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Le der des ders !

13 avril 2014 | Par Nicolas Lesaint

Il y a des moments comme ça où l’on peut percevoir le point de bascule. La fin d’un cycle, le début d’un autre et la sensation que ça y est la grande course est enclenchée. C’est un peu ce que j’ai ressenti, vendredi midi quand sur mon téléphone est arrivée la photo du dernier piquet de carrassonnage de l’année en train de se faire frapper le front pour rentrer en terre.
Le carrassonnage est enfin achevé, tous les piquets sont désormais réparés, les fils raboutés, les culées arrachées remises en place, donc Champagne !
Et c’est pas plus mal car je vois bien que les corps sont fatigués et que les coudières et poignères ont fait leur apparition depuis quelques temps…
Le pliage, un peu plus étalé que d’habitude, s’achèvera mercredi. La vigne pousse, mais son berceau est désormais en place.
Enfin !… Enfin, nous sommes vraiment prêts à nous consacrer à plein temps aux différentes activités tractoristes…
Travaux des sols, travaux sous les rangs, tontes, tout va pouvoir s’enchaîner et toute l’équipe qui depuis novembre travaille ensemble au quotidien va éclater pour que chacun puisse se concentrer sur sa tâche propre. La fin d’une période, le début d’une autre.
La vigne s’allonge et elle donne même l’impression de vouloir exploser depuis quelques jours. Soleil le matin, plus de 20°C l’après-midi, tout va s’accélérer. Déjà les Merlots sont en train d’atteindre leur stade phénologique de réceptivité et donc de sensibilité au Mildiou. Les spores de ce même Mildiou sont quant à eux en train d’acquérir une maturité qui devrait être réellement atteinte en début de semaine prochaine. La prise en compte de ce satané voisin va devenir d’actualité et incessamment sous peu la vie de la propriété va être rythmée par la rémanence des produits choisis, la pousse de la vigne et les fenêtres météo disponibles. Déjà je le sens bien, le regard revient de plus en plus souvent sur les prévisions de météo France et compte tenu de ce qu’elles nous disent, la mise en route des pulvérisateurs ne saurait tarder.
Parallèlement à tout ça, comme chaque année le recrutement des saisonniers est lancé et non, je ne vous referai pas un descriptif de tous les profils que je peux recevoir tant les choses n’ont définitivement pas changé. Toujours autant de polonais, d’espagnols et autres spécialistes des médecines douces amérindiennes…
Mais on va trouver les oiseaux rares, je suis confiant, le tout étant de le faire dans les quinze jours à venir. Mais définitivement je me demande quand même s’il n’y a pas un petit problème dans notre système actuel.

Dans le vignoble, la quête de ce que l’on ne veut pas voir va débuter comme une recherche silencieuse des signes qui nous indiquent qu’un problème est à venir. Regarder en espérant ne pas voir, tout un programme et un paradoxe qui chaque année me revient à l’esprit.
Les plantations de l’année se précisent. 1.7 hectares cette année de Merlots sur nos argiles de Montussan, des futurs “Grand Vin” en puissance, du moins je l’espère.
La course aux pièces mécaniques se poursuit elle aussi, avec systématiquement des absences de stock chez les différents fournisseurs qui rend toute panne plus handicapante que prévu. Bien souvent j’ai l’impression d’un dialogue de sourds s’instaure entre nos impératifs et ceux des mécanos spécialisés démontant des pièces pour attendre celles de remplacement rendant toute utilisation de l’enjambeur concerné impossible alors que la fameuse “panne” n’était que toute relative avant démontage. Résultat, tu râles, tu t’énerves et tu fais revenir ventre à terre le fameux mécano, le soir, tard, pour qu’il remonte tout ça et que tu puisses travailler normalement lundi en attendant que la fameuse pièce arrive mercredi ou jeudi…

“Ben oui, mon pauvre monsieur ça vient d’Allemagne et il faut que l’on groupe les envois alors on attend.”
“Vous attendez quoi ?”
“Ben une autre panne pour commander les pièces…”
“PDBM !!!!”

Parallèlement à tout cela on continue d’expliquer ce millésime 2013 en gestation et heureusement on se sent quelque fois écouté lorsque, dégustant un flacon préparé pour l’occasion, on entend le dégustateur s’écrier : “Mais c’est super bon !” Alors c’est avec grand plaisir que, comme nous l’a enseigné Nescafé, j’ai accepté de rencontrer dans la vraie vie un ami Facebook bien connu des bloggers : Eric Bernardin. Il en a résulté un bel article et surtout l’immense plaisir de l’entendre dire que pour lui qui n’avait pas dégusté de millésime plus récent que 2000, c’était une véritable redécouverte : Un samedi matin à Reignac


Quoi qu’il en soit, le rythme va changer, il va s’accélérer c’est certain.
Les levers du corps vont être un peu plus précoces. Finis les petits déjeuners en famille, désormais, c’est seul dans ma cuisine accompagné de mon rémora à poil que je remettrai mes neurones en place. Le bisou du soir rejoindra le bonjour de 18h pour Lilou… Le temps change d’échelle, il s’adapte au vignoble. Moins de temps en famille, plus dans les sillons, c’est normal c’est dans l’ordre des choses. Prochain repos, pas avant mi-août, comme dirait quelqu’un que je connais : “pas véré, pas congés…”

Mais déjà, j’entends les pampres qui commencent à m’appeler…
Vous inquiétez pas my friends, on va arriver, on va venir vous voir une par une. Laissez-nous juste prendre encore un peu de force, et alors vous rirez moins lorsque vous subirez notre courroux coucou !  :o)


Nicolas.

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