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La bombe verte est programmée !

16 avril 2013 | Par Nicolas Lesaint
” La bombe verte, tu la tiens dans ta main, tu as l’détonateur jusqu’à côté du chai si tu laisses quelqu’un prendre en main ton vignoble, c’est la fin… “
Bon ok, c’est un peu inspiré de qui vous savez qui a bien influencé les jeunes fous que nous sommes tous devenus. Mais il faut avouer que savoir garder la main sur un millésime reste une de mes devises préférées même s’il est difficile de la concrétiser chaque année.
La situation actuelle dans la nature qui nous entoure ressemble un peu à ça et tout particulièrement au sein des vignes que l’on croise au quotidien.
Partagé, je le suis en ce moment, entre la joie de voir enfin le thermomètre remonter, le soleil resplendir et le stress de se dire que la bombe verte que Dame Nature a remontée tout l’hiver va bientôt nous péter à la figure et nous obliger à courir derrière cette satanée liane fructifère. Passer de 10 à 26°C aujourd’hui avec des sols gorgés d’eau et une vigne qui ne demande qu’à rattraper son retard, le résultat ne peut-être qu’explosif si la semaine continue sous ces conditions tropicales.
Déjà les bourgeons éclatent et certaines parcelles rivalisent d’avancement, présentant des bourgeons aux stades deux à trois feuilles visibles.
On nous dit que cette semaine les premiers œufs de Mildiou seront mâtures et que désormais il suffira de dépasser les 10°C avec de la pluie pour rencontrer les premières contaminations, certes satellites, mais c’est quand même parti…
Les modèles informatiques nous montrent déjà des risques de contaminations bien supérieurs à l’an dernier à la même époque mais rien de bien surprenant compte tenu des conditions que nous venons de laisser derrière nous… Enfin je l’espère…
La vigne, c’est une chose, mais lorsque l’on décide de conserver un enherbement dans son vignoble pour favoriser un équilibre d’ensemble et pouvoir mieux le traverser sans trop tasser ses sols, l’herbe en est une autre.
Tout grimpe, cherche à fleurir à s’étaler pour mieux coloniser son environnement proche. Et à ce jeu certaines plantes sont capables de se montrer impressionnantes. Alors, comme mon but dans la vie n’est ni de cultiver du trèfle pour les lapins ni d’entretenir un green de golf, il faut agir intelligemment. Ce n’est pas parce qu’il fait chaud aujourd’hui que demain il ne faudra pas ressortir la petite laine que vous avez déjà rangée bien au fond de l’armoire.
Apparemment, on va quand même avoir quelques ratés du point de vue des températures…

Pour des vignes basses, à cette époque de l’année, un enherbement un peu trop haut peut favoriser les gelées de printemps. Tout comme tondre la veille d’une gelée reste la pire chose à faire. Il faudrait donc pouvoir contrôler précocement son enherbement pour ne pas être obligé d’agir en période à risque.
Mais ça, c’est plus facile à dire qu’à faire.
Savoir favoriser son enherbement florifère super intéressant pour la vie interne du vignoble tout en protégeant ses petits merlots toujours les plus rapides à sortir du coton… Un peu le jeu du chat et de la souris avec un gros matou qui peut avoir les dents très longues…
Alors, un peu à regret quand même, c’est par les jeunes plantes, les plus précoces que l’on commence à tondre puis ce sera celles avec des enherbements un peu trop exubérants. Pas encore de Rouleau Faca, je reste en observations extérieures pour l’instant sur ce sujet…

Enfin, je crois pouvoir dire que le travail sous les rangs avance régulièrement. Et ce qualificatif là change tout lorsqu’on a décidé de se lancer dans cette activité sur 50 hectares de vignes à 1.50m de large. Bon c’est vrai, je dois bien l’avouer, il y a pas mal de boulons dont on ignorait jusqu’alors l’existence et qu’il faut désormais surveiller de près, clef à œil à la main et sueur perlant au coin du front… Mais quand on sait où regarder, ça va déjà beaucoup mieux.

Ça tond, ça gratouille, ça poursuit l’installation des jeunes palissages et ça prépare les pulvés au démarrage prévu la semaine prochaine pour un début tranquille sur quelques parcelles dont les symptômes d’excoriose sont un peu trop prononcés.
Le paquebot commence donc sa croisière, machine en avant toute, paré à traverser la première petite perturbation de l’année, un petit coup d’accélérateur qui va permettre à tout le monde, moi y compris, de sortir de la torpeur hivernale qui la semaine dernière encore nous arrosait de ses giboulées engourdissantes.



Nicolas.

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