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Julien Doré, Emmanuel Giboulot, même combat !

15 avril 2014 | Par Nicolas Lesaint
Le soleil monte, les coucous chantent, les piverts lancent leurs tac tac matinaux, le soleil se lève sur une lune incroyable, grosse comme on en voit rarement. Elle est orange et ronde et me lance un bye bye matinal que je reçois favorablement en arrivant au château.
Personne n’est encore arrivé et j’aime bien cette torpeur ambiante et ces quelques minutes de solitude. Un petit tour pour voir les cannes des Bambous qui pointent vers un ciel définitivement bleu.
Un regard rapide jeté à gauche sur les Merlots de Pêcher, ça y est, ça pousse sérieux. Mais d’une pousse qui me parait quelque peu étrange cependant.
L’hiver marque ce démarrage. Températures “douces”, certes, mais sols gorgés d’eau et froids. Ils ont totalement clapé sur eux-mêmes emprisonnant cette froidure qui freine ainsi leur réchauffement. Et c’est là que l’on voit l’impact d’une granulométrie ou d’une richesse en argiles.
Les Graves explosent littéralement avec des bourgeons atteignant largement un stade de développement de quatre à cinq feuilles étalées alors que sur les bas de côtes ou les argiles à l’extérieur, molasses et autres argilo-calcaire, le réveil est juste en train de se faire. On y est juste rendu à deux ou trois feuilles s’exposant à nos deux astres matinaux.
Sur certaines parcelles, et plutôt les moins développées, on trouve une acrotonie exacerbée. Bourgeons situés en bout d’astes et talons bien développés alors que ceux du milieu sont à la peine. Cette végétation aura démarré tôt mais traîne à s’installer. Les différents suivis de développement nous le montrent, ils commencent à nous donner les explications de ce que nous aurons à la floraison. Homogéneité des Graves, hétérogénéité sur les Argiles et tous les intermédiaires de rapidité entre…
Les sols commencent à nous parler et les vignes expriment leurs premières émotions qui coulent devant nos yeux.
Nous en sommes en moyenne à des stades de développement proches de ceux de 2010 mais aussi surprenant que cela puisse me paraître, les vignes sont en retard par rapport à 2011.

Quoi qu’il en soit, les Merlots sur Graves ont de toute évidence lancé leur course de fond et dès demain les premiers ébourgeonnages vont débuter c’est certain.

Ça y est, deux premières voitures arrivent, c’est Philippe et Jean-Michel.

Une poignée de main, un café, une blague ou deux sur la dernière boutade de Yann Barthès ou sur l’effet de popularité d’un Manuel Valls tout beau tout propre et déjà les esprits sont en place pour attaquer la journée.

Lames Braun pour Jean-Michel, Brosses pour Cyril, de l’entretien général pour Romain, pour Philippe :  disque puis rota et pour Yann il sera le rémora d’un Richard achevant la mise en place du nouveau portail qu’il a entièrement fabriqué.
Pour moi, ce sera m’assurer que ce départ se goupille bien et en tant qu’huile dans les rouages, ou de “confort” comme certains se plaisaient à dire de moi à une époque, faire en sorte que les aiguillages soient bien positionnés et que la moindre panne soit solutionnée au plus vite. Le tout agrémenté de rendez-vous réguliers pour des entretiens en vue de dénicher des oiseaux rares pour ce printemps. Des oiseaux rares croyez-moi il y en a, des beaux phénomènes même, mais j’en veux des motivés pour la vigne et là c’est pas pareil…


On m’avait bien dit que le travail mécanique des cavaillons n’était pas une mince affaire et qu’il n’y avait pas une mais des techniques toutes plus ou moins adaptées à un millésime. Je m’étais juré cette année de commencer beaucoup plus tôt que l’an dernier. Pensez-vous, on ne se fait pas avoir deux fois… Mais bon là, il faut bien se l’avouer soit les sols étaient de véritables soupes et là interdiction de mettre un crampon dans les rangs, soit et c’est le cas maintenant, ils sont en béton…
Mais comme me le disait mon horoscope ce matin, “mon p’tit sagittaire tu te coucheras moins bête ce soir”… Et pour une fois les astres avaient raison.
Cette année, rien ne sert de faire travailler les chauffeurs séparément en fonction des contraintes parcellaires habituelles (âges ou de type de sols), la solution est bien de combiner les efforts : lames en premier, suivies des brosses dentées. Les buttages d’automne sont pour moi trop durs pour être éclatés en un seul outil, surtout lorsque l’on ne veut pas de décavaillonneuse. Mais ça, je reviendrai peut-être un jour sur mon idée. Peut-être quand j’aurai plus de tractoristes sous la main.

Ça, c’était pour la première nouvelle. Pour la deuxième, elle est belle, elle est “simple”, elle va mettre tout le monde d’accord même ceux qui ont signé une certaine pétition pour soutenir une certaine personne face à une certaine administration archaïque qui cherche à lutter contre une certaine maladie certainement dangereuse, du moins certains viticulteurs qui l’ont croisée le disent…
On m’apprend que Scaphoïde titanus communique avec sa belle en vibrant. Si si, il lui chante une belle mélodie du type “The voice” pour que la demoiselle se laisse convaincre d’approcher. Et là, paf, Mister Doré il vous l’attrape et c’est partie pour la romance qui donnera plein de petits Scaphoïdes kids prêts à vous piquer la moindre feuille et transmettre le petit phytoplasme que papa et maman leur ont donné en héritage… Flavescence mi amor !
Mais voilà, tout comme la confusion sexuelle pour le vers de la grappe où l’on sature l’atmosphère de la phéromone pour empêcher les insectes de se retrouver, il serait possible de chanter à tue-tête le refrain préféré des belles pour leur saturer la caboche et les perdre définitivement dans la campagne environnante.
Point de rencontre, point de coît, interruptus instantanément et donc plus de transmission de la maladie.
Y a-t-il plus soft ? Bon OK, on va peut-être se retrouver avec du Julien Doré dans la campagne mais avouez que l’idée est belle ! C’est du moins ce que nous explique plus sérieusement mon-Viti et ce qu’essayent de développer les italiens.

Doré, Giboulot, même combat !

Voilà donc deux choses positives pour cette journée du 15 avril, c’est déjà ça. D’autant plus que j’apprends ce soir en arrivant à la maison que demain c’est “soudure et compagnie” si on veut continuer à travailler les sols… A chaque jour suffit sa peine.

Promis, demain matin en me réveillant et en attendant le coucher de Dame Lune, j’écoute Madame Soleil et n’importe lequel de ses affiliés.

Si ça a marché pour aujourd’hui, ça doit le faire pour demain. Positive attitude, il n’y a que ça de vrai.
La roue tourne, le millésime avance et déjà je vois pointer quelques enseignements qui nous feront avancer.

Nicolas.

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