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“We argue we don’t fight”

31 août 2014 | Par Nicolas Lesaint
Voilà, c’est donc fait, la dose de détente a été prise, les accus sont rechargés, le bronzage agricole est atténué et les transitions au niveau des avants bras se font maintenant plus discrètes. Retour aux sources, découvertes, moments de partages et d’échanges, bref tout ce qui fait que l’on aspire à revivre cela encore et encore.
Mais, si j’aime partir, j’aime encore plus revenir. Je suis comme cela, globe trotter mais pas trop quand même, voyez plutôt un de ceux qui aurait un vrai fil à la patte, mais pas un qui vous blesse la cheville quand vous tirez un peu trop fort dessus.
Mon nid m’appelle, il sait tracer en moi des liens indéfectibles me rappelant régulièrement où se trouve précisément ma place, dans les herbes, dans mes plantes, au ras du sol ou en hauteur et pas trop loin du vignoble que je cultive.
Alors, des vignes j’en ai vues, des vignobles j’en ai traversés, différents, beaux, moins beaux, tenus de mains de maîtres ou au contraire traduisant un empressement pour le viticulteur à être ailleurs alors qu’il vient juste de rentrer dans sa parcelle. C’est comme cela, à chacun son envie, sa passion, ses possibilités ou ses convictions.
Alors j’ai dégusté, regardé, observé, j’ai une fois de plus essayé de comprendre le pourquoi d’un comment qui ne me transperce pas toujours de son évidence. Pourquoi faut-il dès lors que certains croisent une parcelle de vigne ils se sentent obligés de juger ? Histoire de se rassurer sur leurs propres choix peut-être ?
Ici un effeuillage trop poussé et c’est une exaspération généralisée sur la toile qui emporte tout sur son passage et surtout l’objectivité d’un raisonnement ouvert aux possibles. Là une vendange vertes sur une jeune plante ayant achevé sa véraison et l’on crie à l’hérésie parce, parce, et bien parce que c’est n’importe quoi, qu’en plus le sol est trop propre, que forcément c’est désherbé en plein et que je ne sais pas pourquoi mais derrière mon clavier aujourd’hui j’ai bien envie de râler et de casser du sucre sur le dos de cet hurluberlu de viticulteur qui n’a rien compris, qui pollue la planète et menace l’équilibre écologique régional que moi je préserve en triant de temps en temps mes déchets et en compostant comme un néo-écologiste…
Ça doit certainement flatter l’égo, ça doit rassurer aussi un peu, marquant sa position dans le tiroir que l’on s’est choisi pour exister.
Il est vrai que la réflexion et la remise en question peut-être un sport parfois compliqué ouvrant des portes qui montrent que l’on ne détient pas forcément la vérité, que cela fait des années que l’on se trompe. Aussi certainement que le monde des possibles, des faisables et des factuels sont déterminés parfois par un millésime et une organisation économique que l’on ne choisit pas.
Alors, l’an dernier, à la même époque, abusant certainement un peu trop du blanc que nous élaborons chaque année, j’avais fais un doux rêve. Celui que pour une fois on nous laisse faire des vendanges sans que l’on nous dise que déjà, début septembre, tout était joué, tout était écrit et que forcément le millésime n’allait pas donné de bons vins. Pour l’instant, pas de critiques négatives à l’horizon, pas de goûts de grêles à venir sur les ondes radio, pas de tempêtes médiatiques pour positionner son cavalier ou sa tour sur le grand échiquier du millésime.
Non, pas de cela pour l’instant, juste de l’optimisme puisque la région devrait renouer avec des volumes plus conséquents qu’en 2013, que la véraison maintenant achevée annonce une maturité que l’on devrait pouvoir attendre sans se faire percuter par les pluies hivernales.
Mais ne rêvons pas, le rendez-vous de la rentrée sur ce sujet est annuel, d’ailleurs déjà l’appel des foires aux vins en réveille certains et actuellement le web est littéralement inondé de l’annonce de ce fameux reportage saportien arrivant sur France trois pour tout casser. Décrit comme un combat de boxe contre le crime organisé et la malhonnêteté des viticulteurs j’ai malheureusement bien peur qu’une fois de plus tout ceci ne fasse que surfer sur une rancœur dont l’origine personnelle m’échappe.
Forcément je regarderai, forcément je serai attentif au fond et à la forme d’autant plus que même si la personne directement visée dans ce reportage m’est totalement indifférente si ce n’est par son nom et sa réputation, mon petit doigt me dit que certaines personnes que je connais depuis de nombreuses, très nombreuses années ont été interviewées voire même suivies. Ce seront elles et plus précisément une en particulier, qui me permettra d’assoir ou non l’objectivité d’un ouvrage très souvent décrit comme monté à charge.
Mais le paysage médiatique est ainsi façonné qu’il faille éclabousser violemment et crier son avis au stabilo indélébile pour éclairer un flux médiatique obligatoirement négatif. Ne pourrions nous pas argumenter et non nous battre, construire par l’éveil d’un dialogue une acceptation du fait qu’il n’y a pas une viticulture mais tout un panel des possibles ?
La rentrée arrive.
Demain je retourne dans les vignes de Reignac. Deux semaines sans les voir cela aura été long. Même si le lien téléphonique n’aura jamais été vraiment coupé et de nombreuses pannes ainsi réglées, il me tarde maintenant de retrouver le lever de soleil au dessus du bois.
Merlots, Cabernets, Sauvignons, Sémillons, c’est écrit, j’arrive, et nous allons désormais vous suivre de plus prêt pour tenter de rendre réel ce rêve d’échanges viniques.
De grandes décisions vont bientôt devoir être prises et je me sens prêt pour cela.

Nicolas.

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