De toute évidence, nous sommes parés. Le climat peut changer, la neige peut tomber et les déserts avancer, nous arriverons toujours à produire du vin là où on l’a décidé ! Ce que l’homme décide de faire se fait toujours de toute manière, contre vents et marées s’il le faut !

Quoique…

Peut-être faudra-t-il simplement adapter nos cépages… ;o)

Nicolas.

Commentaires(2)


  1. on peut aussi travailler les sols pour aider le système racinaire à se développer, non ? BA


  2. Tu peux BA, mais ça ne suffira pour des températures très élevées qui brûlent le feuillage sans qu’il y ait pour autant de stress hydrique racinaire. C’est comme mettre un sèche cheveux à fond contre une feuille, au final elle claquera que la plante ait ou non les pieds dans l’eau.

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