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Viticulture, SNCF, festival de Cannes, même combat…

21 mai 2014 | Par Nicolas Lesaint
Je déclare le festival viticole 2014 ouvert !!!
L’influence du festival de Cannes est terrible pour les viticulteurs en ce moment, le grand réalisateur du millésime est en train de nous présenter son dernier remake…

“Eh garçon! Oui, toi là-haut, renouvelle toi un petit peu s’il te plait, le réchauffé, “le retour”, ou les remakes des histoires précédentes ça n’a jamais été très bon ni très amusant même si certains en sont fans. Alors une floraison sous la pluie on a déjà donné et le scénario ne nous fait pas trop rigoler.
Et puis au fait tant que j’y suis, le p’tit coup de glaçons sur le Médoc lundi soir pour nous rappeler que c’est bien toi le boss, c’était super marrant…”
“Donc maintenant, mister Spilberg en herbe, trouve nous plutôt un scénario romantique et très fleur bleue plutôt qu’un thriller à la Stephen King tu seras gentil…”

Les bilans foliaires sont faits, les déséquilibres, quand il y en a, sont connus et une fois de plus le Bore est à surveiller de près sur ces floraisons en températures basses. Mais voilà, maintenant, comme tu le dis si bien Karl, les fenêtres météo sont plus des meurtrières que des baies vitrées. Alors il va falloir faire des choix et une fois de plus tout devient stratégique.
Une vraie partie de Risk grandeur nature…

Demain on a droit à un velux, et mardi, peut-être un œil de bœuf, c’est pas mal pour regarder dehors me direz vous, mais pour y faire passer un Bobard et une Pellenc je pense qu’il va falloir un peu pousser les murs.

Il est 15h30 et déjà 45 mm à Cabara depuis ce matin et à Reignac 3 mm… Encore une fois l’effet local va être déterminant et décidément il n’y aura pas d’égalité de traitement. Le millésime du viticulteur se met en place petit à petit et même si pour le moment nous sommes sur les bases phénologiques d’un 2010 la physiologie et certainement la pathologie s’installent déjà différemment. Encore un millésime jaloux ? Qui sait…

Alors on pense à tous nos collègues déjà en peine et merci au réseau FB de fonctionner en temps réel pour nous tenir informés de ce qui se passe devant nous. Désormais, et je m’en rends compte un peu plus tous les jours, nous ne sommes plus seuls à travailler têtes baissées dans nos vignes, ça échange, ça discute, ça demande des infos, des explications et des nouvelles. Beau cercle vertueux et solidaire bien loin des querelles de clochers à propos d’une classification opposant nature, pas nature, bio, conventionnel, raisonné ou autres. Débats décidément cycliques et réchauffés à une sauce que l’actualité médiatique aime à réutiliser.

La période me plaît donc aussi pour cela : un sentiment de solidarité au delà des débats sociologiques.

Mais on y arrivera malgré tout.
D’une manière ou d’une autre le temps va passer, la vigne va pousser, la fleur se fera et on attendra la première baie vérée avec impatience début août.
Il faudra juste anticiper et croiser un peu les doigts pour ne pas se retrouver face à ses vignes en se disant : “M… quel écervelé je suis, j’ai acheté un tracteur trop large et pour traiter il faut d’abord que je rabote mes rangs de vigne… Euh, monsieur Vatelot, il faudrait que je vous parle, on a eu un petit souci de communication au sein de la propriété, mes tractoristes ont oublié de me dire qu’on était plantés à 1.50 m… Mais c’est pas grave, je vous propose une petite mise au norme du vignoble, 1% du coût d’achat du matériel…”

“Je peux garder ma place ?”

No comment sur cette “regrettable” petite histoire qui nous montre combien on peut nous prendre parfois pour des poires ou des pompes à fric. Et désormais on comprend un peu plus la lassitude du citoyen français face à un quotidien noir et décalé.

Bref, malgré tout cela, le scénariste n’a toujours pas l’air de vouloir se calmer dehors et pour le coup les sols vont vraiment être gorgés. Ça promet pour demain matin…
Alors on observera, on tentera notre chance et nos vins transpireront tout cela en octobre quand nous les goûterons pour la première fois.

J’espère juste une chose, c’est qu’au moment d’écouler les cuves, leurs portes soient assez larges pour que nos pelles puissent en sortir le marc…
J’appelle tout de suite le service chai de la propriété, je prends mon mètre enrouleur et je pars mesurer tout ça… ;o)
(Nouveaux billets de la SNCF trop grands pour les composteurs, faut les raboter…)
Nicolas.

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