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J + un mois Que sonne la cloche !

27 octobre 2014 | Par Nicolas Lesaint
La cloche a sonné, c’est la fin, c’est fini, le dernier grain de raisin est rentré, foulé et encuvé bien au frais dans la cuve 3 Un vent de douce euphorie souffle sur mes joues poussant mes zygomatiques vers le haut, le contrat est rempli et nous avons réussi à slalomer entre les bosses de ce millésime.

J’ai toujours eu ce contre coup, cet effet de souffle qui pénètre tout le corps illuminant l’esprit d’un “ la récolte est sauvée “. Et ce, sans pour autant avoir paniqué ou faibli face à l’adrénaline qui parfois taraudait nos bases. 2014 aura été le millésime le plus étalé de ma carrière je crois, plus d’un mois de stand-by, d’écoute, de dégustations et de réflexions pour démarrer ou pas. Un millésime de fou, d’attente fait pour les incrédules comme moi qui début août ne disait rien mais n’en pensait pas moins sur le potentiel de ce millésime.
Comment ce millésime a basculé du pas mal vers le super ? Comment tout cela aurait-il été possible sans ce fabuleux, incroyable, irremplaçable, inimaginable mois d’octobre ? On en profite encore d’ailleurs.
D’accord il y aura eu un gros coup de flotte au milieu sur un long weekend qu’il a fallu bien négocié. Bien-sur il y aura eu Suzuki Hiroshima observée, trouvée un peu partout survolant nos vignes mais qui au final, de toute évidence, n’a pas trouvé nos cépages à son goût puisqu’elle ne s’y est pas implantée nous évitant les ravages qu’elle a su générer dans d’autres régions.
Et puis il y a eu les vendangeurs. Tout d’abord ils étaient 45 recrutés, répartis dans les différents postes dont 35 coupeurs. A la fin ils ne furent plus que 10 coupeurs présents, motivés et assidus et je les en remercie car c’est aussi grâce à leur sens du travail si nous sommes arrivés au bout, même si nous les avons chahutés comme on le fait en vendanges de liquoreux en ne les faisant venir qu’un ou deux jours par semaines.

La Machine ? Quoi dire sur la machine si ce n’est qu’elle nous a permis de compenser cette perte en personnel même si elle n’a pas réussi à achever les vendanges et qu’elle m’a obligé à une recherche obligatoire et rapide d’une sœur de remplacement quand j’ai bien compris que son extracteur droit allait littéralement exploser dans tous les sens du terme…
Mais on y est arrivés, sans s’énerver, en se disant que Bacchus était avec nous puisqu’il chauffait tranquillement nos reins lorsque nous cherchions des solutions à nos problèmes du quotidien.

Pas de blessés, pas d’engueulades, pas d’erreurs insurmontables, bref on a réussit à faire exactement ce qu’on voulait et ces vendanges resteront forcément gravées dans nos mémoires comme une rentrée de raisins totalement atypique.
Imaginez que nous sommes en train de lancer la fermentation du dernier lot de Balthus en barriques alors que les derniers Cabernets sauvignon rentrent juste dans le chai… Du jamais vu je vous dis, ce qui va d’ailleurs nous poser quelques soucis entre les fins de macérations à chaud en barriques et les lancements de malo en barriques… Peut-être plus de malo en cuves cette année.

Que retenir de ces vendanges pour nous ?
Une fois de plus, la grande diversité de terroirs aura permis cet étalement des vendanges nous assurant de travailler en absence de stress dans le chai quitte à se faire un peu peur sur le terrain pour être certains d’atteindre la maturité des différents cépages sur les Argiles tant le décalage était important par rapport aux Graves. Ce qui est un atout chaque année aurait pu être un handicap cette fois-ci si l’été indien ne nous avait pas aidé.

Au niveau des hommes ? Je retiendrai qu’il vaut mieux grouper qu’étaler les dates de travail, c’est pas nouveau mais on n’est pas dans le doux monde des liquoreux habitués à cette situation parce que même en le précisant en début de campagne, l’idée selon laquelle ils ne vont peut-être venir qu’un ou deux jours par semaine reste une douce impossibilité pour eux, alors que…
Ne pas renoncer à tout ce qu’on a fait jusque là juste pour un problème de risque de perte d’effectif. Imaginez que de peur d’en perdre quelques-uns j’eus déjà achevé les vendanges depuis quinze jours et qu’aujourd’hui je me trouve face à cette tempête de ciel bleu ?

Pour ce qui est de la technique, tout d’abord continuer à ne pas lui faire entièrement confiance en redoublant de vigilance et de révisions… Mais en revanche, il y eu la découverte d’un processus de tri de la vendange par flottation, testé chez nous pendant trois jours qui va faire son chemin dans les années à venir j’en suis convaincu. Le “tribaies du pauvre” beaucoup moins onéreux et surtout qui n’est pas une usine à gaz effrayant le moindre utilisateur. Et il marche du feu de Dieu !!

Plein de moments agréables, de nouvelles rencontres, de nouvelles têtes qui vont venir égailler l’hiver à venir et surtout la satisfaction du travail accompli.

Désormais nous allons enfin pouvoir nous consacrer pleinement au vignoble pour le préparer à traverser cet hiver à venir. Buttage, défonçage, disquage, racottages, semis peut-être même si c’est un peu tard quand même.
Dès demain nous retournons à la terre, joyeux, sereins et soulagés. la récolte est au chaud, la récolte est sauvée, maintenant au chai de faire son oeuvre jusqu’au bout.

Ce soir, sur la dernière remorque de raisin, comme je le fais depuis quinze années, je déboucherai une bouteille de champagne qu’on se partagera comme le bouquet final d’un feu d’artifice qui ma foi fut fort agréable et fort beau cette année.
Ainsi s’achève ce journal des vendanges 2014.


Merci à tous pour vos efforts, merci à tous d’avoir été là.
Merci à vous de m’avoir lu.

Et que sonne la cloche de la récréation ;o)



Nicolas.  

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