Le blog

de REIGNAC

Shares

Le Grand Blond avec une chaussure noire…coquée !

18 juillet 2013 | Par Nicolas Lesaint

5h15, le réveil sonne.
Comprends pas, j’ai l’impression d’avoir fait une nuit normale. Pas de bataille type “Pearl Harbor” contre les moustiques du coin décidément très présents cette année, pas de réveil intempestif par des mordillages d’orteils de notre nouvelle co-locatrice à poils et à moustaches. Bref le top du repos réparateur.
J’ai la pêche, il fait bon dehors, juste 16 petits degrés. Idéal pour sortir et travailler efficacement dans les vignes. Ça tombe bien le programme est chargé. Alors pas de temps à perdre, debout… Oups un peu trop énergique et certainement pas à la hauteur de la fatigue corporelle malgré tout accumulée, un coup de couteau dans le bas du dos et voilà, une journée si bien commencée : calmé d’entrée par un “je ne sais quoi” au niveau des lombaires… Ça faisait un moment que ça m’était pas arrivé, mais c’est pas grave, positivons et hop hop hop, on y va quand même de bon cœur. Après une attaque magistrale dès que je suis hors de la chambre par la sus-dite co-locatrice et un déplacement jusqu’à la cuisine avec un passager clandestin attaché à mes mollets, j’arrive à prendre mon frugal petit déjeuner après un royal chavirement de bol et marée lactée dont mon rémora à poil se délecte…
Bon, ça part mal mais c’est pas grave, positive attitude : je sens déjà même plus mon dos, même pas mal !
En fait, c’est dès que mon HTC est tombé en rade lors de son allumage que j’aurais dû me douter que la journée était en train de prendre une orientation des plus délicates.
Mais à peine arrivé à Reignac déjà c’est le rush : 6h 15 : préparer le bassin pour le traitement des plantes contre le léger stress hydrique qui commence à apparaître puis remplir le pulvé, 6h30 : recevoir les quatre nouveaux TESA recrutés grâce à ma magnifique annonce déposée à Pôle Emploi, 6h45 :  c’est parti pour une longue heure d’explication d’échardage sur les blancs sans effeuillage parce qu’ ici on cherche à conserver du fruit, du fruit, du fruit et de la fraîcheur, 8h changement de consignes pour les rognages et petit tour vers l’effeuillage mécanique, et là, c’est parti : une panne en formation et c’est le rush sur la route vers mon fournisseur habituel pour une couronne et un pignon d’entraînement. Mais Bat Combo oblige, pas de problème, ça roule c’est le cas de le dire.
Surtout ne pas oublier le nouveau radar automatique mis en place il y a quelques jours, surtout ne pas oublier le…
Coup de téléphone cette fois, c’est la bonne ! Effeuilleuse arrêtée mais panne plus complexe du vérin électromécanique pour les spécialistes : rupture mécanique et arrachage d’une prise d’un des nombreux faisceaux électriques… Purée, ça continue.
Je me gare et déjà c’est un peu plus difficile de sortir de ma voiture et d’être bien droit pendant les vingt premiers mètres. Mais très digne, je rentre dans le magasin où déjà le magasinier m’attend.
- Ah ben non, la pièce du vérin ne se détaille pas, c’est le complet qu’il faut prendre.
- Mais quand même, c’est juste une pièce en allu qu’on va démonter et la partie intérieure,elle, je sais qu’elle se détaille.
- Ah oui, mais non, c’est le complet ou rien.
- Non mais là, non ça va pas le faire, en plus vu l’engin, je vous laisse un bras en caution, c’est ça ?
- Ben, l’ensemble vous fera… 650 euros……
- (Silence)…… Non mais là non vous rigolez ?
- J’ai l’air ?
- Et la petite prise en plastique au bout du câble électrique qui le commande, il m’en faudrait une, oh et puis non, donnez-m’en deux, on sait jamais pour l’autre côté comme ça je l’aurai.
- Pas de problème, laissez-moi regarder…. ça vous fera 250 euros.
- !!!!!!!!!!!!!! …Ah oui, ça y est,  j’ai compris, c’est pour “Video-Gag” ? Elles sont où les caméras ?
- Non, non, c’est le faisceau complet, on détaille pas non plus.

Croyez-moi que même tordu du dos je suis assez rapidement sorti du magasin pour aller directement voir le service atelier et les mécanos qui s’y trouvent toujours prompts à vous trouver des solutions. Enfin quand ils peuvent. Et là, les relations y font et la façon d’aborder les gens aussi, et tel Crésus, une heure après, je ressors avec la pièce d’occase du vérin et ma prise électrique, seule, pour rien d’autre qu’un clin d’œil et un bon courage… Ah les relations humaines contre la bureaucratie, l’obsolescence programmée et le principe du “on s’embête pas, on change”.
Et vas-y que je commence à démonter et remonter tout ça pour au final se rendre compte qu’on est toujours aussi mauvais en bidouillage maison et qu’on a réussi à casser les petites broches de la fameuse prise au remontage…
13h15, toujours pas mangé, la tension monte surtout que le Bobard est en panne lui aussi…
Bon, alors si je me dépêche, je passe au carrefour prendre un sandwich et vingt minutes de route, je suis de retour chez mon fournisseur pour l’ouverture. C’est parti, mais pour trente mètres… Crevé roue arrière… On regonfle, ça va tenir.
Arrivé au Carrefour contact, tête baissée sur mon téléphone, je file vers le rayon magique des repas tout prêts quand je me trouve propulsé en arrière après un écrasement nasal causé par une non-ouverture de cette put… de porte automatique… Regards gênés et amusés aux caisses, mais à vrai dire pas moi.
Bim bam boum, aller-retour à Libourne, on reprend le grand mécano et miracle, à 15h30 ça remarche, oui ça remarche ! On est trop forts.  Philippe ne s’est pas levé pour rien à 5h ce matin pour effeuiller, il va repartir… Ben non, parce que cette fois-ci c’est l’autre côté qui débloque. Et que je te creuse les méninges et que je te regarde dans tous les sens inventant des origines au problème les plus improbables possibles. Pour au final se rendre compte que trois pièces ont été remontées à l’envers mais malgré tout… ça ne marche pas mieux.
Bon ben, y a plus qu’à appeler le docteur des machines qui ne pourra être là que demain vers dix heures. On doit pas être les seuls à en baver en ce moment, c’est certainement la saison qui veut ça.
Alors voilà, je rentre doucement, tordu du côté droit, déjà à imaginer le programme de demain. Le Bobard est réparé, c’est déjà ça, l’œuf de pigeon que je me suis fait en passant trop près du châssis de la Pellenc a l’air de diminuer. C’est déjà ça.
Pierre Richard, sors de ce corps !

Nicolas.

Un commentaire ?

Vous avez aimé ce blog, vous aimerez sans doute ceux-là :


  • Contact
  • Boutique
  • Vidéos
  • Blog
  • Facebook
  • Twitter
  • Google+
  • Youtube
  • Instagram
  • Tripadvisor