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J+ beaucoup Le B-day

21 octobre 2014 | Par Nicolas Lesaint


Ça y est, ce matin c’est le B-day, le Balthus day, celui du jour où se concrétise toute l’attente des dernières semaines, celui qui verra si vraiment on a eu raison ou pas d’attendre, d’attendre et d’attendre encore que ce fameux raisin soit au niveau de maturité que l’on souhaitait.
Je l’ai déjà expliqué plusieurs fois, on attend pas pour le plaisir, on attend pas pour être le grand vainqueur de ceux qui ramassent le plus tard possible comme il y a ceux qui ramassent toujours les premiers pour réussir à avoir un peu d’image médiatique télévisuelle. Ici, il n’y aura personne pour filmer, personne pour constater le bon résultat de la patience et du goût. Ou plutôt si, il y aura nous et ceux qui coupent le raisin et qui nous disent combien le raisin est beau. Pas besoin de tambours et de trompettes pour être heureux, il suffit de croquer et de goûter en cuve pour se dire qu’on a réussit à aller là où on voulait aller et c’est déjà énorme.
Alors à tous ceux qui peuvent critiquer cette attitude d’attente pour aller au bout du bout du truc sans pour autant tomber dans le trop mûr quitte à voir les vignes basculer dans l’automne et prendre le raisin pile poil à ce moment, je dirais juste que ce fut notre choix et qu’il ne faut pas regretter d’avoir eu peur de cette petite perturbation qui nous a traversé il y a quelques semaines et qui vous a fait accélérer un bon coup. Tout n’est que choix et prise de risques dans la vie et je pense définitivement que c’était cette attitude d’attente qu’il fallait avoir cette année pour s’approcher le plus possible de notre typicité sur les sols froids que sont les Argiles.

Surtout lorsque l’on voit qu’au final les moûts rentrés sont à des pH de 3.51 des AT de 4.24 des maliques de 1.7 pour des degrés potentiels qui se sont tenus, restant à 13.8 et des états sanitaires parfaits.

Voici donc la grande roulette des possibles, tournée par notre propre main et qui peut parfois nous révéler de belles, de très belles surprises.

Aujourd’hui fut une journée débutée de nuit, lampe à la main, convoi exceptionnel sur la route encadré par un BatCombo clignotant tel un sapin de Noël.
Puis ce fut l’arrivée des coupeurs, de moins en moins nombreux, c’était le risque mais toujours assez pour mener neufs rangs contre quinze au début des vendanges…
Puis s’en suit un coup de téléphone de la maman de l’un d’eux me demandant quand est-ce que les vendanges reprennent pour son grand garçon… Comment te dire madame, faudrait que le fiston écoute un peu des fois à la débauche alors il prend son plus joli vélo le p’tit gars et il arrives fissa parce que ça fait deux jours qu’on tourne sans lui…

Les cuves tronconiques se remplissent de nouveau alors que le premier lot issu des Graves et récolté le 2 octobre est sec depuis hier et que débute sa macération post fermentaire à chaud que si tu veux perdre du poids on a un local tout trouvé pour toi…
Donc sol chauffant réglé à fond et convecteurs au taquet. Pourtant ce matin ça chauffait pas plus fort qu’hier dans le chai alors qu’on avait tout mis en marche hier soir… Que voulez vous des fois on pense pas à tout, en fait on n’avait pas coupé la clim on l’avait juste monté son niveau de déclenchement il y a un mois et là forcément cette nuit ce fut la lutte entre le chaud et le froid… Résultat tout a vraiment débuté ce matin…
Donc 30°C dans la pièce, dans les barriques ça monte doucement et de belles grosses gouttes apparaissent sur le front quand vous tournez les barriques…


Les plateaux de cagettes s’enchaînent les uns après les autres, on fait les derniers stocks de moûts en glaçons pour que nos jeunes visiteurs puissent goûter le moût de Balthus toute l’année pendant que leurs parents dégusteront le vin fini… Belle idée au bon moment de la part de Marion.

Ce soir le vent se lève, le ciel se grise, quelques gouttes apparaissent histoire de vous faire un peu peur et vous rappeler que vous êtes à la merci des éléments qui je dois bien l’avouer pourraient maintenant nous mettre une petite claque sur le museau si les prévisions s’avéraient être fausses… Là on est à découvert et il faut que Météoblue et les autres soient certains de leur vista…

Et puis ce soir deux de mes chauffeurs arrivent, têtes basses, mains dans les poches, y un blème en vu…
” Alors, oui, en fait, on se rend compte qu’on a oublié de te dire qu’hier soir on a un problème avec la table de tri de la Pellenc, elle est bloquée…”
Et là, tu fais un droite-gauche des garsiers à ta montre pour te rendre compte qu’il est 17h15 et qu’à 18h tu sais que l’atelier des pièces de rechange ferme…
” Non mais ohé les gars, vous auriez dû attendre 19h30 pour me le dire ça aurait été plus marrant encore! “
 
Et cours vers la machine, diagnostique, démonte et pars à fond en voiture en prévenant le susdite magasin de ne pas fermer avant que tu arrives. Mais sur la route allumant RTL2, que c’est pas de la radio mais de la musique, arrive le meilleur des carburants, “Un homme pressé” et là, gaz, bim bam boum, aller-retour et hop les trois roulements et clips sont récupérés et remontés par les gars.

Tout ça juste pour me rappeler que plus encore que la météo le facteur terroir mécanique peut-être traite et le manque de communication fatal.

Ce soir dégustant en célibataire un très bon Cassoulet en boite de chez Castelnaudary j’écoute les prévisions de Météo France de l’aéroport de Mérignac qui me disent que jusqu’à mardi prochain il n’y a pas de doute sur les conditions à venir, le beau temps est là il s’était juste caché aujourd’hui.

2014 aura définitivement été le millésime de l’attente, le millésime du patient.

Nicolas.



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