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” Cette terre ne m’appartient pas, j’appartiens à cette terre ! “

9 mars 2013 | Par Nicolas Lesaint
Je sais, régulièrement, je dérape, je digresse et je semble m’éloigner du but premier de ce blog qui est de parler vin, de penser vin, de vivre vin, de décoder notre métier et la dévotion que nous pouvons mettre à regarder grossir nos raisins et à faire travailler nos méninges pour les faire devenir le vin que l’on a imaginé. Mais il existe certains sujets qui même si au premier abord peuvent paraître éloignés du sujet, méritent parfois une deuxième lecture offrant alors un nouvel  angle d’interprétation.
Comme aujourd’hui, c’est le week-end, et bien ce sera pour ce soir parce que le sujet est trop beau et le combat me plait.
Il était une fois, une ÉNORME entreprise mondialement connue et habituée à écraser de son charisme et de sa réputation bon nombre de ses concurrents lorsqu’il faut jouer des épaules pour acquérir de rondelets contrats…
De l’autre côté du ring, vous avez un p’tit bonhomme, simple, modeste mais perclus de fierté et d’un engagement infaillible face à ses devoirs et à ceux de son peuple pour sauvegarder sa culture que l’on bafoue régulièrement…
La scène, quant à elle, se déroule en Australie. Bien loin de chez nous et de notre hexagone franchouillard.
Ok, il n’y a pas de vignes dans cette zone australienne mais la forêt y est, parait-il, magnifique.

La région du nord de ce pays, au Sud-Est de Darwin, est connue pour ses ressources en uranium déjà exploitées depuis les années 80 mais, bien évidemment, les stocks sont énormes et souvent difficiles d’accès. Surtout lorsque ceux-ci se trouvent en partie au sein même d’un des plus beaux parcs australien, celui de Kakadu… Protégé donc du grand blanc australien et de toutes sortes de requins aux dents longues…
Alors, bien sûr, je ne vous explique pas la batterie d’avocats et le budget utilisé pour trouver LA faille qui permettra d’atteindre ces zones ” illégitimement ” protégées face au développement industriel que la population humaine demande tous les jours un peu plus…
Et puis un jour, ça y est, la voilà l’idée, quelques kilomètres carrés qui n’appartiennent pas à l’état australien au cœur même du paradis.
” C’est bon Bob, on a trouvé la clef, on va rentrer et on va s’en mettre plein les f…”
” Bon, qui faut-il arroser alors ? “
” Heu, un certain, Jeffrey Lee monsieur ! “
Mais voilà, y a un blême comme dirait l’autre, Jeffrey Lee est aborigène, convaincu de son bon droit de vouloir poursuivre sa vie selon ses choix. Évidemment il refuse les avances répétées et agressives de la société AREVA, puisque c’est d’elle que nous parlons ici.
Alors en 2007, celui-ci, voyant que la pression devient insupportable, se lance dans la réintégration de sa modeste propriété dans le parc national australien avec l’aide de son gouvernement et en 2011 il monte à Paris pour faire classer le site par l’UNESCO et ainsi assurer définitivement la protection de sa culture.
En 2012, c’est gagné !
Une fois de plus, un homme aura su prouver que la puissance de la conviction et du bien fondé de sa lutte peut vaincre tous les adversaires même si la taille de leurs calibres peut paraître parfois impressionnante.
Et ça, j’aime !
Merci à Jeffrey Lee pour cette démonstration de persévérance et de foi dans ses devoirs puisque les responsabilités ancestrales sur la protection des terres sont la base de la culture aborigène.
” L’argent ne m’intéresse pas. J’ai un travail, je peux acheter de la nourriture, je peux aller pêcher et chasser. C’est tout ce qui m’importe”. ” L’argent va et vient, mais la terre est toujours là, elle sera toujours là si nous en prenons soin, et elle prendra toujours soin de nous “.
” Tout ce qui m’importe est ma terre, le privilège et la responsabilité que j’ai envers elle. Cette terre ne m’appartient pas, j’appartiens à cette terre “.

Merci à vous M. Lee, vous avez éclairé ma soirée.

Ça me rappelle l’histoire d’une certaine colline et de son antenne… Pas vous ?

Nicolas.

(Source leblogdudd.fr)

Commentaires(1)

  1. Sandrine Duffau


    Pierre Rabhi a l’habitude de citer cette phrase ” cette terre ne m’appartient pas, j’appartiens à cette terre” en disant que c’etait les indiens d’Amerique qui evoquaient de la sorte leur attachement à la terre. Elle est universelle sur le fond mais sur la forme malheuresement il y a encore beaucoup, beaucoup de travail. Mais je crois au travail, localement, selon ses moyens, de tous pour faire avancer les choses comme … Le colibri!
    Sandrine Duffau

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