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Neige de février vaut du fumier !

14 mars 2013 | Par Nicolas Lesaint
Il neige, il neige ! “.
Ça râle, la France râle, se plaint, trouve inadmissible de se laisser déborder par un évènement neigeux dont les congères de deux mètres montrent les conditions très particulières de cette tempête. Parce qu’apparemment pour le Nord, c’était bien une tempête.
Alors, comme je l’entendais ce matin, on cherche à chiffrer immédiatement le coût de ce problème parce qu’il faut savoir combien ça coûte ?
Quelle est la perte financière causée par la Nature ?
Qui va payer ?
Qui va assumer la dépense en carburant supplémentaire du fret dévié sur la départementale 25 qui a condamné le chauffeur à une nuit dans le gymnase du coin chauffé par la commune qui a réquisitionné le pain du boulanger local pour proposer quelques sandwichs  au jambon ?
Alors finalement, ce serait 100 millions d’euros…
Me demandez pas comment on calcule ça, je ne saurai pas vraiment comment vous répondre.
Bref, moi en tant que paysan je préfère me dire que, ben, quand la Nature s’énerve, il vaut mieux baisser la tête que l’on rentre dans ses épaules, courber l’échine, rester chez soi et attendre que ça passe.
Y a-t-il un intérêt agronomique à de tels évènements ?
Il existe un dicton qui dit “ Neige de février vaut du fumier “.
J’ai toujours entendu les vieux, toujours eux, dire : ” La neige, c’est de l’or pour la terre “.
Bon ok, des dictons il y en a de toute sorte et je suis bien le premier à constater que bon nombre ne marchent pas : ” Araignée du matin petit crachin, araignée du soir, orage tout noir ” Bof, désolé, à part Roland Magdane, personne n’y croit.
Pour ma part, j’ai toujours eu le sentiment d’avoir des terres plus faciles à travailler après un hiver bien neigeux. Ce que j’en sais, c’est qu’apparemment, la neige en se formant dans les nuages de la haute atmosphère se chargerait en azote atmosphérique. Elle y capterait l’azote atomique qu’elle pourrait libérer sous forme d’azote assimilable pour les plantes lors de sa fonte. Tous les chimistes ne semblent pas d’accord et la grande question reste de savoir si la neige en apporte plus que la pluie.
Le deuxième effet d’un couvert neigeux sera de protéger la couche arable des sols et donc les éléments nutritifs qu’une pluie peut lessiver si le sol n’a pas de couvert végétal. Le sol est protégé du gel et ainsi les jeunes germinations aussi…
L’autre avantage que je trouve à cette neige lorsqu’elle peut atteindre une certaine épaisseur, c’est son effet très pénétrant de l’eau lorsqu’en fondant, sur des parcelles peu pentues, elle arrive à parfaitement imbiber les sols en profondeur. Il me semble alors qu’on ne peut pas avoir une eau plus efficace. Par contre, c’est certain que beaucoup de neige en vignoble pentu sera plutôt générateur de ruissellement et de ravinement et là, la neige on s’en passerait bien.
Alors, qu’est ce qui est le meilleur de la part de l’azote apporté, de celle lessivée et de celle de la perte de couche arable…
Toujours est-il que, bien au chaud au coin de ma cheminée, je regarde par la fenêtre pour ne voir voltiger que très peu de flocons. Juste ceux fidèles aux giboulées de mars. Je ne m’en plaindrai pas, loin de là, même si un peu de neige dans la région m’aurait donné du baume au coeur pour quelques semaines.
Courage aux naufragés de la route qui devront passer une nuit de plus loin de chez eux, pensez au viticulteur du coin, à mon avis, au fond de lui, il a le sourire au bord des lèvres.
Mais ça n’engage que moi…

Nicolas.

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