Le blog

de REIGNAC

Shares

Et si on se donnait les moyens d’y arriver !

8 mai 2013 | Par Nicolas Lesaint

Il y a des moments où l’herbe est ma copine et d’autres où je me dis que d’elle ou de moi l’un des deux est de trop dans les vignes.
J’ai bien déjà essayé de me dire que tout ça ne doit pas être un rapport de force et que le “problème” sera réglé d’une manière ou d’une autre mais il faut bien avouer que des vignes basses, étroites, enherbées volontairement, mais avec de jolies floraisons de Camomille de Trèfle ou de n’importe qu’elle autre adventice locale au-dessus des astes, cela n’a rien de qualitatif pour le vin que l’on souhaite faire.
Cette année encore, c’est la course dans certains coins et en particulier dans les allées et dans les prés. Vous me direz, ce n’est pas grave, c’est bon pour la Biodiversité environnante. Certes, des coins gérés en prairies fleuries, des tournières ou certaines allées abandonnées à ces fameux prédateurs de nos prédateurs viticoles ça me va et je cherche à en laisser de plus en plus aux quatre coins de la propriété mais dans les vignes, c’est différent.
Le désherbage lunaire intégral bien évidemment c’est impossible et comme d’autres je reste toujours sans voix, ou plus exactement sans compréhension lorsque, sortant des chemins des châteaux on s’aventure hors de chemins battus et que à perte de vue, ce spectacle de désolation s’offre au voyageur. Lilian Bauchet nous l’a bien rappelé dernièrement, le désherbage intégral ne doit plus être une solution.
Ici, nous ne sommes pas dans des zones géographiquement abruptes et voir des parcelles de vignes en palus ou sur de belles croupes graveleuses douces ainsi traitées relève de l’incohérence technique, professionnelle, humaine et éthique.
Que l’on ne puisse pas basculer d’un seul coup vers un travail des sols sous les rangs, je peux le comprendre. Humainement, techniquement et économiquement ce n’est pas toujours simple et je suis bien placé pour le savoir puisque j’y travaille tous les jours depuis quatre ans à Reignac, mais continuer à désherber en plein et continuer à le faire en sifflotant en particulier sur les parcelles un peu éloignées des voies officielles autour desquelles le travail des vignes au cheval est à la mode surtout dans la période des Primeurs, non ça n’est définitivement plus possible.
Mais le problème est aussi industriel. La viticulture, même si elle est à l’heure actuelle un des postes exportateurs les plus importants pour la France, reste le parent pauvre du point de vue de la technicité. La profession n’est pas assez rentable pour les industriels pour les inciter à innover. Il suffit de regarder les tarifs de matériel entre les grandes cultures et nous. Cherchez à acheter un outil tout simple comme un disque qui permet de travailler les sols pour des vignes “étroites” et regardez un disque servant à travailler les terres… Lequel sera le plus cher ? Pas le petit, alors que son coût de fabrication est moins élevé. Alors, certains peuvent renoncer et retourner vers leurs fondamentaux, archaïques et obsolètes.
Pourtant, quand la volonté y est, l’homme est capable de tout, technologiquement parlant. On envoie des satellites régulièrement, on est allé sur la Lune, l’électronique est partout même nos aspirateurs et nos téléphones nous surprennent tous les jours par leurs capacités aussi incroyables qu’inutiles et nous sommes encore souvent réduits à sortir la bêche et l’huile de coude pour se débarrasser des Graminées et de leurs acolytes. N’y aurait-il pas un moyen plus efficace, simple et adaptable à moindre coût à de grandes surfaces M. Cadbury s’il vous plait ?
Et pourquoi limiter les aides à ce  basculement à certains statut juridiques d’entreprises ?
Quand je vois ce qu’est capable de faire la DDE allemande j’ai la réponse. Surtout pour la séquence des glissières de sécurité ou des bornes réfléchissantes qui devrait faire rêver plus d’un viticulteur.

Ça fait quand même un peu rêver…
L’herbe est mon amie et je peux cohabiter avec elle sans tout polluer et tout détruire, ça c’est plus qu’une évidence, mais si on pouvait m’aider un peu à le faire plus facilement techniquement et économiquement ça serait bien.
Mais pour ça, encore faudrait-il qu’il y ait une réelle volonté de politique agricole ambitieuse et créatrice de recherches appliquées novatrices.
Et surtout, n’oublions pas que si l’agriculteur pollue en désherbant ses parcelles, le particulier quant à lui participe allègrement à cette pollution, chez lui, dans son jardin et sur son petit parking privatif qu’il désherbe tous les quatre matins en doublant, triplant, quadruplant la dose d’utilisation pour que ça marche mieux…
Nicolas.

Un commentaire ?

Vous avez aimé ce blog, vous aimerez sans doute ceux-là :