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Deuxième journée : et si on allait se perdre dans les vallées du Médoc ?

10 avril 2013 | Par Nicolas Lesaint
Mardi, journée de pluie et hop, 10 mm de plus depuis lundi matin… Ça commence à être un peu rengaine quand même !
Qu’à cela ne tienne, on s’habitue et puis aujourd’hui tous les chauffeurs sont en formation Certiphyto pour deux jours. Donc pas de regret de ne pas les voir grattouiller les sols dans les environs et puis moi, ça me permet de continuer de découvrir ce 2012 qui de plus en plus se confirme comme celui du Merlot et du viticulteur qui aura su adapter son travail à la pression sanitaire et surtout au stress hydrique brutal du mois d’août.
Apparemment pas mal de monde pense la même chose, comme quoi ça va finir par rentrer.
Une nouvelle mode Primeurs semble apparaître cette année : celle du twitt en temps réel de ses impressions de dégustations. Ah, savoir jongler entre le verre à moitié plein, le carnet explicatif du lieu où l’on se trouve, le crayon pour les notes et l’I-phone dernier cri qui ferait bien d’être ” Vinoproof “… C’est peut-être pour ça que les index droits sont très rouges cette année chez les ” fashion dégustateurs “…
En tout cas, Saint-Emilion magnifique de lumière, de nuages, d’averses de vent et de rayons de soleil, brille comme jamais ce matin. Ça tombe bien, c’est là-bas qu’en premier, ” La clef des châteaux ” au château Beau-Séjour Bécot, me révèle ses plus beaux vins.

Tout en passant par les Blancs de Pessac-Léognan au milieu desquels notre Blanc de Reignac ne dépareille pas de fraîcheur, d’expression aromatique et de cette richesse douce qui sait faire parfois des vins à base de Sauvignon de véritables vins plaisir, je commence à zieuter les premiers Rouges. Pas grand monde dans la salle, nous sommes tout juste quatre ou cinq, sans compter Mikaël et ses collègues spécialement-là pour nous expliquer les spécificités des vins dont ils conseillent l’élaboration.
Puis c’est ” La Dame de Coeur ” du Château Peyfaures (Bordeaux supérieur très réussi) qui m’attire du côté droit, ensuite Pomerol et ses succulents Châteaux Rouget, Pomeaux et Le Gay pour mon plaisir purement personnel du côté gauche de la salle.
Mais soudainement que se passe-t-il, ça bouge dans tous les sens et l’on me subtilise mon Mikaël d’un discret : ” Viens, viens M. Desseauve est arrivé… “. Mince alors, plus d’explications techniques je continue donc seul mon petit bonhomme de chemin passant au milieu d’un très joli Fombrauge et d’un Beau-Séjour Bécot parfait.
Me perdant ainsi plus d’une heure au milieu des Pessac-Léognan rouges, et surtout des vins étrangers à base de Cabernets sauvignons américains, de Malbec d’Amérique du sud ainsi que des Chardonnay espagnols ou chinois et même d’un Viognier exubérant, je ne vois pas le temps passer et déjà Marion doit m’attendre pour découvrir le Médoc dans l’après midi.
Saint Emilion me sourit de toute sa beauté ennuagée et je découvre avec stupéfaction mon magnifique Beeper coincé par un superbe Trafic noir.. Vous savez de ceux qui ont de grandes vitres bien décorées de chaque côté et qu’on n’aime pas trop voir passer dans sa rue… Et au loin, au fond du cimetière, une cérémonie en grande pompe et drapeaux tricolores qui se déroule… Alors, quinze minutes d’attente pour finalement me rendre compte que les clefs sont sur le tableau de bord… Ni une ni deux, tout en discrétion me voici Nico le croque-mort qui déplace son corbillard… Pile quand Olivier arrive… Bonjour la discrétion et toute une réputation à refaire !


Voilà, c’est reparti et direction Margaux cette fois-ci à deux avec une Marion chauffeur et un GPS récalcitrant parce que les petites routes du Médoc ne sont pas toujours bien repérées par satellite et que dans ces contrées reculées, il faut parfois savoir naviguer à vue… ;o)

D’abord un passage au Château Labegorce qui reçoit les Margaux de l’Union des Grands Crus pour voir sortir du lot de façon remarquable un Château Lascombes élaboré à plus de 50% de Merlot. Puis c’est un passage au Château Fourcas Hosten qui héberge cette fois-ci les Médoc, Haut Médoc, Moulis et Listrac de cette même Union et la confirmation d’une réussite pour La Tour Carnet et pour moi la révélation d’un Château Clarke possédant une précision fruitée au nez retrouvée nulle part ailleurs.

Enfin, clou du spectacle, une petite dernière ligne droite le long de la Gironde et c’est l’arrivée à Phélan Ségur recevant les Pauillac et les Saint-Estèphe.
Cadre magnifique d’une réception parfaitement organisée et gérée de main de maître. Bravo Fabrice (Maître de chai de Phélan). Et moi d’imaginer les contraintes techniques et l’organisation pratique du travail des chais pour libérer ce chai à barriques habitué à recevoir ton 2011 aujourd’hui rempli de tant de personnes.
Apparemment un beau succès de fréquentation puisqu’une indiscrétion du Château Pichon Longueville Contesse me révèle qu’ils ont fait déguster quarante bouteilles en une matinée… Bonjour la visibilité, chapeau bas !


Une confirmation pour moi que les vins les plus réussis dans le Médoc se trouvent plutôt ici avec de très bons vins comme Beychevelle, Lynch Bages, Talbot, ou Pichon Comtesse.
Mais je reste quand même convaincu que c’est le travail des Merlots qui rattrape beaucoup de choses.

Déjà 18h et les dents bien noires, il faut penser à redescendre vers des régions un peu plus vallonnées qui déjà manquent à mon regard.

Un dernier coup d’œil un peu nostalgique au village de Bages désormais bien changé où j’ai passé une année de ma vie, à mes débuts, à Lynch Bages.

Le Médoc s’éloigne, les discussions vont bon train. L’objectif prochain : Biodyvin et le monde des vins biodynamiques…

Nicolas.

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