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Nous vivrons, nous boirons et nous te raconterons.

15 mars 2014 | Par Nicolas Lesaint
Aujourd’hui, humeur grise, humeur brumeuse partagée entre le plaisir simple d’être là, occupé dans mon petit univers végétal, l’appréhension face à un millésime qui se met en place et nous dit déjà qu’il faut se hâter, et une fois de plus une regrettable démonstration de l’importance de prendre le temps pour les choses simples avant que tout ne nous rattrape.
Alors me viennent pêle-mêle des idées, des souvenirs, des moments où je n’ai pas fait, ou j’aurais dû, où je n’ai pas pensé à. Et alors après tout est-ce important ?
Tout est ainsi coordonné que chaque acte produit son effet et génère une conséquence qui crée notre histoire. Le tout étant de savoir se retourner pour le comprendre en se disant après tout est-ce si grave, suis-je resté fidèle à mes principes et surtout ai-je blessé ou cela a-t-il permis à quelqu’un de grandir.
Il y a tellement d’histoires, de personnes que l’on croise sans prendre conscience qu’elles existent et qu’elles gravitent autour de nous jusqu’au moment où, rentrant dans une nouvelle intimité, on se rend compte que le monde est finalement tout petit et que les interconnections humaines sont là.
Combien de fois me suis-je trouvé tête en l’air à pester contre ces satanés vols intercontinentaux bariolant notre ciel bleu de sillons blanchâtres disgracieux délimitant de façon cartésienne des espaces géométriques du plus mauvais effet. Et puis de voir mon esprit dériver pour me dire qu’à l’intérieur de ces carlingues se trouvent des centaines de personnes que je ne rencontrerai jamais qui ont leurs propres histoires, leur propres modes de pensées, leurs propres idéologies et leurs propres problèmes existentiels. La relativité des choses, l’acceptation de ne pas tout contrôler, de ne pas être au centre des choses pour mieux profiter de ce que l’on a et de ce qui nous entoure.
Il y a des personnes dont les écrits vous accompagnent, vous charment, participent à cette construction personnelle qui vous permet d’affirmer vos goûts et la vision du monde qui vous entoure.
La blogosphère aujourd’hui est triste. Elle a perdu un de ses membres.
Pour bon nombre d’entre nous qui tentons de l’animer, nous ne nous sommes jamais rencontrés physiquement et pourtant nous nous connaissons. Lorsqu’on écrit que ce soit sur notre blog ou sur les autres réseaux sociaux on le fait souvent en se disant : “tiens, voyons combien de temps il ou elle va mettre pour réagir”. Et on attend la réaction.
Il y a les habitués qui eux sont là cinq minutes après la mise en ligne d’un billet et qui se signalent pour bien montrer leur adhésion aux propos. Il y a ceux qui timidement “like” les propos et puis un jour osent s’exprimer, s’excusant presque de prendre la parole et que l’on voit progressivement s’imposer et prendre de l’assurance. Et puis il y a les polémistes, jamais contents, toujours en colère, ou qui aiment bien le faire croire prônant systématiquement le contre exemple comme vérité première. Tout ça crée de l’émulation, du dialogue de l’échange et j’aime ça.
Anne Graindorge faisait partie de ces âmes-là. Profondément engagée dans l’amour des vins de Loire, avec un blog joyeux, enlevé, pertinent, passionné. Souvent croisée sur la toile, jamais rencontrée dans la vraie vie avec le regret d’un ratage pour nos portes ouvertes l’an dernier.
L’amertume est là.
Le même âge que moi.
La même passion et l’envie d’écrire et de transmettre.

Un dernier billet, comme un hommage à cette passion toute simple et gigantesque à la fois, un titre troublant et révélateur, une voix douce et vibrante : Au bout de la patience il y a le ciel

Alors à chacun son hommage, de Patrick de Mari à Sandrine et tant d’autres encore. A chacun son soutien pour ceux qui restent là, à attendre un billet, un signe avec malheureusement trop souvent, comme pour moi, le regret d’une absence de rencontre physique et d’échanges plus directs sans clavier, écran ou n’importe quel autre artifice de communication. Mais après tout, a-t-on vraiment besoin de voir la personne physiquement pour bien la comprendre ?
Anne, tu auras réussi à me transmettre un peu de ta passion pour les vins de Loire, de ta philosophie et ton amour des beaux vins aura su trouvé sa voie au sein de cette toile complexe qui nous anime au quotidien.
Nos pensées vont vers toi et notre rencontre n’est que partie remise. Pendant ce temps, nous vivrons, nous boirons et nous te raconterons.
Et à tout ceux qui participent à ces échanges œnologiques et viticoles, prenons le temps de nous croiser, nous voir, nous toucher.
A très bientôt Anne.
Nicolas.

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