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Balou mon gourou !

15 mai 2013 | Par Nicolas Lesaint

“C’est quoi cette météo, non mais allo quoi, c’est le 15 mai et t’as toujours pas sorti ton pantacourt, t’es un viticulteur et t’as toujours pas enfilé ton bermuda, non mais allo quoi, y a plus de saison quoi !”


Bon, désolé d’utiliser cette grande expression à la mode issue d’une de nos plus grandes penseuses du moment, mais vraiment là, soit on est en train de basculer sous les conditions climatiques des pays nordiques, soit je ne sais pas moi, la terre a dû s’éloigner un peu trop du soleil pendant quelques temps.

Après cette satanée humidité qui nous aura bien embêté et fait démarrer la saison avec un handicap certain pour ce qui est des travaux des sols, voilà-t-y pas que c’est le froid qui nous titille le sarment et freine passablement le développement foliaire et l’apparition des premières fleurs.
En millésime précoce, ces premières fleurs sont visibles aux environs du 15 mai pour nos Graves chaudes, en revanche pour les millésimes tardifs ce serait plutôt vers le 1er juin. Pour l’instant, rien à l’horizon.
Je lis de-ci de-là que l’on serait aux mêmes stades phénologiques que 2010… Je demande quand même à voir. Peut-être n’est ce qu’un excès d’enthousiasme pour ce millésime récemment en observation, mais si c’est le cas, la première fleur sur “Pêcher” devrait-être visible vers le 21 mai. Va falloir un peu s’activer mes amies les vignes !

Dans tous les cas, ça démarre bizarrement cette année et plutôt lentement pour ce qui est des petites façons. C’est pas plus mal pour ce côté-là me direz vous. Toutes les têtes seront bien épamprées et les tailleurs me béniront cet hiver…

De toute évidence, nous n’avons pas été les seuls à voir passer de très près la lame destructrice du gel puisque le Sauternais, les Graves, le Blayais-Bourgeais, le Nord Médoc, le Nord Libournais et l’Entre-deux-Mers ont été touchés. Mais ce serait plutôt sur les Graves avec Léognan que les dégâts ont été les plus forts avec même des parcelles atteintes à 100%… J’espère que les contre-bourgeons n’y avaient pas encore été enlevés.

Comme si tout cela ne suffisait pas la météo continue à nous montrer la puissance de sa poigne et sa capacité à marquer un millésime de son originalité. On nous annonce sept jours à venir plutôt médiocres. Les Saints de glace nous quittent mais non d’un chien qu’ils sont râleurs cette année.

Saint-Loubès
mercredi
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Risques de tempête
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Nuageux dans l'ensemble
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Finalement, tout ceci est-il préjudiciable pour la vigne, c’est bien là l’essentiel de la question ?
Il est certain qu’elle n’aime pas les à-coups de pousse et de ce côté-là on est servi, mais tant qu’on n’est pas sur la fleur, ce n’est pas trop grave. Le feuillage est un peu jaune, c’est normal, la physiologie du végétal est au ralenti mais ça se libérera bientôt avec la remontée des températures.
Le côté positif, me semble-t-il, est que cette année, les fenêtres de pousse sont absentes. Tous les bourgeons sortent, alors certes il y a un gros travail d’épamprage des têtes et de dédoublage (élimination des contre bourgeons qui eux aussi poussent bien), mais cela veut bien dire ce que ça veut dire : la pousse est homogène et adaptée aux longueurs d’astes choisies.
C’est moins simple en revanche pour la lutte phyto, puisqu’il faut savoir bien jongler avec les précipitations plutôt fréquentes pour le renouvellement du deuxième traitement, mais pour ça on a l’habitude de jauger les nuages et leurs fronts grisonnants qui heureusement pour nous ont, comme d’habitude, la bienveillance de suivre d’un côté la Garonne et de l’autre la Dordogne pour nous éviter et nous permettre de regarder tomber la pluie chez nos voisins du Libournais et de Créon. C’est parfois très agréable de se situer proche du Bec d’Ambès…
Résultat, cette nuit, juste après avoir fini notre renouvellement de protection : 2 mm de pluie à Reignac contre 15 mm sur Branne…

Le plus à craindre, reste peut-être l’explosion des températures annoncées en fin de semaine prochaine. Elle devrait rendre la vigne folle et la pousser vers une croissance trop longtemps espérée. Se produira-t-elle sur la fleur ? Ce serait le pire des scénarios avec toutes les conséquences connues sur la qualité d’une floraison soumise à la coulure. Mais pour cela, une fois de plus, il existe des moyens d’encadrer la floraison pour aider à son bon déroulement. Alors, promis, au lieu d’attendre le choc frontal et la constatation des dégâts éventuels, je vais me pencher sur ce sujet que j’ai déjà un peu fouillé…
Il parait qu’il faut savoir être proche de sa vigne si l’on veut mieux la comprendre, ça veut aussi dire écouter et prévoir ce qu’il va se passer pour anticiper ce qui sera peut-être un des points clef du millésime. Pour ma part, je ne prends pas ce que le millésime me donne mais j’essaie de faire en sorte de magnifier ce qu’il est capable de me donner. Voilà ce que l’on devrait avoir toujours en tête.

Du côté de nos ennemis, papa Mildiou et maman Oïdium se portent bien.
Les modèles nous disent que la pression est faible et que les conditions sont peu favorables à leur développement. Mais déjà quelques tâches de Mildiou ont été observées sur des jeunes parcelles de certaines propriétés et quant à l’Oïdium, je m’en méfie au plus haut point tant l’animal nous surprend depuis deux ans.
Les pulvérisateurs marchent, c’est déjà ça, et en plus la théorie rejoint la réalité pour ce qui est quantité de bouillie à mettre à l’hectare. Il ne reste plus qu’à gérer cette satanée logistique d’appro de pièces détachées qui cette année révèle vraiment les limites d’un système où le flux tendu, le zéro stock et la mauvaise visibilité de la réactivité de sa filière règne en maître… Une semaine pour un joint torique, dix jours pour un roulement, et quatre mois de retard pour un tracteur neuf !!
Ne tombez pas en panne chers collègues, ce n’est pas le moment, ou alors préparez-vous à développer votre système D perso…

Restons positifs, tout se goupille pas trop mal et nous avons la main sur le millésime.
Ne faut-il pas savoir se contenter de ce que l’on a ? Et comme on dit  : “tant que la santé va, tout va” ?


Allez va, j’arrête-là mes enfoncements de portes ouvertes et mes phrases toutes faites.

Voyons plutôt la bouteille à moitié pleine, la saison commence juste.

Beaucoup de choses nous montrent que 2013 s’engage bien et n’oublions jamais que, comme le dit le grand philosophe Balou : “il m’en faut peu pour être heureux !”

Pompom popom…

Nicolas.

Commentaires(1)


  1. A Reignac on magnifie la nature… c’est vrai! et mème en photo! Nicolas, c’est trop beau cette tipule comme un ange dans le ciel…

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