Le blog

de REIGNAC

Shares

La boucle est bouclée !

2 mai 2014 | Par Nicolas Lesaint

Pour certains, recherche scientifique rime avec méfiance, avec peur de déviances catastrophiques entraînant irrémédiablement des pollutions, des destructions ou des dégâts collatéraux connus par avance mais non signalés faute d’intérêts privés industriels.
Dans ma petite tête cette vision trop réductrice, mais malheureusement ayant souvent existé et donc justifiant quelque part une certaine méfiance pour certains, est malgré tout différente. 
Ceci est certainement dû à ma formation de chercheur puisque c’est vraiment ce vers quoi je me destinais initialement mais, rattrapé par mon passé familial et mon besoin de rattachement à autre chose qu’une paillasse de carrelage blanc, le retour au vignoble s’est fait.
Malgré tout, je reste persuadé que les solutions de demain se trouveront dans la recherche fondamentale, malheureusement bien malmenée par des financements d’état bien trop souvent ridicules.
Alors j’essaie de garder des connections avec ce milieu. Antennes dressées, écoutilles ouvertes je continue à observer ce qui se fait et en particulier pour ce qui est de la lutte phytosanitaire.

De nouveaux outils seront bientôt mis à notre disposition. Des outils propres, des armes efficaces et écologiques puisque issues directement de sources naturelles ce “point de détail” étant heureusement de plus en plus au centre des débats et des contraintes de production.

Il y a quelque temps on avait pu apprendre qu’une espèce d’escargot (“Escargolator”) allait bientôt venir à notre rescousse (ICI). Aujourd’hui c’est la vigne qui va pouvoir s’aider elle-même bouclant le cercle d’une production vertueuse.
Dans un souci de production basée sur une notion de recyclage et de valorisation de nos “déchets” les chercheurs se sont penchés sur le marc de raisin. Déchet ultime issu du pressurage après vinification celui-ci part en distillerie puis en compostage pour bien souvent un retour dans nos vignobles comme apport organique.
On savait que celui-ci pouvait avoir une utilité pour déneiger les routes et ainsi réduire l’utilisation de sel ayant forcément un effet négatif sur l’environnement (ICI). Aujourd’hui les chercheurs de l’équipe de l’Université Blaise Pascal de Clermont Ferrand, dirigée par une chercheuse Lozérienne, vient de démontrer l’efficacité de ce même marc de raisin comme produit phytosanitaire à haute valeur environnementale.

Oui, je sais ce que certains vont penser tout de suite, ce sont les résidus dans les peaux de raisin du marc qui vont avoir cet effet… mauvais esprit va !
Non il semblerait que ces marcs, de part leur composition naturelle en particulier en polyphénols, soient capables de provoquer une activation des défenses naturelles des pieds de vigne. Et ce de façon systémique puisque une feuille ayant reçu le marc en question stimulerait la production de l’ensemble des molécules et protéines responsables des défenses d’une plante sur l’ensemble des feuilles du végétal.
Systémie ascendante et descendante.

L’application en préventif de ce genre de produit assurerait donc une activation des défenses du cep de vigne qui deviendrait hypersensible à toute attaque parasitaire, au mieux de ce qu’il est capable de faire évidemment.

La deuxième application de ce produit serait un effet protecteur des produits phytosanitaires utilisés. Bon nombre d’entre eux sont photosensibles c’est à dire qu’ils perdent rapidement leur activité par une dégradation causée par les rayons du soleil. Vous me direz si désormais on est obligé de traiter la nuit on n’en aura pas besoin…
Quoi qu’il en soit, imaginez, ce marc de raisin est capable de permettre une plus grande efficacité des produits appliqués et donc potentiellement une réduction du nombre de traitements et peut-être des doses retenues.

Il est forcément entièrement naturel et biodégradable à condition, évidemment, qu’il ne soit pas lui-même pollué par les traitements précédents mais ça forcément les précautions seront prises à n’en pas douter. Et puis qui sait, peut-être sera-t-il possible de se faire ses propres tisanes à base du marc des vinifications du millésime précédent, j’en vois déjà qui vont essayer l’année prochaine…

Prenez le temps de suivre le lien qui suit il y a une très bonne interview de 10 minutes qui explique tout ça et je dois bien avouer qu’elle est peut-être plus claire que ce que je viens d’écrire

Faut-il avoir peur de la science ? Non.
Faut-il basculer à l’opposé vers un scientisme farouche ? Non plus.
Mais je reste convaincu que nous sommes à l’aube de découvertes et d’outils qui vont révolutionner notre manière de travailler et nous permettre à tous d’améliorer nos techniques de travail.

Escargot, marc de raisin, même combat, celui d’un meilleur respect des uns, des autres et de l’écologie environnante.

Nicolas.

Commentaires(3)


  1. Mieux que Le Viagra

  2. Nicolas Lesaint


    Qui sait !

  3. Guillaume Gondinet


    Economiquement c’est aussi une aubaine !

    A quand les crèmes Caudalie pour les jeunes ceps ? ;)

Un commentaire ?

Vous avez aimé ce blog, vous aimerez sans doute ceux-là :


  • Contact
  • Boutique
  • Vidéos
  • Blog
  • Facebook
  • Twitter
  • Google+
  • Youtube
  • Instagram
  • Tripadvisor