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L’origami viticole à la Reignac

20 février 2013 | Par Nicolas Lesaint

Ça y est, la campagne de pliage a enfin débuté à Reignac !
Faisant suite, à la taille, à la tombée des bois et au nettoyage des astes à fruit, cette tâche réalisée par un petit groupe de cinq personnes nous occupera pendant un bon mois et demi.
Mais pourquoi plier ? Y a-t-il différentes formes de pliages ?
Comme on pouvait s’en douter, la réponse est oui, sinon on ne le ferait pas.
Déjà, le cépage et la taille choisie définissent le pliage le plus approprié qui se fera en fonction de l’installation du palissage que l’on a retenu : hauteur des fils, nombre de fils, etc. Et là, chacun sa technique et chaque clocher a ses préférences et ses choix stratégiques.
Mais déjà, revenons à l’essentiel. Quel est l’intérêt du pliage, pourquoi ne pas tout simplement s’en passer ?
D’expérience, je dirai que certains cépages préfèrent des tailles longues ou des tailles courtes. L’avantage de ces dernières étant, du coup, l’absence de pliage et donc un gain de temps énorme dans les petites façons.
Imaginez, si je pratiquais des tailles courtes (cordons, chandeliers palissés, gobelets…) j’aurais actuellement fini mes petites façons et je n’aurais plus qu’à attendre le débourrement de printemps pour attaquer les épamprages de têtes.
Cette taille courte est intéressante pour des cépages comme le Sémillon (Sauternes l’a bien compris) qui selon moi est un cépage qui s’y prête bien, même si les tailles en cordons ou en chandelier que l’on réalise alors, ont besoin d’être régénérées assez régulièrement, avec toutes les grosses plaies de taille que cela peut occasionner, sous peine de voir monter les pieds et perdre progressivement de la hauteur de végétation. 
Dans un souci de faire chuter naturellement assez rapidement les rendements, la technique est bonne. Mais attention au retour de bâton avec au bout de quelques années des chutes de production parfois abyssales… Ou alors, il faut de très grosses densités de plantations, au dessus de 9000 pieds par hectare, pour s’y retrouver.
Pour nous qui sommes à dominante Merlot, Cabernets sauvignons et francs, le choix de la taille a été plutôt orientée en fonction de deux problématiques :
  • Produire suffisamment pour ensuite pouvoir réguler les rendements en choisissant les grappes que je veux conserver (j’ai déjà expliqué l’importance pour moi de privilégier des grappes de premier rang sur les sarments).
  • Minimiser le phénomène d’acrotonie qui va s’exprimer d’autant plus que les astes laissées sont longues.

Qu’est-ce que c’est encore que ce nom barbare ?
C’est très simple et vous l’avez tous déjà observé. Si vous laissez une branche droite, ce sont toujours les bourgeons de l’extrémité qui se développeront au détriment de ceux situés en dessous. On parle de dominance apicale… Ouah!!
En fait, les premiers empêchent les autres de pousser par un jeu de gradiant d’hormones végétales au sein même du sarment. Comme quoi, c’est toujours les premiers les mieux servis…
En revanche, en ramenant, par le pliage, ces bourgeons à la hauteur des autres, voire légèrement sous les autres, cette dominance peut être minimisée voire inhibée. Ceci sera d’autant plus vrai que l’aste pliée sera courte. Mais pas trop sinon ça casse. Une fois de plus c’est une histoire de compromis…


A partir de là, certains cépages y sont très sensibles et d’autres beaucoup moins. Le Merlot, entre autres, est un adepte de ce qu’on appelle des fenêtres de débourrement : les bourgeons du bas de l’aste poussent, ceux du bout aussi et en revanche ceux du milieu restent latents ou poussent sans donner de grappes…
D’où l’intérêt pour nous de tailler à deux astes par cep, même si cela implique de devoir attacher deux fois plus de branches, car cela permet d’avoir des astes plus courtes et donc de minimiser ces phénomènes d’acrotonie tout en s’assurant une sortie de grappes suffisante pour les vendanges vertes. Ce que ne permet pas la taille à une seule aste sauf si on décide de l’ébourgeonner et de prendre ce qui veut bien sortir en terme de grappes. C’est un choix qui ne correspond pas avec ma volonté de garder la main sur le millésime quand c’est possible. Il vaut toujours mieux avoir deux astes de six bourgeons qu’une de douze.

Après, c’est une histoire de technique, avec le petit fils zéro, la plieuse à queue de cochon, le vime ou la plieuse électrique, engin extraordinaire qui permet une rapidité de pliage incomparable tout en utilisant des liens biodégradables.


Cette fameuse plieuse, véritable revolver de la vigne, est en train de se généraliser dans le milieu viticole à l’image du sécateur électrique. Ceux qui y ont goûté ne peuvent désormais plus s’en passer.

Notre équipe d’origamistes a donc débuté ses pliages.

Le temps est beau, l’humidité ambiante est là, un beau contexte pour réaliser quelques belles oeuvres d’art… ;o)

Nicolas.


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