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Nos sols savent respirer le bon air !

3 janvier 2014 | Par Nicolas Lesaint

Quand j’ai décidé d’ouvrir ce Blog, enfin quand on l’a ouvert pour moi, parce qu’à l’époque le net et moi ça faisait encore deux, mon idée était modestement de créer un lieu de rencontre et d’informations diverses et variées sur la viticulture, le vin, la recherche agronomique, la musique, l’art, mon univers, bref un lieu dans lequel toute personne passant pourrait y trouver un sujet l’intéressant. Du moins c’était l’espoir que j’y mettais.

Le côté humain du métier a indéniablement pris une part importante dans les sujets que j’aborde et je pense que c’est tant mieux tant cet aspect de la profession est important pour réussir à atteindre le but que tout viticulteur qui se mérite s’est fixé, élaborer des vins qui lui ressemblent.

Mais il faut bien reconnaître que l’homme n’avance pas dans son métier sans s’ouvrir à ce qui se passe autour de lui et en particulier, je pense, sur ce que certains chercheurs qui cherchent arrivent à trouver.

On parle sans cesse du terroir, le décrivant, l’analysant, avec parfois une volonté de mieux faire comprendre ce qui fait l’exception locale ou au contraire, trop souvent à mon goût, le rendant obscur et insaisissable pour que celui qui boit le vin dont il est issu, reste dans un fantasme parfois extrêmement vendeur…
Pour ma part j’aime comprendre les choses ou du moins essayer. Ça réchauffe les neurones, ça les fait s’entrechoquer et se poser les questions qui font avancer toujours un peu plus loin dans la perception de ce qu’on fait de bien ou de mal.
Alors, chaque découverte d’un nouvel élément du puzzle scientifique qui le compose me fait toujours venir le sourire aux lèvres et rajoute un nouveau paramètre, utilisable ou non en l’état mais certainement important dans le raisonnement global que l’on doit avoir.

Donc aujourd’hui, tant pis si j’en barbe certains et si je ne suis pas très poétique ou humain, je tournerai mon petit projecteur personnel sur un nouveau fait scientifique découvert par une recherche fondamentale qui m’a assez souvent éblouit…

Nos sols respirent !!

Bon, ça on le savait depuis longtemps. La microflore des sols, champignons, levures, bactéries et autres micro-organismes de tout genre y travaillent et l’on a bien compris que chercher à les stimuler représente une des clefs du succès d’un sol agricole écologiquement équilibré et stable. Mais, chose nouvelle, les sols sont capables de respirer par eux-mêmes sans l’aide d’un quelconque organisme biologique. Là, c’est déjà plus surprenant…
Et quand on sait qu’ils seraient alors responsables de 16 à 48% de l’émission totale de CO2, on se demande vraiment comment on n’a pu passer à côté de ce phénomène.

Il existe dans nos sols de nouveaux systèmes identifiés, appelés par les scientifiques des Exomets.
” Les microorganismes du sol libèrent, à leur mort, le contenu de la cellule dans le milieu. L’ensemble des molécules – dont les enzymes impliquées dans la respiration – se retrouvent ainsi au contact des particules de terre. Une fraction de 5% à 10% des enzymes va se lier aux minéraux ou à l’humus, recréant un méta-organisme capable de réaliser les cascades de réactions chimiques qui constituent la respiration”


Glycolyse et cycle de Krebs seraient donc capables de se réaliser à même les particules du sols à condition que les différents systèmes enzymatiques soient présents. Pour certains cela ne veut peut-être pas dire grand chose mais pour d’autres cela veut dire beaucoup…

Imaginez l’avancée que cela représente dans la compréhension du vivant et de son apparition sur terre. Je trouve ça énorme d’importance et d’intérêt !!

“Il est établi que certains phénomènes physiques tels que les éclairs sont responsables de la genèse des premières molécules complexes. Ces dernières concentrées et polymérisées dans les sols ont abouti aux premières protéines. Avec la découverte de l’Exomet, il apparaît que ces protéines et enzymes peuvent s’organiser dans les sols pour reconstituer un métabolisme aussi complexe que celui de la respiration. Les chercheurs font l’hypothèse qu’un mécanisme d’encapsulation de ce métabolisme est à l’origine des premières formes de cellules, avançant ainsi d’un maillon dans l’apparition de la vie.”

Ce système de respiration acellulaire existerait dans tous les types de sols avec une ampleur plus ou moins importante en fonction de leurs compositions.

Peut-il jouer un rôle dans les équilibres de nos sols ? Certainement.

Faut-il le favoriser, le limiter, compter sur lui ou au contraire s’en méfier comme certains scientifiques pensent, puisque ces Exomets pourraient intervenir dans l’emballement du réchauffement climatique que nous connaissons ? Aux scientifiques de nous le dire dès qu’ils le sauront.

Est-ce que nos futures pratiques culturales dans le domaine du travail des sols devront les prendre en compte ? Qui sait.


L’importance étant, une fois de plus, que cette recherche fondamentale, suite à une erreur, a encore découvert un nouveau pan de notre fonctionnement et peut-être même une explication de plus en plus précise de l’origine de la vie sur notre Terre.

Nos sols viticoles sont notre histoire en plus d’être celle de nos exploitations. En eux est inscrite notre vie, alors continuons à les respecter et à se rappeler qu’ils existent non pas comme les supports de nos cultures agricoles, mais comme le lien qui nous lie tous à nos origines.

Nos sols respirent et je les entends souffler notre histoire…

(Pour plus d’info, c’est  ICI)

Nicolas.

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